‹ Extraits des grands philosophesChapitre 84 sur 331 · MARG-AURÈLE · texte numérisé non relu

MARG-AURÈLE

se privera soi-même de cette lumière quand on négligera de 'en laisser pénétrer.

Ce n'est pas dans ce qu'il éprouve, mais dans ce qu'il fait, qu^ msistent le bien et le mal de Tôtre raisonnable et né pour la àété ; conmie aussi la vertu et le vice, chez lui, consistent non la passion, mais dans Taction.

Tranquillité d'âme dans les choses qui proviennent de la cause ieure ; justice dans les actions dont tu es toi-même la cause : veux dire que tout désir, toute action, ne doit avoir d'autre but le le bien de la société.

xxm.

0 mon âme, seras-tu quelque jour enfin bonne, simple, et ^Ute nue, plus visible à Tœil que le corps qui t'enveloppe ? Goûtu enfin le bonheur d'aimer, de chérir les hommes ? Serasun jour enfin assez riche de toi-même pour n'avoir aucun besoin, aucun regret, vivant avec les dieux et les hommes dans Uie telle communion que jamais tu ne te plaignes d[eux et que àmais ils ne te condamnent ?

Rester ce que tu as été jusqu'à ce jour, mener encore cette ie pleine d'agitation et de souillures, c'est n'avoir plus aukun sentiment, c'est être esclave de la vie, c'est ressembler à ses bestiaires à demi dévorés qui, tout couverts de blessures et le sang, demandent avec prières qu'on les conserve pour le lenlemain, où ils seront pourtant à la même place, livrés aux mêmes ^les et aux mêmes dents.

, Une araignée est fière quand elle a pris une mouche ; tel ime s'enorgueillit d'avoir pris un levraut^ tel autre, des sar-

les au filet ; tel autre, des Sarmates. Ceux-ci ne sont-ils pas tussi des brigands si l'on examine bien les principes qui les

lident?

138 PHILOSOPHIE ROliAINE.

0 nature, donne-moi ce que tu veux ; reprends-moi ce qm veux I

La terre aime la pftiie; l'air divin aime aussi la pluie. Le mo aime à faire ce qui doit arriver. Je dis donc au monde : J'aim( que tu aimes.

xxvni.

Quelqu'un me méprise : c'est son affaire. Pour moi, je prenc garde de ne rien faire ou dire qui soit digue de mépris.

La bienveillance est invincible, pourvu qu'elle soit sinci sans dissimulation et sans fard. Car que pourrait te faire le { méchant des hommes, si tu persévérais aie traiter avec douce Si,^ dans l'occasion, tu Texhortais paisiblement et lui dom sans colère„ alors qu'il s'efforce de te faire du mal, des leç comme celle-ci : c Non, mon enfant I nous sommes nés p c autre chose. Ce n'est pas moi qui éprouverai le mal ; c'est « qui t'en fais à toi-même, mon enfant ! »

S'il n'y a dans le monde que confusion pure et sans m( rateur, qu'il te suffise, au milieu de ce flot agité des cho d'avoir en toi-même un esprit qui te guide. Que si le flot t' porte avec lui, eh bien 1 qu'il entraîne cette chair, ce souffle, le reste ; il n'emportera pas l'intelligence.

Quoi ! la lumière d'une lampe brille jusqu'au moment où s'éteint, et ne perd rien de son éclat ; et la vérité, la justice tempéranoe qui sont en toi s'éteindraient avant toi i

PenséeSr passif»^ trad. Pierroa.

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