‹ Extraits des grands philosophesChapitre 185 sur 331 · I. — Importance de Tétude des origines de nos connaissances · texte numérisé non relu

I. — Importance de Tétude des origines de nos connaissances

Locke a passé trop légèrement sur l'origine de nos connais** fiances, et c'est la partie qu'il a le moins approfondie... L'âme li'ayant pas, dès le premier instant, Texercice de toutes ses opérations, il était essentiel, pour développer mieux l'origine de ■^os connaissances, de montrer comment elle acquiert cet exercice ^t quel en est le progrès. Il ne parait pas que Locke y ait pensé, ^1 que personne lui en ait fait le reproche ou ait essayé de suppléer à cette partie de son ouvrage : peut-être même que le dessein l^expliquer la génération des opérations de l'âme, en les faisant Maître d'une simple perception, est si nouveau, que le lecteur a le la peine à comprendre de quelle manière je l'exécuterai...

Nous ne devons aspirer qu'à découvrir une première expérience 3ue personne ne puisse révoquer en doute, et qui suffise pour expliquer toutes les autres...

Ext. gr. Philos<. V^

On voit que mon dessein est de rappeler à un seul principe tout ce gui concerne Tentendement humain, et que ce principe neseia ni une proposition vague, ni une maxime abstraite, ni une sup- ' position gratuite, mais une expérience constante, dont les conséquences seront confinnéas par de nouvelles expériences.

Xe ne me bornerai pas à donner des définitions des facultés de Tentendement, je vais essayer de les envisager sous nn point de vue plut huaineux qu'on n'a eucore fait. Il s'agit d'en développer les progrès et de voir comment elles s*engendrent toutes d*aiie première qui n'est qu'une simple perception.

IL — (jénératioii des opératioas de l'âme : perception, conscience,

attention, réminiscence, réflexion.

0*abard il n'y a dans Tâma qu'une simple perception, qui n'est que rimiuressicm qu'dle reçoit h la présence des objets : de là naissent dans leur ordre les trois autres opérations. Cette impression» considérée comme avertissant Vime de sa présence, est ce que j'appelle conscience. Si la connaissance qu'on en prend est telle qu*elle paraisse la seule perception dont on ait consçiencei c'est attwtion. Snfin, quand elle se fait connaître comme ayant jj déjà affecté l'&me, c'est réminiscence.

Aussitôt que la mémoire est formée, et que l'exercice de l'iioa* gination est à notre pouvoir, les signes que celle-là rappelle el les idées que celle-ci réveille commencent à retirer Tâme de la dépendance où elle était de tous les objets qui agissaient sur elle. Maîtresse de se rappeler les choses qu'elle a vues, elle y peut porter son attention et la détourner de celles qu'elle voit. Elle peut ensuite la rendre à celles-ci ou seulement à quelques-unes, et la donner alternativement aux unes et aux autres. A la vue d'un tableau, par exemple, nous nous rappelons les connaissances ■ que nous avons de la nature et des règles qui apprennent à limiter, et nous portons notre attention successivement de ce tiK bleau à ces connaissances, et de ces connaissances à ce tableaOi ou tour à tour à ses différentes parties. Mais il est évident qja/^^ nous ne disyposons ainsi de notre attention que par le seooor^ que nous prête l'activité de Timagination, produite par ail9 grande mémoire. Sans cela nous ne la réglerions pas par nous- i mêmeS| mais elle obéirait uniquement à l'action des objets.

Cette manière d'appliquer de nous-mêmes notre attention tour à tour à divers objets, ou aux différentes parties d'un seul, c'est

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ce qu^on appelle réfléchir. Ainsi oa voit sensiblement comment la réflexion naît de Timagination et de la mémoire.

Essai sur V origine des connaissances humaines, sections I, II.

JII. — Nous n'aperceronB que nos sensations.

Bien dans Tunivers n'est visible pour nous : nous n'apercevons que les phénomènes produits par le concours de nos sensations. Soit que nous nous élevions, pour parler métaphoriquement, jusque dans les cieux, soit que nous descendions dans les abîmes, nous ne sortons point de nous-mêmes, et ce n'est jamais que notre propre pensée que nous apercevons.

Essai sur V origine des connaissances humaines, section I. Logique, ch. m*

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