‹ Extraits des grands philosophesChapitre 217 sur 331 · TUR(M)T · texte numérisé non relu

TUR(M)T

omme si elles eussent été des êtres ^ de nouvelles divinités ubstituées aux anciennes. On suivit ces analogies, et on multidia les facultés pour rendre raison de chaque efiet.

Ce ne fut que bien tard, en observant l'action mécanique que es corps ont les uns sur les autres, qu'on tira de cette mécanique Tautres hypothèses que les mathématiques purent développer, jt l'expérience vérifier. — Voilà pourquoi la physique n'a cessé le dégénérer en mauvaise métaphysique qu'après un long proap:ès dans les arts (1).

m. — Les hypothèses, condition du progrès intellectuel.

Toutes les fois qu'il s'agit de trouver la cause d'un effet, ce n'est que par voie d'hypothèse qu'on peut y parvenir, lorsque l'effet seul est connu.

On remonte, comme on peut, de l'effet à la cause, pour tâcher de conclure à ce qui est hors de nous. Or^ pour deviner la cause d'un efiet, quand nos idées ne nous la présentent pas, il faut en imaginer une ; il faut vérifier plusieurs hypothèses et les essayer. Jlais comment les vérifier ? C'est en développant les conséquences ^ chaque hypothèse^ et en les comparant aux faits. Si tous les ^ts qu'on prédit en conséquence de l'hypothèse se retrouvent ^aos la nature précisément tels que l'hypothèse doit les faire ./ittendre, cette conformité, qui ne peut être l'effet du hasard, en devient la vérification, de la manière qu'on reconnaît le cachet (pli a formé une empreinte en voyant que tous les traits de celle^ ci s'insèrent dans ceux du cachet.

Telle est la marche des progrès de la physique. Des faits mal ^iounus, mal analysés, et en petit nombre, ont dû faire imaginer les hypothèses très-fausses ; la nécessité de faire une foule de Uppositions, avant de trouver la vraie, a dû en amener beau- Oup. De plus, la dif&culté de tirer des conséquences de ces LJrpothèses, et de les comparer aux faits, a été très^grande dans ^s commencements. — Ce n'est que par l'application des mathétxatiques à la physique qu'on a pu, de ces hypothèses, qui ne ont que des combinaisons de ce qui doit arriver de certains orps mus suivant certaines lois, inférer les effets qui devaient ^ensuivre ; et là-dessus les recherches ont dû se multiplier avec a temps. L'art de faire des expériences ne s'est non plus perfec-

1. Cette page renferme le germe des théories qu'on retrouvera plus loia UnsAuguste Comte.

tionué qua la longue ; d'heureux hasards, qui pourtant neui présentent qu'à ceux qui ont souvent ces objets devant les yem et qui les connaissent, bien plus ordinairement encore uoa foute de théories déUcates et de petits systèmes de détail souvent aidés encore des mathématiques, aai appris des faits, ou indiqué aux hommes les expériences qu'il fallait faire, avec la manière d'y réussir. — On voit ainsi comment les progrès des mathématiqaei ont secondé ceux de la physique, comment tout est lié, et, ea même temps, comment le besoin d'examiner toutes les hypothèses a obligé à une foule de recherches mathématiques, qui, en multipliant les vérités, ont augmenté la généralité des principes, d'oii naît la plus grande facilité du calcul et la perfection de l'art. On peut conclure de tout ceci que les hommes ont dû passer par mille erreurs avant d'arriver à la vérité. De là cette foule de systèmes tous moins sensés les uns que les autres, et qui sont cependant de véritables progrès, des tâtonnements pour arriver à la vérité; systèmes qui, d'ailleurs, occasionnent des recherches, et sont parla utiles dans leurs effets. — Les hypothèses ne sont pas nuisibles ; toutes celles qui sont fausses se détruisent d'ellesmêmes... Le premier pas est de trouver un système ; le second de s'en dégoûter. Fragments divers.

GONDORCBT.

Marie-Jean Gondorcet naquit, en 1743, dans TAisne, d'une ancieni» famille du Dauphiné. 11 fît ses études au collège de Navarre, soutint à seize ans une thèse savante de mathématiques, publia en 1765 son EtMÎ sur le calcul intégral, en 1767 son mémoire sur le Problème des frwr o&rps, devint secrétaire perpétuel de l'Académie des sciences en 1771 ^ Il fournit des articles à l'Encyclopédie. Député de Paris à TAssemblM ^^ législative en 1791, il y fit un remarquable rapport sur Torganisation de l'instruction publique dont il demandait la gratuité à tous les degrés. Envoyé par sept départements à la Convention, il vota le plus souveit ^ avec les Girondins. Mis hors la loi avec les Brissotins, il échappa pet^ dant huit mois aux recherches, fut pris à Clamart, transporté a Boar^ la-Reine, et s'empoisonna dans sa prison (1794). Pendant sa proscriptioi il composa son plus célèbre ouvrage : VEsquisse des progrés de Vesft^ humain^ où il développe le principe de la perfectibilité indéfinie de rhomme. Œuvres : 21 vol. in-8o, 1804, et 12 vol. in-S», 1847-49.

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