III. — La perfection et l'éternité de Dieu
Où dit: Le parfait n'est pas; le parfait n est qu'une idée de notre esprit qui va s'élevant de l'imparfait qu'on voit de ses yeux jusqu'à une perfection qui n'a de réalité que dan s la pensée. C'est le raisonnement que l'impie voudrait faire dans son cœur insensé, qui ne songe pas que le parfait est le premier, et en soi, et dans nos idées, et que l'imparfait en toutes façons n'en est qu'une dégradation. Dis, mon âme, comment entends-tu le néant, sinon par l'être ? Comment entends-tu la privation, si ce n'est par la forme dont elle prive ? Comment l'imperfection, si ce n'est par la perteon dont elle déchoit ? Mon âme, n'entends-tu pas que tu as Une raison, mais imparfaite, puisqu'elle ignore, qu'elle doute, Qu'elle erre et qu'elle se trompe ? Mais comment entends-tu l'erreur, si ce n'est comme privation de la vérité ; et comment le ^oute ou l'obscurité, si ce n'est comme privation de l'intelligence Qt de la lumière ; ou comment enfin l'ignorance, si ce n'est Comme privation du savoir parfait ; comment, dans la volonté, le dérèglement et le vice, si ce n'est comme privation de la règle, 4e la droiture et de la vertu ? Il y a donc primitivement une intelligence, une science certaine, une vérité, une fermeté, une