‹ Extraits des grands philosophesChapitre 163 sur 331 · XV. — Tout enveloppe Tinfini · texte numérisé non relu

XV. — Tout enveloppe Tinfini

Il suit encore de la perfection de l'auteur suprême que nonseulement Tordre de l'univers entier est le plus parfait qui se puisse, mais aussi chaque miroir vivant représentant Tunivers suivant son point de vue ; c'est-à-dire que chaque monade, chaque centre substantiel ào\i avoir ses perceptions et ses appétits les mieux réglés qu'il est compatible avec tout le reste. D'où il suit encore que les âmes, c'est-à-dire les monades les plus dominantes, ou plutôt les animaux, ne peuvent manquer de se réveiller de l'état d'assoupissement où la mort ou quelque autre accident les peut mettre.

Car tout est réglé dans les choses, une fois pour toutes, avec autant d'ordre et de correspondance qu'il est possible, la suprême sagesse et bonté ne pouvant agir qu'avec une parfaite harmouie.

Le présent est gros de l'avenir ; le futur se pourrait lire dans le passé ; l'éloigné est exprimé dans le prochain. On pourrait connaître la beauté de l'univers dans chaque âme, si l'on pouvait " =*r tous ses replis, qui ne se développent sensiblement qu'avec

le temps. Mais comme chaque perception distincte de Tâme comprend une infinité de perceptions confuses qui enveloppent tout l'univers, l'âme même ne connaît les choses dont elle a perception qu'autant qu'elle eh a des perceptions distinctes et relevées, et elle a de la perfection à mesure de ses perceptions distinctes. Chaque âme connaît l'infini, connaît tout, mais confusément. Gomme, en me promenant sur le rivage de la 'mer et entendant le grand bruit qu'elle fait, j'entends les bruits particuliers de chaque vague dont le bruit total est composé, mais sans les discerner, ainsi nos perceptions confuses sont le résultat des impressions que tout l'univers fait sur nous. Il en est de même de chaque monade. Dieu seul a une connaissance distincte de tout, car il en est la source. On a fort bien dit qu'il est comme centre partout, mais que sa circonférence n'est nulle part, tout lui étant présent immédiatement, sans aucun éloignement de ce centre.

Pnncipes de la nature et de la grâce.

XYI. — Destinée des âmes.

Les recherches des modernes nous ont appris, et la raison l'approuve, que les vivants dont les organes nous sont connus, c'està-dire les plantes et les animaux, ne viennent point d'une putréfaction ou d-un chaos, comme les anciens Tont cru, mais de semences préformées, et par conséquent de la transformation des vivants préexistants. Il y a de petits animaux dans les semences des grands, qui, parle moyen de la conception, prennent un revêtement nouveau qu'ils s'approprient et qui leur donne un, moyen de se nourrir et de s'agrandir, pour passer sur un plus grand théâtre et faire la propagation du grand animal. Il est vrai que les âmes des animaux spermatiques humains ne sont point raisonnables, et ne le deviennent que lorsque la conception détermine ces animaux à la nature humaine. Et comme les animaux généralement ne naissent point entièrement dans la conception ou génération, ils ne périssent pas entièrement non plus dans ce que nous appelons mort; car il est raisonnable que ce qui ne commence pas naturellement ne finisse pas non plus dans l'ordre de la nature. Ainsi, quittant leur masque ou leur guenille, ils retournent seulement à un théâtre plus subtil, où ils peuvent pourtant être aussi sensibles et aussi bien réglés que dans le plus grand. Principes de la nature et de la grâce.

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