‹ Extraits des grands philosophesChapitre 157 sur 331 · V. — Le matérialisme · texte numérisé non relu

V. — Le matérialisme

On est obligé de confesser que la perception, et ce qui end pend, est inexplicable par des raisons mécaniques, c'est-à-di par les figures et par les mouvements ; et, feignant qu'il y aitui macliine dont la structure fasse penser, sentir, avoir perceptioi on pourra la concevoir agrandie en conservant les mêmes propo lions, en sorte qu'on y puisse entrer comme dans un moulin. I cela posé, on ne trouvera, en le visitant au dedans, que 4 pièces qui se poussent les unes les autres, et jamais de qui expliquer une perception. Ainsi c'est dans la substance simplei non dans le composé ou dans la machine qu'il la faut cherclMi Aussi n'y a-t-il que cela qu'on puisse trouver dans la substaitf simple, c'est-à-dire les perceptions et leurs changements. Ceste cela si'ul aussi que peuvent consister toutes Ifes actions intenU des substances simples. Monadologie.

^ VI. — Les âmes des animaux.

8i nous voulons appeler âme tout ce qui a perceptions etappi tit«, toutes les substances simples ou monades créées pourrait Hirti appeiïîes âmes ; mais, comme le sentiment est quelque c rt<î (JuH qu'une simple perception, je consens que le nom géfl Am inonades et d'entéléchies suffise aux substances simples «'iiiMront (juo cela, et qu'on appelle âmes seulement celles dont

^r^ption ettt plus distincte et accompagnée de mémoire.

Car nous expéri menton s en nous-mêmes un état où nous ne BOUS souvenons de rien et n'avons aucune perception distinguée, jlomme lorsque nous tombons en défaillance ou quand nous Les accablés d'un profond sommeil sans aucun songe. Dans état, l'âme ne diffère point sensiblement d'une simple monade; comme cet état n'est point durable et qu'elle s'en tire, elle it quelque chose de plus.

Et il ne s'ensuit point qu'alors la substance simple soit sans

icune perception. Gela ne se peut pas même, par les raisons

îdites ; car elle ne saurait périr, elle ne saurait aussi subsister

is quelque affection, qui n'est autre chose que sa perception ;

lis quand il y a une grande multitude de petites perceptions où

n'y a rien de distingué, on est étourdi, comme quand on tourne

itinuellement d'un même sens plusieurs fois de suite, où il

înt un vertige qui nous peut faire évanouir et qui ne nous

isse rien distinguer. Et la mort peut donner cet état pour un

)mps aux animaux.

Et comme tout présent état d'une substance simple est natullement une suite de son état précédent, tellement que le préit y est gros de l'avenir.

Donc, puisque, réveillé de l'étourdissement, on s'aperçoit de

perceptions, il faut bien qu'on en ait eu immédiatement

iravant, qu'on ne s'en soit point aperçu ; car une percep-

)n, comme un mouvement, ne peut venir naturellement que

mouvement. L'on voit par là que si nous n'avions rien de distingué, et pour isi dire de relevé et d'un plus haut goût dans nos perceptions, tos serions toujours dans l'étourdissement. Et c'est l'état des ruades toutes nues.

Aussi voyons-nous que la nature a donné des perceptions rele- » aux animaux, par les soins qu'elle a pris de leur fournir des Organes qui ramassent plusieurs rayons de lumière ou plusieurs Ondulations de l'air pour les faire avoir plus d'efBcace par leur Union. Il y a quelque chose d'approchant dans l'odeur, dans le Koût et dans l'attouchement, et peut-être dans quantité d'autres iras qui nous sont inconnus. Et j'expliquerai tantôt comment le qui se passe dans l'âme représente ce qui se fait dans les Higanes.

La mémoire fournit une espèce de consécution aux âmes qui Imite la raison, mais qui en doit être distinguée. Nous voyons {ue les animaux, ayant la perception de quelque chose qui

les frappe, et dont ils ont eu perception semblable auparavan s'attendent, par la représentation de leur mémoire, à ce qui y été joint dans cette perception précédente, et sont portés à di sentiments semblables à ceux qu'ils avaient pris alors. Pî exemple, quand on montre le bâton aux chiens, ils se soi viennent de la douleur qu'il leur a causée, et crient et fuient.

Et l'imagination forte qui les frappe et meut vient ou del grandeur ou de la multitude des perceptions précédentes ; ca souvent une impression forte fait tout d'un coupreffetd*unelongo habitude ou de beaucoup de perceptions médiocres réitérées.

Les hommes agissent comme les bêtes, en tant que les consé* cutions de leurs perceptions ne se font que par le principe de II mémoire, ressemblant aux médecins empiriques qui ont dm simple pratique sans théorie, et nous ne sommes qu'empiriquei dans les trois quarts de nos actions. Par exemple, quand « s'attend qu'il y aura jour demain, on agit en empirique, pan» que cela s'est toujours fait ainsi jusqu'ici. Il n'y a que rastronon» qui le juge par raison. Monadologie,

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