Allusion à Rousseau
augmentent l'intensité et dirigent l'emploi de ces facultés, on même de celui de l'organisation naturelle de Thomme ?
En répondant à ces trois questions, nous trouveronsi dam Texpérience du passé, dans l'observation des progrès que lai sciences, que la civilisation ont faits jusqu'ici, dans l'analyse de la marche de Tesprit humain et du développement de ses facultés, les motifs les plus forts de croire que la nature n'a mis aucoi terme à nos espérances.
[I. >- Progrès futurs de la liberté.
Si nous jetons un coup d'œll sur Tétat actuel du globe, nous verrons d'sÛDord que, dans TEurope, les principes de la coostitation française sont déjà ceux de tous les hommes éclairés. Noos les y verrons trop répandus et trop hautement professés pour qw les efforts des tyrans puissent les empêcher de pénétrer peai peu jusqu'aux cabanes de leurs esclaves ; et ces principes y réveilleront bientôt un reste de bon sens, et cette sourde indignatisi que l'habitude de l'humiliation et de la terreur ne peut étoul&r dans Tâme des opprimés.
Si les progrès des Grecs ont été perdus pour les autres nationsi c'est le défaut de communication entre les peuples, c'est la dooi' nation tyrannique des Romains qu'il en faut accuser. Mais qaao4 des besoins mutuels ayant rapproché tous les hommes, kl nations les plus puissantes auront placé l'égalité entre les sociétéi comme entre les individus, et le respect pour rindépendaocslT des Etats faibles, comme l'humanité pour Tignorance et lamisètti au rang de leurs principes politiques ; quand, à des m qui tendent à comprimer le ressort des facultés humaines, aaioil succédé celles qui en favorisent l'action et l'énergie, senAi alors permis de redouter encore qu'il reste sur le globe Al espaces inaccessibles à la lumière, ou que l'orgueil du desf^ tisme puisse opposer à la vérité des barrières longtemps insa^ montables ?
Il arrivera donc, ce moment où le soleil n'éclairera plus ^ la terre que des hommes libres, ne reconnaissant d'autre maM que leur raison ; où les tyrans et les esclaves n'existeront fki que dans l'histoire et sur les théâtres ; où l'on ne s'en oceapU* plus que pour plaindre leurs victimes et leurs dupes ;j0^ s'entretenir, par l'horreur de leurs excès, dans une utile vfi' lance; pour savoir reconnaître et étoufier sous le pddsdeii
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n les premiers germes de la superstition et de la tyrannie, mais ils osaient reparaître.
• Progrès futurs de l'égalité.— Moyen de diminuer Tinégalité des fortunes.
uvent il existe un grand intervalle entre les droits que la loi anait dans les citoyens et les droits dont ils ont une jouise réelle ; entre Tégalité qui est établie par les institutions iques et celle qui existe entre les individus ; cette différence i une des principales causes de la destruction de la liberté s les républiques anciennes, des orages qui les ont troublées, 3L faiblesse qui les a livrées à des tyrans étrangers. Ces diffé- ^s ont trois causes principales : Tinégalité de richesse, Tinété d'état entre celui dont les moyens de subsistance, assurés r lui-même, se transmettent à sa famille, et celui pour qui moyens sont dépendants de la durée de sa vie, ou plutôt de artie de sa vie où il est capable de travail ; enfin l'inégalité struction.
faudra donc montrer que ces trois espèces d'inégalités les peuvent diminuer continuellement sans pourtant s'anéancar elles ont des causes naturelles et nécessaires, qu'il serait irde et dangereux de vouloir détruire, et l'on ne pourrait ne tenter d'en faire disparaître entièrement les effets sans rir des sources d'inégalités plus fécondes, sans porter aux its des hommes des atteintes plus directes et plus funestes, l est aisé de prouver que les fortunes tendent naturellement égalité, et que leur excessive disproportion, ou ne peut exister, doit promptement cesser, si les lois civiles n'établissent pas moyens factices de les perpétuer et de les réunir ; si la liberté commerce et de l'industrie fait disparaître l'avantage que te loi prohibitive, tout droit fiscal, donnent à la richesse [uise ; si des impôts sur les conventions, les restrictions mises 3ar liberté, leur assujettissement à des formalités gênantes, &n l'incertitude et les dépenses nécessaires pour en obtenir lécution, n'arrêtent pas l'activité du pauvre et n*eugloutissent s ses faibles capitaux ; si l'administration publique n'ouvre int à quelques hommes des sources abondantes d'opulence ^ées au reste des citoyens ; si, enfin, par la simplicité des GBors et la sagesse des institutions, les richesses ne sont plus A moyens de satisfaire la vanité ou l'ambition, sans que cepentut une austérité mal entendue, ne permettant plus d'en faire
^XT, GR, Philos. 2*
un moyen de jouissances recherchées, force de conserver ceUei qui ont été une fois accumulées.
Comparons^ dans les nations éclairées de l'Europe, leur population actuelle et ^éte^due de leur territoire. Observons, dam le spectacle que présentent leur culture et leur industrie, la distribution des travaux et des moyens de subsistance, et nous verrons qu'il serait impossible de conserver ces moyens dans le môme degré, et, par une conséquence nécessaire, d'entretenir ' la môme masse de population, si un grand nombre d'individus cessaient de n'avoir, pour subvenir presque entièrement à leun besoins ou à ceux de leur famille, que leur industrie et ce qu'ilf tirent des capitaux employés à l'acquérir ou à en augmenter te produit. Or, la conservation de Tune et de l'autre de ces ressources dépend de la vie» de la santé même du chef de chaque famille; c'est en quelque sorte une fortune viagère ou même plus dépens dante du hasard ; et il en résulte une différence très-réelle entit cette classe d'hommes et celle dont les ressources ne sont point' assujetties aux mêmes risques, soit que le revenu d*uDe terro, oa l'intérêt d'un capital presque indépendant de leur industrie, fournisse à leurs besoins.
Il existe donc une cause nécessaire d'inégalité, de dépendance et môme de misère, qui menace sans cesse la classe la plus nombreuse et la plus active de nos sociétés.
Nous montrerons qu'on peut la détruire en grande partie es opposant le hasard à lui-môme, en assurant à celui qui atteint la vieillesse un secours produit par ses épargnes, mais augmenté de celles des individus qui, en faisant le môme sacrifice, meurent avant le moment d'avoir besoin d'en recueillir le fruit ; en pro* curant, par l'effet d'une compensation semblable, aux femmes^ aux enfants, pour le moment où ils perdent leur époux ou leur père, une ressource égale et acquise au même prix, soit pour lei familles qu'afilige une mort prématurée, soit pour celles qû conservent leur chef plus longtemps; enfin en préparant am enfants qui atteignent l'âge de travailler pour eux-mêmes et is fonder une famille nouvelle l'avantage d'un capital nécessaire n développement de leur industrie, et s'accroissant aux dépens d» ceux qu'une mort trop prompte empêche d'arriver à ce termOi C'est à l'application du calcul aux probabilités de la vie, aoi placements d'argent, que l'on doit l'idée de ces moyens, défà j employés avec succès, sans jamais l'avoir été cependant avee | cette étendue, avec cette variété de formes qui les rendraient