‹ Extraits des grands philosophesChapitre 272 sur 331 · III. ~ La méthode de la méUphyBique. Étude de la voloatê · texte numérisé non relu

III. ~ La méthode de la méUphyBique. Étude de la voloatê

Nous voyous que du dehors, on ne pourra jamais parvenir

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jusqu'à l'essence des choses ; si longtemps qu'on cherche» on n'y gagnera rien, que des images et des mots : c'est ressembler à un homme qui tourne autour d'un château, cherchant vainement une entrée et qui, en attendant, esquisse la façs^e. Telle est cependant la route que tous les philosophes ont suivie avant moi- Quelle est donc cette méthode intérieure qui nous conduira jusqu'au principe des choses, jusqu'à la Volonté ? La voici.

Si l'homme n'était qu'un être pensant, une tête d'ange ailée et sans corps, un pur sujet de la connaissance, le monde qui l'entoure ne lui apparaîtrait que comme une représentation. Mais il a sa racine dans ce monde, il s'y trouve comme iruiividUy c'est-à-dire que sa connaissance, qui est le support du monde comme représentation, dépend d'un corps dont les affections sont le point de départ de nos intuitions du monde. Ce corps est, pour le sujet purement pensant, une représentation parmi d'autres représentations, un objet parmi d'autres objets ; les mouvements et les actions de ce corps ne sont connus du sujet purement pensant que comme les changements de tous les autres objets sensibles ; et ils lui seraient aussi étrangers, aussi incompréhensibles, si leur signification ne lui était pas révélée d'une autre manière. Il verrait ses actes suivre les motifs, avec la constance d'une loi naturelle, comme le font les autres objets qui obéissent à des causes de diverses espèces. Il ne comprendrait pas plus l'influence des motifs que le lien de tout autre effet avec sa cause. Il pourrait à son gré nommer force, qualité ou caractère l'Intime et incompréhensible essence de ses actes ; mais il n'en saurait pas plus long. Il n'en est pas ainsi : il y a un mot, qui explique l'énigme du sujet de la connaissance : ce mot c'est Volonté. Ce mot, et ce mot seul lui donne la clef de lui-même comme phénomène, lui en révèle le sens, lui montre le ressort intérieur de son être, de ses actes, de ses mouvements. Ce que chacun cormatt immédiatementy c'est ce qu'exprime ce mot volonté. Tout acte véritable de la volonté est immanquablement aussi un mouvement de son corps ; il ne peut vouloir l'acte réellement sans percevoir, en même temps, que cet acte se manifeste comme mouvement du corps. L'acte volontaire et l'action du corps ne sont pas. deux états, différents objectivement, et reliés par le lien de la causalité : il n'y a pas entre eux un rapport de cause à effet : ils sont une seule et même chose, donnée seulement de deux manières totalement différentes, d'une part immédiatement, d'autre part dans l'in-

tuition intellectuelle. L'action du corps n'est autre chose que l'acte de la Volonté objectivé, c'est-à-dire manifesté dans l'in-

tmtion Ce n'est que pour la réflexion que faire et vouloir

diffèrent ; en réalité ils sont un... Pour conclure, le fond de notre être, c'est la volonté; sa manifestation immédiate, c'est k corps.

Par suite nous devons chercher à comprendre la natnre d'après nous-mêmes et non pas nous-mêmes d'après la nature.

J'ai choisi ce mot Volonté faute de mieux, comme denominatio apotmiy en donnant au concept de Volonté une extension

plus grs^nde que celle qu'il avait eue jusqu'ici On n'avait

pas reconnu jusqu'à ce jour Tidentité essentielle de la Volonté avec toutes les forces qui agissent dans la nature, et dont les manifestations variées appartiennent à des espèces dont la Volonté est le genre. On avait considéré tous ces faits comme hétérogènes. Par suite il ne pouvait exister aucun mot pour exprimer ce concept. J'ai donc dénommé le genre d'après l'espèce la.plus élevée, d'après celle dont nous avons la connaissance immédiate en nous, laquelle nous conduit à la connaissance immédiate des autres.

Le Monde comme volonté et représentation^ I, livre ii, § 18 et suiv. — La Volonté dans la nature ^ p. 19-24.

IV. — La volonté ne se ramène pas à la force, c'est la force qui se ramène

à la volonté.

Jusqu'ici on a ramené le concept de Volonté au concept de force ; je fais le contraire et je considère toute force naturelle comme une volonté : qu'on ne croie pas que c'est là une vaine dispute de mots : c'est un point qui est au contraire de la plus haute importance, carie concept de force a pour base, comme tous les autres, la connaissance intuitive du monde objectif; c'est-àdire le phénomène, la représentation, et c'est de là qu'il vient. Il est tiré du domaine où régnent les effets et les causes. Il représente ce qu'il y a d'essentiel dans la cause, ce point oii l'expUcatiofl par les causes s'arrête ne pouvant plus rien éclairer. — An contraire le concept de Volonté est le seul, entre tous, qui n'a ^ sa source dans le phénomène ni dans la pure représentation in* tuitive, mais qui vient du dedans, qui sort de la conscience àt chacun ; dans lequel chacun reconnaît son propre individu, '^' médiatement, sans forme aucune, même la formedu sujet et Tobj^*

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car là ce gui connaît et ce qui est connu coïncident. Si donc nous ramenons la force à la volonté, nous ramenons Finconnu à une chose beaucoup plus connue, à la seule chose immédiatement connue, ce gui étend beaucoup notre connaissance. Ramenonsnous au contraire, comme on l'a fait jusgu'ici, le concept de Volonté à celui de force ^ nous abandonnons Tunigue connaissance immédiate gue nous ayons du monde ; nous la laissons se perdre dans un concept abstrait tiré des phénomènes.

Le Monde comme volonté, ïbii., g 32.

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