‹ Extraits des grands philosophesChapitre 221 sur 331 · IV. — Moyens de diminuer l'inégalité des intelligences · texte numérisé non relu

IV. — Moyens de diminuer l'inégalité des intelligences

égalité d'instruction que Ton peut espérer d'atteindre, mais doit suffire, est celle qui exclut toute dépendance ou forcée olontaire. Nous montrerons dans l'état actuel des connaises humaines les moyens faciles de parvenir à ce but, même ceux qui ne peuvent donner à l'étude qu'un petit nombre de 3 premières années, et dans le reste de leur vie quelques •es de loisir. Nous ferons voir que, par un choix heureux et connaissances elles-mêmes, et des méthodes de les ensei- *, on peut instruire la masse entière d'un peuple de tout ce chaque homme a besoin de savoir pour l'économie dômese, pour l'administration de ses affaires, pour le libre déveement de son industrie et de ses facultés, pour connaître ses ts, les défendre et les exercer ; pour être instruit de ses ttrs ; pour pouvoir les bien remplir, pour juger ses actions elles des autres d'après ses propres lumières, et n'être nger à aucun des sentiments élevés ou délicats qui orent la nature humaine; pour ne point dépendre aveuaent de ceux à qui il est obligé de confier le soin de affaires ou l'exercice de ses droits ; pour être en état de les

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choisir et de les surveiller ; pour n'être plus ladape de ces erreurs populaires qui tourmentent la vie de craintes superstitieuses ; pour se défendre contre les préjugés avec les seules forces de la raison.

Dès lors, les habitants d'un même pays, n'étant plus distingués entre eux par Tusage d'une langue plus grossière ou plni raffinée, pouvant également se gouverner par leurs propres lumières, n'étant plus bornés à la connaissance machinale des procédés d'un art et de la routine d'une profession ; ne dépendant plus, ni pour les moindres affaires, ni pour se procurer la moindre instruction, d'hommes habiles qui les gouvernent par un ascendant nécessaire, il doit en résulter une égalité réelle, puisque la difiérence des lumières ou des talents ne peut pins élever une barrière entre des hommes à qui leurs sentiments, leurs idées, leur langage permettent de s'entendre ; dont les uns peuvent avoir le désir d'être instruits par les autres, mais n'ont pas besoin d'être conduits par eux ; peuvent vouloir confier aux plus éclairés le soin de les gouverner, mais non être forcés de le leur abandonner avec une aveugle confiance.

V. — Progrés futurs de la philosophie et des sciences sociales.

Comme la découverte, ou plutôt l'analyse exacte des premiers principes de la métaphysique, de la morale, de la politique, est encore récente, et qu'elle avait été précédée de la connaissance d'un grand nombre de vérités de détail, le préjugé qu'elles ont atteint par là leur dernière limite s'est facilement établi ; on a supposé qu'il n'y avait rien à faire parce qu'il ne restait plus à détruire d'erreurs grossières et de vérités fondamentales à établir.

Mais il est aisé de voir combien l'analyse des facultés intellectuelles et morales de l'homme est encore imparfaite ; combien la connaissance de ses devoirs, qui suppose celle de l'influence do ses actions sur le bien-être de ses semblables, sur la société dont il est membre, peut s'étendre encore par une observation plus fixe, plus approfondie, plus précise, de cette influence; combien il reste de questions à résoudre, de rapports sociaux à examiner, pour connaître avec exactitude l'étendue des droits individuels de l'homme, et de ceux que l'état social donne à tous à l'égard de chacun. A-t-on même jusqu'ici, avec quelque prédbioii, posé les limites des droits, soit entre les diverses sociétés

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