‹ Extraits des grands philosophesChapitre 281 sur 331 · IX. — Sur l'origine du langage · texte numérisé non relu

IX. — Sur l'origine du langage

Il est bien évident que ces sons inarticulés, comme ces mouven^ents quelconques que l'enfant, en commençant à devenir homme, s'approprie à titre de personne agissante et^instilue par

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là mêmes eigao^, il ne les a p^s inventés qw créési arbitr^rement, mais il les a trouvés tout faits, donnéf par la naimpfi f^vi par Dieu, e( qu'il les. tourne seul^meml; à son nsage, mw^Q des choses dont il dispose quoiqu'il ne les aU P^^ faites t

Cette appropriation des premier^ pqqs de la yoi^ corowe de tous les monveînents pppntané^ à l'afitivité du tf^oi ou h la volonté qui s'en eippare, ^st la vraie origine psychplpgiqnq du langage ; origine qui laisse entièrement de côté toutes les questions métaphysiques ou théologiques sur la création absolue du premier langage, révélé immédiatement par Dieu ou infus à l'âme humaine, comme les idées ou notions premières, universelles et nécessaires. En effet, que ee langage, comme ces idées^ poient faits par l'homme avec des matériaux donnés, ou qu'ils sojent appris, reçus du dehors par communication, toujours faut-il reconnaître les facultés intérieures exclusivement propres à l'homme, en vertu desquelles il apprend ou conçoit le. sens du langage. Et ces facultés ont un commencement d'exercice; elles naissent ou se développent suivant telle loi qu^il s'agit précisément de déterminer par des recherches ou par la comparaison des faits psychologiques. Car le sens, l'intelligence n^est pas dans le matériel et la lettre du langage, mais bien et uniqiiement dans l'esprit qui entend et conçoit ce langage.

(Œuvres inédites de Maine de Biran^ tome IIl. Opinion de M. de Bonald sur Vorigine du langage, p. 274, 276:

X. — Les trois vies ; la yie sensible, la vie intellectuelle et la yie mystique.

L'homme est intermédiaire entre Dieu et la nature ; il tient à Dieu par son esprit et à la nature par ses sens, il peut s'identifier avec celle-ci, en y laissant absorber sqn fnQh sa personnalité, sa liberté, et en s'aban4pnnant à tous les appétits, & toutes les impulsions de la chair. [Il peut aussi, jus(ju*à un certain pQ|nt| s'identi^er avec Pipn, en absorbant son moi P?r l'p^ercice d'une faculté supérieure que Técole d'Àristote a méconnue entièrement, que le platonisme a d|stingnée g\ caractérisée, et que le christianisme a perfectionnée en la ramenant à son ^rai type.

L'abgorption en Dieu, îa perte du sentiment du rnoi ^t l'identification de ce moi avec son objet réel, absolu, unique, n'est pas ^absorption de la substance de l'âme ou de ia force absolue qui

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pense et veut. Leibnitz a mal à propos accusé les quiétistes, en confondant le mpi et l'âme substance.

Il résulte de tout cela que le dernier degré d'abaissemenj comme le plus haut point d'élévation peuvent se lier à deux étal de l'âme où elle perd également sa personnalité ; mais dans 1' c'est pour se perdre en Dieu ; dans l'autre, c'est pour s'anéanti dans la créature. Œuvres inédites^ t. III, p. 515.

Il est nécessaire d'abord que le moi se fasse centre pour co nattre les choses et lui-même, qui se distingue de tout le reste mais quand la connaissance est acquise, apparaît l'idée d' fm plus élevée que ce qui est conçu par l'esprit et à laquelle moi lui-même se rapporte avec tout ce qu'il connaît ou pense.

Nos facultés affectives procèdent d'une manière inverse à celle de» ûicultés cognitives. Gomme le mot est le pivot et le pôle de celles-ci, le non-moi ou l'absorption du moi dans l'objectif pur est la condition première et le plus haut degré de celles-là. Pour connaître, il faut que le moi soit présent à lui-même et qu'il y rapporte tout' le reste. Pour aimer, il faut que le moi s'oubUe ou se perde de vue, en se rapportant à l'être beau, bon, parfait, qui est sa fia.

C*est par un principe infiniment supérieur à l'homme que nous pouvons ainsi nous élever entièrement au-dessus de nous-mêmes, au-dessus de l'homme concret. Ce principe qui est en nous, qui luit au dedans de l'homme, n'est pas l'homme concret, mais la partie divine qui est en lui et qui tend à se rejoindre à sa fio, a la source d'où elle émane. Œuvres inédites^ t. , p. 250.

Victor Cousin naquit à Paris en 1792. Elève brillant du lycée Charlemagne, il entra en 1810 à l'Ecole normale, qui venait d'être organisée. Au bout de deux ans il y devint maître. En 1815, il suppléa Royer- Collard à la Sorbonne. Dans un voyage en Allemagne, il nt connaissance avec Schelling et Hegel. Son cours ayant été suspendu par le pouvoir, et, quelques années après, l'Ecole normale ayant été dissoute, Victor Cousin fit paraître de 1822 à 1825 l'édition des Œuvres de Proclus, celle des Œuvres de Descartes et les premiers volumes de la traduction de Platon, Il fit aussi à cette époque un second voyage en Allemagne, pendant lequel il fut arrêté et enfermé comme suspect de carbonarisme. U chute du ministère Villèle en 1825 rappela dans leurs trois chaires Cousin, Guizot et Villemain. Cousin fit alors à la Sorbonne ses leçons sur l'histoire de la philosophie, et sur la philosophie de Locke. Après la révo- •♦ion de 1830, il devint directeur de l'Ecole normale ; en I8i0, il ar- »u ministère de l'instruction publique ; en 1848, il fut membre du U supérieur de l'instruction publique; en 1852, il prit sa retraite, l nç voulut plus sortir. Il mourut à Cannes en 1867.

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