III. — La beauté morale
Dt les sens dans leur sphère inférieure, élevons-nous ant à la contemplation de ces beautés d'un ordre supémt les sens n*ont pas l'intuition, mais que l'âme voit et sans le secours des organes.
me qu'il nous aurait été impossible de parler des beautés 3 si nous ne les avions jamais vues ni reconnues pour nous eussions été à leur égard semblables à des hommes ( de naissance, de même nous ne saurions rien dire ni de é des arts, des sciences et des autres choses de ce genre l'étions déjà en possession de ce genre de beauté; ni de deur de la vertu si nous n'avions contemplé la face de la (t de la Tempérance, devant l'éclat de laquelle pâlissent lu soir et celle du matin. 11 faut contempler ces beautés siculté que notre âme a reçue pour les voir ; alors, à leur lous éprouverons bien plus de plaisir, d'étonnement, d'ad- I, qu'en présence des beautés sensibles, parce que nous autuitiondes beautés véritables. Car devant ce qui est beau, ments qu'on doit éprouver sont l'admiration, un doux nent, le désir, l'amour, un transport mêlé de plaisir. Lt les sentiments que doivent éprouver et qu'éprouvent pour les beautés invisibles presque toutes les âmes, mais irtout qui sont les plus aimantes : c'est ainsi que, placés nce des beaux corps, tous les hommes les voient, mais e également émus ; les plus vivement émus sont ceux isigne sous le nom d'amants.
ogeons donc sur ce qu'ils éprouvent ces hommes qui ont ur pour des beautés qui ne sont pas corporelles. Que resous en présence de nobles occupations, de bonnes mœurs*
PHILOSOPHIS ROMAINE.
d'habitudes de tempérance, et en général en présence d'actes de sentiments vertueux, de tout oe gui constitue la beauté âmes ? Que ressentez- vous quand vous contemplez votre intérieure ?D*où viennent vos transports, votre «nthoi D'où vient que vous souhaitez alors vous unir à vi et vous recueillir en vous isolant de votre corps? Car là ce qu'éprouvent ceux qui aiment véritablement. Hmki donc cet objet qui vous cause ces émotions? Ce n'est ni figure, ni une couleur, ni une grandeur queloomqne ; c'est âme invisible, qui possède une sagesse également invisible, âme en qui on voit briller la splendeur de toutes les vertus, on découvre en soi ou que l'on contemple chez les autres la deur du caractère, la justice du cœur, la pure tempérance,^ valeur à la figure imposante, la dignité et la pudeur à lad< ferme, calme, imperturbable, et par-dessus tout rinteHij semblable à Dieu et éclatante de lumière. Quand noue ravis d'admiration et d'amour pour ces objets, par qudle les proclamons-nous beaux ? Us existent, ils se nianifc celui qui les verra ne pourra jamais s'empêcher de dire sont des êtres véritables. Or, que sont les êtres véritaUeil sont beaux. Plotin. EnnéadeSy trad. Bouillet, t. I, p. VA^\