‹ Extraits des grands philosophesChapitre 126 sur 331 · II. — Dieu · texte numérisé non relu

II. — Dieu

I. — Preuve de l'existence de Dieu par les vérités éternelles.

Si je cherche maintenant oiï et en quel sujet elles subsistent tlBtûelles et immuables comme elles sont, je suis obligé d'avouer un être où la vérité est éternellement subsistante, où elle est tou-

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jours entendue ; et cet être doit être la vérité môme, et doit être toute vérité ; et c'est de lui que la vérité dérive dans tout ce qui est, et ce qui s'entend hors de lui...

Car toutes ces vérités étemelles ne sont au fond qu'une seule vérité. En effet, je m'aperçois, en raisonnant, que ces vérités sont suivies. La même vérité qui me fait voir que les mouvements ont certaines règles, me fait voir que les actions de ma volonté doivent aussi avoir les leurs. Et *je vois ces deux vérités dans cette vérité commune, qui me dit que tout a sa loi, que tout a son ordre : ainsi la vérité est une de soi. Qui la connaît en partie, en voit plusieurs ; qui les verrait parfaitement, n'en verrait qu'une.

Et il faut nécessairement que la vérité soit quelque part trèsparfaitement entendue, et l'homme en est à lui-même une preuve indubitable.

Car soit qu'il la considère lui-même, ou qu'il étende sa vue sur tous les êtres qui Tenvironnent, il voit tout soumis à des lois certaines, et aux règles immuables de la vérité. Il voit qu'il entend ces lois, dumoins en partie, lui qui n'a fait ni lui-même, ni aucune autre partie de l'univers pour petite qu'elle soit ; et il voit bien que rien n'aurait été fait, si ces lois n'étaient ailleurs pa> faitement entendues ; et il voit qu'il faut reconnaître une sagesse éternelle, où toute loi, tout ordre, toute proportion ait sa raison primitive. Bossuet. Connaissance de Dieu et de soUméme^ ch.iv.

II. — Preuve de l'existence de Oieu par l'idée de la perfection.

L'impie demande : Pourquoi Dieu est-il ? Je lui réponds : Pourquoi Dieu ne serait-il pas î Est-ce à cause qu'il est parfait, et la perfection est-elle un obstacle à l'être ? Erreur insensée ! au contraire, la perfection est la raison d'être. Pourquoi Tiin* parfait serait-il, et le parfait ne serait-il pas ? c'est-à-dire, pourquoi ce qui tient plus du néant serait-il, et que ce qui n'es tient rien du tout ne serait pas ? Qa'appelle-t-on parfait ? Un être à qui rien ne manque. Qu'appelle-t-on imparfait ? Un être à qui quelque chose manque. Pourquoi l'être à qui rien ne manque iw serait-il pas plutôt que l'être à qui quelque chose manque ? D'où vient que quelque chose est, et qu'il ne se peut pas faire que b rien soit, si ce n'est parce que l'être vaut mieux que le rien, etque le rien ne peut pas prévaloir sur l'être ni empêcher l'être d'être? Mais, par la même raison, l'imparfait ne peut valoir mieux que

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e parfait, ni être plutôt que lui, ni l'empêcher d'être. Qui peut ionc empocher que Dieu ne soit, et pourquoi le néant de Dieu jue l'impie veut imaginer dans son cœur insensé (1), pourquoi, iis-je, ce néant de Dieu Temporterait-il sur l'être de Dieu, et iraut-il mieux que Dieu ne soit pas que d'être ?

0 Dieu I on se perd dans un si grand aveuglement. L'impie se [)erd dans le néant de Dieu, qu'il veut préférer à l'être de Dieii ; 3t lui-même, cet impie, ne songe pas à se demander à lui-même pourquoi il est. Mon âme, âme raisonnable, mais dont la raison est si faible, pourquoi veux-tu être et que Dieu ne soit pas ? Hélas ! vaux-tu mieux que Dieu ? Ame faible, âme ignorante, dévoyée, pleine d'erreur et d'incertitude dans ton intelligence, pleine dans ta volonté de faiblesse, d'égarement, de corruption, de mauvais désirs, faut-il que tu sois, et que la certitude, la compréhension, la pleine connaissance de la vérité, et l'amour immuable de la justice et de la droiture ne soit pas ? BossuET. Élévations. Première Semaine, première élévation,

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