IX. — Tout est lié dans l'univers
Gomme tout est plein, ce qui rend toute la matière liée, et imme dans le plein tout mouvement fait quelque effet sur les >rps distants à mesure de la distance, de sorte que chaque corps affecté non-seulement par ceux qui le touchent et se ressent quelque façon de tout ce qui leur arrive, mais aussi, par leur )yen, se ressent de ceux qui touchent les premiers dont il est iché immédiatement, — il s'ensuit que cette communication à quelque distance que ce soit. Et par conséquent tout corps se mi de tout ce qui se fait dans l'univers ; tellement que celui li voit tout pourrait lire dans chacun ce qui se fait partout, et ^me ce qui s'est fait ou se fera, en remarquant dans le préitce qui est éloigné tant selon les temps que selon les lieux : >M ffàvra, disait Hippocrate. Mais une âme ne peut lire en dle-même que ce qui y est représenté distinctement; elle ne saunât développer tout d'un coup ses règles, car elles vont à l'infini. Ainsi, quoique chaque monade créée représente tout l'univers, die représente plus distinctement le corps qui lui est affecté jarticulièrement, et comme ce corps exprime tout l'univers par la eoonexion de toute la matière dans le plein, l'âme représente anssi tout l'univers en représentant ce corps qui lui appartient d'ane manière particulière.
X. —/Les animaux; différence des machines naturelles et des machines
humaines.
Ainsi chaque corps organique d'un vivant est une espèce de machine divine ou un automate naturel qui surpasse infiniment tous les automates artificiels, parce qu'une machine faite par l'art de l'homme n'est pas machine dans chacune de ses parties; par exemple^ la dent d'une roue de laiton a des parties ou fragments qui ne sont plus quelque chose d'artificiel et n'ont pins rien qui marque de la machine par rapport à l'usage où II roue était destinée. Mais les machines de la nature, c'est-à-dire les corps vivants, sont encore machines dans leurs moindrei parties jusqu'à l'infini. C'est ce qui fait la difiérence entre la nature et l'art, c'est-à-dire entre l'art divin et le nôtre.
Monadologie.
XL — Infinité de l'univers.
Chaque portion de la matière n'est pas seulement divisible à l'infini, comme les anciens ont reconnu, mais encore sous-divi actuellement sans fin, chaque partie en parties, dont chacune quelque mouvement propre ; autrement il serait impossible chaque portion de la matière pût exprimer l'univers.
Par où Ton voit qu'il y a un monde de créatures, de vivants, d'animaux, d'âmes, dans la moindre partie de la matière.
Chaque portion de la matière peut être conçue comme jardin plein de plantes et comme un étang plein de poissoi Mais chaque rameau de la plante, chaque membre de i'ani chaque goutte de ses humeurs est encore un tel jardin ou tel étang.
Et quoique la terre et l'air interceptés entre les plantes jardin, ou l'eau interceptée entre les poissons de l'étang, nesoierf| point plantes ni poisson, ils en contiennent pourtant encore, m le plus souvent d'une subtilité à nous imperceptible.
Ainsi il n'y a rien d'inculte, de stérile, de mort, dans l'univers J point de chaos, point de confusion qu'en apparence ; à peu prt comme il en paraîtrait dans un étang à une distance dans laq on verrait un mouvement confus et un grouillement pouraii*|^ dire de poissons de l'étang, sans discerner les poissons mêDM*» 'Oit i»ar là que chaque corps vivant a une entéléchie doini" i est l'âme dans l'animal ; mais les membres de ce coi;*
vivant sont pleins d'autres vivants, plantes, animaux, dont chacun 41 encore son entéléchie ou son âme dominante.
Monadologie.