‹ Extraits des grands philosophesChapitre 2 sur 331 · I. - DOCTRINES RELIGIEUSES DU BRAHMANISME · texte numérisé non relu

I. - DOCTRINES RELIGIEUSES DU BRAHMANISME

Hymne êk Dieu*

n est né pour la force et la grandeur, ce Varouna qui a fondé l'immensité du ciel et de la terre. C'est lui qui, d'un côté, a développé cette grande et large voûte toute parée d'étoiles, et qui de l'autre a étendu la surface terrestre.

Ces mots, est-ce que je les adresse à moi-même? Comment puis-je m'élever jusqu'à Varouna ? Recevra-t-il sans courroux mes offrandes ? Comment faire pour contempler, d'un esprit pur, le Dieu plein de clémence?...

0 Varouna, quel péché si grand ai-je commis pour que tu veuilles frapper un chantre ton ami ? Dieu fort et invincible, disle moi. Innocent et empressé, je t'adorerai.

Rig-Véda, 98" hymne (trad. E. Burnouf).

Prière A Dieu*

Ne me laisse plus rentrer, ô Varouna, dans cette maison d'argile et de boue [le corps] -, aie pitié de moi, ô Dieu tout-puissant, aie pitié de moi !

Si je marche tout tremblant comme un nuage que chasse le vent, aie pitié de moi, ô Dieu tout-puissant, aie pitié de moi I

C'est parce que je manque de force, Dieu fort et brillant, que je suis allé me briser sur le fatal rivage ; aie pitié de moi, ô Dieu tout-puissant, aie pitié de moi I

La soif a dévoré ton adorateur bien qu'il fût au milieu des eaux; aie pitié de moi, ô Dieu tout-puissant, aie pitié de moi !

Toutes les fois, ô Varouna, que nous, simples hommes, nous commettons quelque offense contre l'armée des cieux, toutes les fois que nous violons ta loi sans intention, aie pitié de nous, ô Dieu tout-puissant, aie pitié de nous I Ibid.^ 102® hymne.

itilternatlves de création et de destruction*

Tandis que Brahma veille, le monde vit et se meut; mais quand le* dieu dort, quand son esprit est en repos, l'univers s'évanouit ; tous les êtres tombent dans Tinertie ; ils sont dissous dans l'âme suprême, parce que celui qui est la vie de tout être sommeille doucement, privé de son énergie. Ainsi, passant tour à tour du sommeil à la veille et de la veille au sommeil, constamment il fait naître à la vie tout ce qui a le mouvement et tout ce qui ne l'a pas ; puis il l'anéantit et demeure immobile. Les créations et les destructions du monde sont innombrables ; et l'Être suprême les renouvelle comme en se jouant.

Manava-Dharma-Sastra ou Lois de Manou (trad. Loiseleur- Deslougchamps), liv. I.

Li*|iiiinortallté d'après le bralimanlsme (1).

« Maitreyi, dit Yadjnavalkya, je quitte ma maison pour l'habitation de la forêt. Certes, je dois faire un partage entre toi et mon autre femme Katyayana. »

Maitreyi répondit à son époux : « Mon seigneur, si cette terre entière, pleine de richesses, m^appar tenait, serais-je par là im*mortelle ? »

« Non, répondit Yadjnavalkya ; ta vie ressemblera à la vie heureuse des riches, mais par les richesses il n*est aucun espoir d'immortalité. »

1. Nous donnons ici en entier, à cause de leur importance, des pages dont nous avons cité quelques fragments dans notre Histoire de la philo ^ Sophie,

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