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Prononcé à la Sorbonne, le il décembre

TUUGOT. 331

li l'ont précédé. Les signes multipliés du latigage et de récrire, en donnant aux hommes le moyen de s^assurer la possession I leurs idées et de les communiquer aux autres, ont formé de iites les connaissances particulières un trésor commun, qu'une mération transmet à l'autre, ainsi qu'un héritage toujours igmenté des découvertes de chaque siècle ; et le genre humain, Dsidéré depuis son origine, paraît aux yeux d'un philosophe 1 tout immense, qui lui-même a, comme chaque individu, sou ifance et ses progrès...

La masse du genre humain, par des alternatives de calme et agitation, marche toujours, quoique à pas lents, vers une periclion plus grande.

Les révolutions des empires font succéder les uns aux autres ms les états possibles, rapprochent et séparent tous les élélents des corps politiques. Il se fait comme un flux et un reflux e la puissance d'une nation à Tautre, et, dans la même nation, es princes à la multitude et de la multitude aux princes... Ainsi ne les tempêtes qui ont agité les flots de la mer, les maux isëparables des révolutions disparaissent. Le bien reste, et humanité se perfectionne. Au milieu de cette combinaison événements tantôt favorables, tantôt contraires, dont l'action, la longue, doit se détruire, le génie des hommes agit sans sse, et par degré ses eSets deviennent sensibles... Ce n*est 'après des siècles et par des réactions sanglantes que le despome a enfin appris à se modérer lui-même, et la liberté à se ^ler; et c'est ainsi que par des alternatives d'agitation et'de Ime, de biens et de maux, la masse totale du genre humain a irché sans cesse vers sa perfection...

Dans la progression lente des opinions et des erreurs qui se assent les unes les autres, je crois voir ces premières feuilles, s enveloppes que la nature a données à la tige naissante des intes, sortir avant elle de la terre, se flétrir successivement, squ'à ce qu'enfin cette tige paraisse et se couronne de fruits, âge de la tardive vérité... Les hommes instruits par l'expé- ^nce devienneut plus et mieux humains. Aussi parait-il que, tis ces derniers temps, la générosité et les afiections douces, ^tendant toujours, diminuent l'empire de la vengeance et des Lines nationales...

C'est dans les républiques que les révolutions, ramenant les ^8 à Texamen, ont perfectionné à la longue la législatioo et le ^uvernement : c'est là que l'égalité s*est conservée, que l'esprit,

le courage ont pris de l'activité, et que Tesprit humain a fait des progrès rapides. C'est là que les mœurs et les lois ont à la longue appris à se diriger vers le plus grand bonheur des peuples....

Les faits s'amassent dans l'ombre des temps d'ignorance, et les sciences, dont le progrès, pour être caché, n'en était pas moin réel, devaient reparaître un jour accrues de ces nouveUei richesses...

Di£férentes suites d'événements naissent dans les différentei contrées du monde, et toutes, comme par autant de routes sépirées, concourent enfin au même but, à relever Tesprit humain! de sçs ruines. Ainsi, pendant la nuit, on voit les étoiles se lever successivement ; elles s'avancent chacune sur leur cercle ; elles semblent, dans leur révolution commune, entraîner avec elles toute la sphère céleste, et nous amener le jour qui les suit.

IL — Rôles de la théologie, de la physique et de la métaphysique dans lu

progrès de l'esprit humain.

Lorsque la physique était ignorée, les hommes ont attribué plupart des phénomènes dont ils ne pouvaient pénétrer la cat à Faction de quelques êtres intelligents et puissants, dequelqi Dieux dont ils ont supposé la volonté déterminée par des passic semblables aux nôtres. Cette idée a beaucoup retardé le pi des sciences. Quand un homme regarde une eau profonde, elle claire, il lui est impossible d'en découvrir le fond s'il ni voit que sa propre image...

Avant de connaître la liaison des effets physiques entre eax,j n'y eut rien de plus naturel que de supposer qu'ils étaient prodt par des êtres intelligents, invisibles et semblables à nous ; car! quoi auraient-ils ressemblé ? Tout ce qui arrivait, sans quel hommes y eussent part, eut son dieu, auquel la crainte ou Tfl rance fit bientôt rendre un culte ; et ce culte fut encore inw d'après les égards qu'on pouvait avoir pour les hommes sants, car les Dieux n'étaient que des hommes puissants et ou moins parfaits, selon qu'ils étaient l'ouvrage d'un siède ou moins éclairé sur les vraies perfections de l'humanité.

Quand les philosophes eurent reconnu l'absurdité decesl sans avoir acquis néanmoins de vraies lumières sur Tbisl naturelle, ils imagiaèrent d'expliquer les causes des phénomi par des expressions abstraites, comme essence et facultiSf ei[ sions qui cependant n'expliquaient rien, et dont on raisooi

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