‹ Extraits des grands philosophesChapitre 86 sur 331 · I. — La beauté sensible. La nature, ses caractères · texte numérisé non relu

I. — La beauté sensible. La nature, ses caractères

eauté est quelque chose qui est sensible au premier aspect, âme reconnaît comme intime et sympathique à sa propre ^e, qu'elle accueille et s'assimile. Mais, qu'elle rencontre un difibrme, elle recule, le répudie et le repousse comme ;er et antipathique h sa propre nature. C'est que, Tàme telle qu'elle est, c'est-à-dire d'une essence supérieure à es autres êtres, quand elle aperçoit un objet qui a de l'afavec sa nature ou qui seulement en porte quelque trace,

réjouit, elle est transportée, elle rapproche cet objet de sa i nature, elle pense à elle-même et à son essence intime. I similitude ; a-t-il donc entre le beau sensible et le beau gible ? car oa ne saurait méconnaître cette similitude, lent les objets sensibles peuvent-ils être beaux en même

que les objets intelligibles ? C'est parce que les objets senpartieipeni à unft forme.

140 PHILOSOPHIE ROBCAINE.

Tant qu'un objet sans forme, mais capable par sa nature de n voir une forme intelligible ou sensible, reste pourtant sans fii^ et sans raison, il est laid. Ce qui demeure complètement é\ à toute raison divine est le laid absolu. En venant se joindrai matière, la raison coordonne les diverses parties gui doivent poser l'unité, les combine, et par leur harmonie produit chose qui est un. Quand un objet est arrivé à Tunité, la réside en lui, et elle se communique aux parties aussi bien l'ensemble. Ainsi, elle se montre tantôt dans un édifice tantôt dans une pierre seule, dans les produits de Fart coi dans les œuvres delà nature: c'est ainsi que les corps deviei beaux par leur participation à une raison.

Plotin. EnnéadeSj trad. Bouillet, 1. 1, p. 100.

II. — Gomment nous jugeons la beauté sensible en la comparant

à la beauté intérieure.

Comment ce qui est corporel peut-il avoir quelque liaismi ce qui est supérieur aux corps ? Comment, par exemple, Ti tecte peut-il juger beau un édifice placé devant ses yei le comparant avec l'idée qu'il a en lui ? N'est-ce pas parce l'objet extérieur, abstraction faite des pierres, n'est autre que la forme intérieure (1) divisée sans doute dans Têt de la matière, mais toujours une, quoique se manifestant d| le multiple ?... ^

C'est ainsi que l'homme de bien, apercevant dans unj< homme le caractère de la vertu, en est agréablement parce qu'il le trouve en harnionie avec le vrai type de la qu'il a en lui. C'est ainsi que la beauté de la couleur, simple par sa forme, soumet à son empire les ténètarei' la matière, par la présence de la lumière, qui est une eU incorporelle, une raison, une forme. Voilà encore pourquoi M est supérieur en beauté à tous les autres corps ; c'est qu'il]! à regard des autres éléments le rôle de forme ; il occopll régions les plus élevées ; il est le plus subtil des corps, pi qu'il est celui qui se rapproche le plus des êtres incorporels ;cll encore le seul qui, sans se laisser pénétrer par les autres od las pénètre tous ; il leur communique la chaleur sans se re£m il poidède la couleur par son essence même, et c'est loi q«

1. C'ont-à-diro l'idée intérieure ou type réalisé dans l'âme. i

dque aux autres ; il brille, il resplendit parce qu'il est 16. Le corps où il ne domine pas, n'offrant qu'une teinte 8, n'est plus beau. C'est ainsi, enfin, que les harmonies les sons produisent les harmonies sensibles, et donnent Tâme ridée de la beauté, mais en la lui montrant dans I ordre de choses.

ce que nous avons à dire des beautés sensibles, qui, dessur la matière comme des images et des ombres, l'emit et ravissent par là notre admiration.

Plotin. EnnéadeSy ibid.

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