‹ Extraits des grands philosophesChapitre 92 sur 331 · III. — Le Bien un · texte numérisé non relu

III. — Le Bien un

Soit que je divise ou que je réunisse, c'est l'unité que j'aime et que je veux. Onand je divise, c'est pour avoir l'unité pure, et quand je réunis, c'est pour l'avoir totale.

Enlevez tel ou tel bien particulier, et voyez le Bien même si vous pouvez ; ainsi vous verrez Dieu, qui n'est pas bon par un autre bien, mais qui est le Bien de tout ce qui est bon. Nous ne dirions pas qu'une chose esf meilleure qu'une autre, en jugeant avec vérité, si nous n'avions pas la notion du Bien en soi impriniée dans nos âmes, sur laquelle nous réglons nos approbations et nos préférences. Ainsi il faut aimer Dieu, non tel ou tel bien, uiais le Bien même. II faut chercher pour l'âme un bien autour duquel elle ne voltige pas pour ainsi dire par la pensée, mais auquel elle s'attache par l'amour... Ce bien n'est pas loin de chacun de nous : en lui nous vivons, nous nous mouvons et nous sommes.

Saint Augustin. De Ordin.^ 1 ; de Trinitate, Vlll, 3.

152 PHILOBOPHIE CHRÉTIENNE.

rV. — La Providence et l'Optimiime. » Le Mal.

Il n'y a aucune nature mauvaise, et le mal n'est qu'ai privation du bien ; mais depuis les choses de la terre jusqu celles du ciel, depuis les visibles jusqu'aux invisibles, il en e qui sont meilleures les unes que les autres, et leur existence toutes tient essentiellement à leur inégalité.

Que personne ne cherche une cause efficiente de la mauvais volonté. Cette cause n'est point positive, efficiente, mais négativi déficiente, parce que la volonté mauvaise n'est point une actioi mais un défaut d'action (1). Déchoir de ce qui est souvera nement vers ce qui a moins d'être, c'est commencer à avoir un mauvaise volonté. Or, il ne faut pas chercher une cause efficient à cette défaillance, pas plus qu'il ne faut chercher à voir la nu ou à entendre le silence. Ainsi, que personne ne me demande c que je sais ne pas savoir, si ce n'est pour apprendre de moi qu'o ne le saurait savoir.... « Ce que je sais, c'est que la nature de Die n'est point sujette à défaillance, et que les natures qui ont él tirées du néant y sont sujettes; et toutefois, plus ces natures oi d'être et font de bien, plus leurs actions sont positives et ont 6 causes positives et efficientes ; au contraire, quand elles défaillea et par suite font du mal, leurs actions sont vaines et n'ont qu des causes négatives. Je sais encore que la mauvaise volonté n'ai en celui en qui elle est que parce qu'il le veut, et qu'aini on punit justement la défaillance, qui est entièrement voloi taire. » Saint Augustin. Ibid.

1. Voilà rorlRine de la fameuse maxime scolastique, souvent citée ( approuvée par Leibniz dans ses Essais de Théodicée :

Malom causam habet non efûcientem, sed deûcientem.

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