‹ Extraits des grands philosophesChapitre 183 sur 331 · NEWTON · texte numérisé non relu

NEWTON

Preuve de Texistence de Dieu par un premier moteur.

k chaque pas, rastronomie trouve la limite des causes phy-

les, par conséquent la trace de Faction de Dieu. Si Ton 'suppose

infinité d'éléments matériels distribués dans toutes les par-

d'un espace sans bornes, j*accorde qu'à moins d'une égalité

répartition mathématiquement rigoureuse, et partant tout à

improbable, les attractions mutuelles de toutes ces molécules

porteront à se rapprocher de divers centres, et finiront par les

[enser en masses d*inégales grosseurs, telles que les étoiles,

planètes et les satellites. Mais il est certain que les mouve-

its actuels des planètes ne peuvent provenir de la seule action

la gravité ; car cette force poussant les planètes vers le soleil,

f'tout, pou'r qu'elles prennent un mouvement de révolution au-

de cet astre, qu'un bras divin les lance sur la tangente de

iTS orbites.

De plus, puisque les comètes descendent dans notre région métaire, et là se meuvent de mille manières, tantôt dans la ïQ direction que les planètes, tantôt dans la direction opposée, quelquefois aussi dans des directions qui coupent celle des lètes, selon des plans inclinés au plan de l'écLiptique et sous ites sortes d'angles, il est clair qu'il n'y a aucune cause natule qui ait pu déterminer toutes les planètes et tous leurs satelà se mouvoir dans le même plan, sans aucune variation sidérable. Il y a là la trace d'un conseil. Et de môme, nulle cause naturelle n'a pu donner aux planètes à leurs satellites ces justes degrés de rapidité, en rapport précis avec leurs distances par rapport au soleil et aux autres centres du mouvement, lesquels degrés étaient nécessaires pour que ces corps vinssent à se mouvoir selon des orbites concentriques. Car si les planètes avaient eu un mouvement aussi rapide le celui des comètes (comme cela aurait pu être dans le cas où lur mouvement n'aurait eu d'autre cause que la gravité), elles se mouvraient pas dans des orbites concentriques, mais dans orbites excentriques, comme font les comètes.

Newton. 1" Lettre à Bentley, traduction Biot.

GLARKE.

Preuve de l'existence de Dieu par les idées de l'espace et du temps.

Nous avons des idées, comme celles de Téternité et de Timme site, qu'il nous est absolument impossible d'anéantir ou ( bannii: de notre esprit ; idées qui doivent être par conséquei les attributs d'un être nécessaire actuellement existant...

L'espace est une propriété de la substance qui existe par elL même, et non pas une propriété de toute autre substance. Tout les autres substances sont dans l'espace, et l'espace les pénèti mais la substance qui existe par elle-même n'est pas dans Te pace et n'en est pas pénétrée. Elle est, si je puis m'exprim ainsi, le substratum de l'espace ; elle est le fondement de Taxi tence et de l'espace et de la durée elle-même. Or, l'espace et durée étaient évidemment nécessaires, et n'étant pourtant poi des substances, mais des propriétés, il est clair que la substanc sans qui ces propriétés ne sauraient exister, est elle-même ei core plus nécessaire s'il était possible. Et comme Tespace et durée, en tant qu'ils sont des conditions sine quâ non, sont m cessaires à l'existence de toute autre chose, ainsi la substance qui ces propriétés appartiennent est de même nécessaire, de 1 manière particulière dont j'ai fait mention ci-dessus (1).

Traité de Vexistence et des attributs de Dieu, ch. V.

1. On sait que Leibnitz rejetait cette preuve et considérait comme uû( représentation anthropomorphique Fidée d'un Dieu substratum de l'espace ou du temps. Voir les Lettres de Glarke et de Leibnitz.

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