‹ Extraits des grands philosophesChapitre 117 sur 331 · I. — Entendement et volonté · texte numérisé non relu

I. — Entendement et volonté

Toutes les façons de penser (1) que nous remarquons en non peuvent être rapportées à deux générales, dont Pune consiste I apercevoir par l'entendement, et l'autre à se déterminer pari volonté. Ainsi sentir, imaginer et même concevoir des cbuâ purement intelligibles, ne sont que des façons différentes i'apt^ cevoir; mais désirer, avoir de l'aversion, assurer, nier, donleiïl sont des façons différentes de vouloir.

Lorsque nous apercevons quelque chose, nous ne sommes en danger de nous méprendre si nous n'en jugeons en aa( façon ; et, quand même nous en jugerions, pourvu que nous donnions notre consentement qu*à ce que nous connaissoQS

1. La pensée, pour Descartes, est synonyme de la conscience; façons de penser sont les faits de conscience.

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nment et distinctement devoir être compris en ce dont nous [jugeons, nous ne saurions non plus faillir ; mais ce qui fait que loous nous trompons ordinairement est que nous jugeons bien Iwavent, encore que nous n'ayons pas une connaissance bien I exacte de ce dont nous jugeons.

J'avoue que nous ne saurions juger de rien, si notre entendement n'y intervient, parce qu'il n'y a pas d'apparence que notre volonté se détermine sur ce que notre entendement n'aperçoit en aucune façon ; mais, comme la volonté est absolument nécessaire n que nous donnions notre consentement à ce que nous avons cunement aperçu, et qu'il n'est pas nécessaire pour faire un ement tel quel, que nous ayons une connaissance entière et 'aite ; de là vient que bien souvent nous donnons notre contement à des choses dont nous n'avons jamais eu qu'une naissance fort confuse.

De plus, l'entendement ne s'étend qu'à ce peu d'objets qui se jprésentent à lui^ et sa connaissance est toujours fort limitée : au Piea que la volonté en quelque sens peut sembler inûnie, parce Lpie nous n'apercevons rien qui puisse être l'objet de quelque ^tre volonté, même de cette immense qui est en Dieu, à quoi la

Éne puisse aussi s'étendre ; ce qui est cause que nous la por* ordinairement au delà de ce que nous connaissons claireet distinctement ; et lorsque nous en abusons de la sorte,

'ce n'est pas merveille s'il nous arrive de nous méprendre.

Dbscartes. Principes de la Philosophie^ I, 32.

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