CHAPITRE PREMIER
Phllosopliie du moyen kge.
SCOT BRIGÈNE.
^t Ërigène, c'est-à-dire rirlaadais (ix^ siècle), appelé par Charles le Chauve à TÂcadémie palatine, persécuté ensuite pour hérésie, passa à Oxford sur l'invitation d'Alfred le Grand. Son érudition était prodigieuse
^ pour l'époque : il savait parfaitement le grec, et peut-être l arabe. Par
I sa traduction de Denis TAréopagite, il contribua à répandre dans les écoles les idées néoplatoniciennes dont Debis TAréopa^ite n'est que
" l'écho. Selon Scot Erigène, comme selon Denis et les néoplatoniciens. Dieu est l'être dans son absolue unité, sans division et sans détermi-
. nations négatives; le monde est l'être divisé et limité ; la création est une division et une analyse de ce qu'enferme l'unité divine. De là le titre du principal livre écrit par Scot: De Divisione naturœ.
c Quand on nous dit que Dieu fait tout, nous devons comprendre ^ue Dieu est dans tout, qu'il est l'essence substantielle de toutes les choses. Seul, en effet, il possède en lui-même les conditions véritables de Têtre, et seul il est en lui-même tout ce qui est au jrSein des choses auxquelles à bon droit on attribue Texistence. lUen de ce qui est a'esb véritablement par soi-même ; mais Die'^ Beul, qui seul est véritablement par lui-même se partageant outre toutes les choses, leur communique ainsi tout ce qui ^pond en elles à la vraie notion de l'être. »
Scot Erigénb. De Divisione naturœ, I, ch. lxxii.