‹ Extraits des grands philosophesChapitre 18 sur 331 · LA PHILOSOPHIE EN CHINE. MENGIU · texte numérisé non relu

LA PHILOSOPHIE EN CHINE. MENGIU

damentale de tout progrès et de tout développement moral, n n'est pas dans la nature des choses que ce qui a sa base fondamentale en dé^rdre et dans la confusion puisse avoir ce qui en dérive nécessairement dans un état convenable (1).

II* — Sur le devoir de bien g^ouverner un État» en mettant le bon ordre dans sa famille.

Une seule famille, ayant de Phumanité et de la charité, sufBira pour faire naître dans la nation ces mêmes vertus de charité et d'humanité ; une seule famille, ayant de la politesse et de la condescendance, suffira pour rendre une nation condescendante et polie ; un seul homme, le prince, étant avare et cupide, suffira pour causer du désordre dans une nation. Tel est le principe ou le mobile de ces vertus et de ces vices. C'est ce que dit le proverbe : a Un mot perd l'affaire ; un homme détermine le sort d'un empire, d

Tao et Chun gouvernèrent l'empire avec humanité, et le peuple les imita. Kie et Tcheou gouvernèrent l'empire avec cruauté, et le peuple les imita. Ce que ces derniers ordonnaient était contraire à ce qu'ils aimaient, et le peuple ne s'y soumit pas. C'est pour cette raison que le prince doit lui-même pratiquer toutes les vertus et ensuite engager les autres hommes à les pratiquer. S*il ne les possède pas et ne les pratique pas luimême, il ne doit pas les exiger des autres hommes. Que, n'ayant rien de bon, de vertueux dans le cœur, on puisse être capable de commander aux hommes ce qui est bon et vertueux, cela est impossible, et contraire à la nature des choses.

C'est pourquoi le bon gouvernement d'un royaume consiste dans tobligation préalable de mettre le bon ordre dans sa famille.

Le livre des vers dit :

a Que le pêcher est beau et ravissant ! a Que son feuillage est fleuri et abondant ! « Telle une jeune fiancée se rendant à la demeure de son époux « Et se conduisant cooirenablement envers les personnes de sa

[famille ! »]

Conduisez-vous convenablement envers les personnes de votre 1. Trad. par G. Pauthier, p, 19 à 25.

famille^ ensuite vous pourrez instruire et diriger une nation d'hommes (1).

UB* — Sar lé devoir d'entretenir la paiiL et la bonne lonie dana le monde, en g^onvemant bien les

Confucius a dit : c Dans les voyages que j'ai faits au dehors, « je n'ai trouvé aucun objet précieux ; l'humanité et l'amitié « pour ses parents sont ce que j'ai trouvé seulement de pré- « cieuz. 9

L'homme humain et charitable acquiert de la considération à sa personne, en usant généreusement de ses richesses ; l'homme sans humanité et sans charité augmente ses richesses aux dépens de sa considération.

Lorsque le prince aime l'humanité et pratique la vertu, il est impossible que le peuple n'aime pas la justice ; et lorsque le peuple aime la justice, il est impossible que les affaires du prince n'aient pas une heureuse fin (2).

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