VIII. — Progrès futurs de la paix
Les peuples plus éclairés, se ressaisissant du droit de disposer eux-mêmes de leur sang et de leurs richesses, apprendront pea à peu à regarder la guerre comme le fléau le plus funeste, comme le plus grand des crimes. On verra d'abord disparat celles où les usurpateurs de la souveraineté des nations les entraînaient, pour de prétendus droits héréditaires. Les peuples sauront qu'ils ne peuvent devenir conquérants sans perdre leur liberté ; que des confédérations perpétuelles sont le seul moyes de maintenir leur indépendance ; qu'ils doivent chercher sûreté et non la puissance. Peu à peu, les préjugés commerda se dissiperont ; un faux intérêt mercantile perdra Taffreux pouvoir d'ensanglanter la terre et de ruiner les nations sous prétexte de les enrichir. Gomme les peuples se rapprocheront enfin' dans les principes de la politique et de la morale, comme chacon d'eux, pour son propre avantage, appellera les étrangers à on partage plus égal des biens qu'il doit à la nature ou à son industrie, toutes ces causes qui produisent, enveniment, perpétuent ^ les haines nationales, s'évanouiront peu à peu ; elles ne fourniront plus à la fureur belliqueuse ni aliment ni prétexte.
Des institutions, mieux combinées que ces projets de paix j perpétuelle, qui ont occupé le loisir et consolé Tàme de quelques philosophes, accéléreront les progrès de cette fraternité des = nations ; et les guerres entre les peuples, comme les assassinats^ j seront au nombre de ces atrocités extraordinaires qui humilient . et révoltent la nature, qui impriment un long opprobre sur le pays, sur le siècle dont les annales en ont été souillées....
Esquisse des progrès de VesprU humain.