PHILOSOPHES IONIENS. DÉMOCRITE
e soin ? Enfin il quitta ses parents pour ne s'occuper que de la contemilation de la nature, ne roulant pas s'embarrasser des affaires publiques. Quelqu'un lui ayant reproché qu'il ne se souciait point de sa patrie, il ui répondit en montrant le ciel : Ayez meilleure opinion de moi, je m'in- ^resse beaucoup à ma patrie...
« Il disait que le soleil est une masse de feu plus grande que tout le Péloponëse ; que la lune est habitée, et qu'il s'y troure des montagnes et des vallées. Les principes des choses consistent en petites parties, toutes semblables les unes aux autres.
«On lui demanda pour quelle fin il était né. Pour contempler, dit-il^ le ciel, le soleil et la lune.
« On lui demanda s'il était banni par les Athéniens ; il répondit : Nullement, ce sont eux qui le sont à mon égard. Voyant un homme qui s'afflirait de ce (]u'il mourrait dans un pays étranger : Consolez-vous, lui dit- ; le chemin pour aller vers les morts est le même partout.
(c Cléon l'accusa d'impiété, pour avoir défini le soleil une masse ardente ; mais Périclès, son disciple, ayant pris sa défense, Anaxagore fut condamné à une amende de cinq talents et envoyé en exil. »
DiOGÈNE Labrce, trad. Lefêvre, II.
Toutes choses étaient confondues, infinies en nombre et en petitesse, et rien n'était visible.
L'Intelligence est infinie. Elle est indépendante. Ne se mêlant à quoi que ce soit, elle existe seule et par elle-même. Si elle souffrait quelque mélange, elle participerait nécessairement de toutes choses, car il y a de tout en tout ; et, dans cette confusion avec les éléments, elle perdrait le pouvoir qu*elle a sur eux et qu'elle doit à la simplicité de son essence.
Seule l'Intelligence a la connaissance du monde entier : rien ne lui échappe... ce qui est, ce qui a été, ce qui sera (1).