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164 EXTRAITS d'auteurs ARABES
d'avoir embrasse la secte des philosophes (1). «Par la n conde, je yeax que tu mettes à ma disposition les troupes » dont l'ai besoin dans la guerre sacrée (la guerre contre les » chrétiens) ; car voilà que tu règnes sur une vaste étendue 9 de pays , et tu laisses en paix les Grecs tes voisins ; tu ne n leur fais pas la guerre; bien au contraire ^ tti traites avec 9 eux. Ou il faut que tu m'envoies une partie de ton armée » pour que je l'emploie contre les chrétiens , ou tu ne peux 9 pas te dispenser de tomber sur les Grecs pour ^agrandir à 9 leurs, de'pens. » Kilig-arslan repondit ; u Je vois bien que 9 Noureddin en veut sur-tout aux mécreans : qu'à cela ne 9 tienne ; je ferai ma profession de l'islamisme. » On fut donc bientôt d'accord et l'harmonie se rétablit
Ce passage remarquable nous montre clairement le caractère et les vues de Noureddin. On y voit d'abord que ce prince faisait de la guerre contre les chrétiens , tant Grecs que Lar tins y une veVitable guerre de religion. A ses yeux ^ il n'était pas nécessaire d'avoir quelque grief politique à leur opposer , des intérêts à défendre, une agression étrangère à repousser; il suffisait qu'ils fussent chrétiens^ et qu'on fut assez fort pour les écraser. Par une suite de cette même disposition, ii se montra dur envers les chrétiens ses sujets. Telle était la manière de voir de Noureddin; telle fut plus tard ceUe de Sdfadîn, du moment que celui-ci fut entièrement maître d'agir. Il ne se départit de cette conduite qu'envers les chrétiens orientaux ses sujets , qu'il traita avec douceur et humanité. D'après les principes religieux des mahométans, c'est un devoir pour eux de faire la guerre, et une guerre sans relâche , aux chrétiens ou à tout peuple d'une autre religion que la mahométane r c'est ce qulb entendent par la guerre sacrée (9).
Ce passage nous montre encore que Noureddin était dans Fusage d'exiger des princes ses tributaires une espèce de con-
(l) Les masulmans donnent le nom dt pkélassefé, on philosophe!, à ceux d'entre eax qui , rejetant TAIcoran , ne reconnaissent d'antres lumières que celles de la raison , et admettent ce qui leur plah des opinions des philosophes , à quelque religion qu ils aient appartenn d'ailleurs.
(s) Voyez le Tableau de l'empire ottoman, par Monradgea d*Ohjson , tome VI de l'édition in-S^ pag. 50 et suiv.
RBLATIF8 ADX CROISADES. 165
iingeDt pour ses guerres contre les chrétiens. En cela ii fut aussi imité par Suadio. Mais revenons au portrait de Noureddrn ; Fauteur arabe reprend ainsi :
tf Uo des beaux c6tés de Noureddin, «Vtait sa conduite envers les soldats (l) : quand un soldat mdtiraît et qu'il laissait Qn (ils y on investissait le fils du fief occupe par son père, et il Padministrait lui-même y s*il était en âge de le faire; s'il ne Fêtait pas, on lui adjoignait momentanément un homme intefligent qui le faisait pour lui. Grâces à cette institution, les soldats disaient : « Cest notre bien ; il passera a nos enfans; nous n le devons défendre même au péril de notre vie (9). » Ce fut là une des principales causes de la constance que les troupes deNonreddin montrèrent dans les combats et sur les champs de carnage. Le pri noe faisait tenir registre des noms de chaque uÀdaXy classés par compagnie; il était fait mention sur le rentre, des armes, des chevauir, &c. Par-là, il n'était pas à craindre que les émirs , par avarico et cupidité, négligeassent d'entretenir sous les drapeaux le nombre d'hommes qu'ils devaient fournir , ni qu'ils détournassent une partie de l'argent affecté à cet objet. Noureddin disait à ce sujet : « A tout
L^XI €U o^^ :>U>VI t)l^ j^. o' cl\ o>»t dy^ o^^î^ Si'^ c^k^ Ux^ Jbliu ^ oJyf ^ JJ\ Uîjj
(s) On voit p«r-lk que Nonreddin fat le premier qui rendit les hén^ees miiiuires héréditaires. Jusque-^ ils n étaient- qa à vie ; ils étaient d'ailieurs administrés en régie , et le divan seul en avait la direction ( voyez çi-devant, pag. 8S ). Squ» Nqureddin, an contraire, ils Tarent à la disposition des titulaires euz-mâmes. Cest sans doute en conformité de cette institation , que Baladin établit aussi en Egypte des bénéfices héréditaires. On peut consulter, sur ce que Saiadin fit k cet égard en Egypte, les trois mémoires de M. Siivestre de Sacy sur le Système de la propriété foncière en Egypte, nouveaux Mémoires de f Académie des inscriptions.
166 EXTRAITS n'AUTEUIIS ARABES
» instant nous soounes à la v«iiie d'entrer en campagne : sf les » émirs négligent de, tenir leurs troupes au complet, il peut J9 arriver quelque grand malheur à l'islamisme. 9 Hélis ! sVcrie fauteur, il n'avait que trop raison de penser ainsi; car nous avons vu après sa mort toutes ses craintes se vé' rifier. •
. ft Ce que Noureddin a fait pour l'islamisme est immense. Cest hii qui a fait reconstruire toutes les forteresses de Sytie^ Alep, Hamah, Emesse, Danuis, &c. De plus, il bâtit plusieurs collèges à Damas, Alep, &c, II e'Ieva également plusieurs belles mosque'es ; celle qu'il fit bâtir à Moussoul est un modèle pour la beauté et la solidité'. Ce qu'il y eut de singulier dans la construction de cette mosquée, c'est qu'il en avait remis h direction à un scbéikh nommé Omar, homme de bien. On fit observer à Noureddin que ce scbéikh n'était guère {iropre à une pareille commission ; mais il répondit :« Quand je confie 9 ces sortes d'entreprises, a un émir ou à un homme de plume, 9 il leur arrive souvent de retenir l'argentpour eux,.et iamo» 9 quée reste imparfaite. Au moins je suis sur que celui-ci ne 9 me trompera pas. Daus tous lesxas ,. s'il pèche, la iauta en 9 sera à lui et non à moi. 9
« On est encore redevable a Noureddin de la fondation de plusieurs hôpitaux, entre autres du grand hôpital de Damas. Cet établiésement est très-vasle etxioté de riches revenus. J'ai été a même de voir par mon expérience qu'il n'a pas été fait seulement pour les indigens, mais pour tous les musulmans en général , riches et pauvres. Une fois que je revenais tout malade d'un pèlerinage a Jérusalem fje demandai un médecin ; on m^adressa à celui du grand hdpitai. Je me rendis surJe-champ à l'hôpital, et je trouvai le médecin qui écrivait des ordonnances. Du plus loin qu^I me vit, il vint a moi d'un air riant,, et me demanda ce que je voulais; je lui expliquai mon mal. Aussitôt il écrivit une recette , puis il prépara des médicamens et me dit : « Mon apprenti va vous les 9 porter. « -« 0 Mais, lui dis-je, Dieu merci, je puis bien me 9 passer de vos drogues ; je suis assez riche pour ménager le 9 bien des pauvres. » A ces mots , le médecin me regarda et dit : «t Eh ! Monsieur (l) , je ne doute pas que vous ne puissiez 9 vous passer de nos drogues ; mais ici personne ne dédaigne — ■ — -•
(1) c/^ Ir? .
» les bienfaits de Nonreddin. Par Dieu! il n'y a pas jusqu'aux » enfaos de Saladin et à ses e'mirs qui n'envoient chercher 9 leurs me'dicamens a cet hâpital. n — u J'ignorais cela , » repris-je. » II répliqua : « Cest que Noureddin a touIu être a utile à tous les musulmans', riches et pauvres, n
a Cest encore Noureddin qui a bâti les khans o'u hâtdlertes le long des grandes routes. Maintenant on peut ▼ojager ensurete, et Ion sait où déposer ses effets (l). Il fit aussi construire des tours et des lieux d'observation le long des frontières. Au moindre mouvement de l'ennemi y on iiehait un pigeon , et les musulmans avertis se mettaient sur leurs gardes. Ce fut là une très-bonne ide'e de Noureddin et une des plus utiles : Dieu lui fasse miséricorde !
«r II construisit pareillement, dans plusieurs de ses provinces ^ des hérmitages et des monastères pour les sophis. Il aflfecta à l'entretien de ces religieux des terres considérables, et leur assigna de bons revenus. Son plaisir était de converser avec les chefs de moines : il les appelait auprès de lui , les recevait d'un air ouvert, les traitait avec respect; du plus loin qu'il les apet^cevait, il se levait par égard pour eux, il les embrassait, les faisait asseoir à ses côtés sur le même sofa. II marquait les fnémes égards aux docteurs de la loi , aux oolamas, tant il avait une haute idée de leur dignité, tant étaient grands le respect et l'estime qu'il leur portait. Quelquefois il les réunissait chez lui , et alors l'entretien roulait sur quelque matière de religion. Aussi les dévots et les gens pieux accoururent auprès dejui des pays les plus éloignés; il en vint même du Corassan et d'autres régions. En un mot, les gens pieux eurent la plus haute place dans l'esprit du prince, la place la plus honorable. Ce fut au point que les émirs en devinrent jaloux; plusieurs fois ils se plaignirent à Noureddin, et cherchèrent à noircir' ces religieux dans son esprit. Ces discours af&igèrent beaucoup le prince. Si l'on venait à relever devant lui quelque faute des sophis , il disait : « Mais 9 quel est l'homme impeccable ? II n'y a d'impeccable que celui « qui a fait son temps (S), n
(l) L'hiver on concbe dans ces hételleries ; Xéié on dort en plein air. Ce sont fea mêmes ëdifices qu*on appelle plus ordinairement carapanserais.
(t) Cest-à-dire , probablement , celui qui est mort.
168 BXTBAITS D^AUTECiMI^ ARABES
A J'ai OUÏ dire qu'an jour qu'un Je ses émirs tÎAt un propos outrageant sur le compte de l'imam Kotb-eddin , Noureddin se fâcha et dit : «r Mettons que ce que tu dis soit vrai : cet n imam a de quoi couvrir les fautes que tu lui imputes , et » bien d'autres encore; je veux dire sa science , sa piété: mais fi toi et tes pareib, vous avez le double des défauts que tous J9 attribuez à l'imam , et vous n'avez rien qui vous les fasse 9 pardonner. Si tu avais du bon senS| tu t'occuperais de tes j» propres faiblesses et non de celiçs des autres. Quoi ! je 9 veux bien supporter vos sottises, qui ne sont compensées n par aucune vertu, et je ne supporterais pas celles de cet » imam, supposé qu'elles soient réelles, lorsqu'elles sont ran chetées par tant de bonnes qualités? Mais il j a plus : par n Dieu! je ne crois pas un mot de ce que tu dis, et qu'il ne n t'arrive plus de parler de la sorte; car je te châtierais aévè- • rendent, n
a n fonda à Damas un^collége où l'on enseignait la science des traditions (l) , et affecta des biens considérables à Fentretien des maîtres et des élèves. II est le premier, à notre connaissance, qui ait créé un établissement de ce genre. II érigea aussi dans ses états des écoles pour les orphelins , et pourvut a la subsistance des maîtres et des élèves. Dans plusieurs des mosquées qu'il bâtit, il établit des fondations pour ceux qui devaient y lire l'Alcoran, et il dota les orphelins chargés de ce ministère. Cest encore le premier exemple de ce genre (9).
u n était naturellement grave et d'un maintien qui en imposait. II était, comme on dit, sévère sans dureté, et bon sans faiblesse. En un mot, il réunit en lui ce qu'on ne vit jamab
(i) On appelle ainsi les paroUs sorties de la bouche de Mahomet Ces paroles sont très-respectées, et les musnhnans en font chaque joar Tapplication aux détails de la vie; elies font autorité dans la morale et le dogme. Voyez notre Description des Monumens musulmans du cabinet de M. le duc de Blacas, 1. 1 , p. 68.
(s) L'auteur ajoute qu'à Tépoque on il ëcrivait, c'est-à-dire en l'anne'e 608 de i'hëgire [isii de J. C], les revenus des fondations pieuses instituées par Noureddin s'élevaient à la somme de neuf mille pièces d'or de Tyr par mois, et que, de tout cet argent, il n*j en avait pas une seule partie qui ne provînt d'un bien légitime , soit pour le fond , soit pour la forme , puisqu'il provenait de la part de Noureddin au butin fait sur les Francs.
RBLAtm» AUX CROI0ADB0. 169
dans un autre, et se fit également respecter de tout le monde. Par exemple, aucun émir n'eut ose s'asseoir devant lui, s'il n'en ayait donne l'ordre. II ne faisait d'exceptions à cet e'gard que pour Ajoub, père de Saladin. Et pourtant, maigre tant de grandeur, du moment qu'il apercevait un docteur de la loi, un sophî, un faquir, il se levait pour lai faire honneur, n courait au-devant de lui, le faisait asseoir à ses câtés, faisant pour lui ce qu'il eut fait pour une personne de sa propre famille. S'il lui arrivait de répandre quelque grâce sur un homme de cette espèce, il disait : « Oh ! pour ceux-là, ils » ont droit aux faveurs du gouvernement : quand ils nous n demandent quelque chose, c'est qu'ils en sont dignes. »
«Ses fâtes et assemblées étaient telles qu'on dit qu'étaient celles de notre prophète Mahomet, c'estrà-dire qu'elles réunissaient la politesse des manières à une extrême retenue. Les femmes (l) en étaient sévèrement biuinies. On j parlait.de matières de sciences ou de religion , ou de quelques traits de piété , on encore de la guerre à faire aux infidèles. Mais les choses changèrent de face après la mort de Noureddin. J'ai ouï dire que lorsque Saladin fut maître de Damas, un jour que le hafez (S) Aboul-cassem se trouvait à une de ses fêtes, il entendit des discours d'une inconvenance et d'âne grossièreté qui passaient toute mesure. En vain il esaja de lier conversation avec Saladin, comme il faisait naguère avec Noureddin ; il ne put jamais se faire entendre. Tous parlaient à-Ia-fois et personne ne voulait écouter. Abouwïassem, dégoûté, se retira chez lui; et comme Saladin le pressait de venir à ses assemblées, il lui répondit : « En • vérité , je suis dégoûté de vos assemblées. Quand je suis 9 chez vous, je me crois chez quelque misérable. On n'écoute 9 pas celui qui parle ; on ne répond pas à celui qui adresse n la parole. Hélas! ces réunions présentaient un aspect bien 9 différent sous Noureddin ; nous étions devant lui comme
(l) Mj^ . Ce mot pourrait se dire e'galement de tout objet défendu par la^ religion; car, chez les musalmaus, les motA femme et objet défendu peuvent se dire Tan pour Fautre.
(s) On appelle ainsi celai qui a appris TAIcoran par cœur. Les musulmans attribuent de grands avantages à ce titre. On peut consulter notre Descr^tion des Monumens musulmans du cabinet de M, le ducdeBlacas, t. II, p. sis et suiv.
170 EXTRAITS D'AtTEDIUI ARABBB
» quelqu'un qui aurait Foiseait sur la tSte (l). Quand il par- 9 lait, nous ['écoutions en silence; et si nous iui adressions f> la parole, il 7 prétait attention, n En conséquence, Saladin ordonna à ses émirs d'être désormais plus réservés devant Aboul-cassem. Mais en voilà assez pour montrer combien il régnait d'ordre chez Noureddin , jusque dans les moindres détails du gouvernement.
cr II nous reste à parler do son amour pour la religion , et de son zèle à la maintenir dans sa pureté. H donnait à cet objet un soin tout particulier^ allant sur-Ie-ohamp au remède, et ne laissant pas aux novateurs le temps de propager leurs mauvaises doctrines. II était inexorable sur ce point , disant : tf Quoi! nous veillons à la sûreté des routes contre les voleurs » et les brigands, bien que le mal qui en provient ne soit 9 que secondaire, et nous ne défendrions pas la religion! n Nous ne la préserverions pas de toute atteinte , elle qui est n la base de tout ! n Un jour il apprend qu'il y avait à Damas un homme appelé Joseph, fils d'Adam, qui partageait Terreur de ceux qui assimilent Dieu à la créature (S)^ et qui , par un extérieur modeste et recueilli , cherchait ft faire des prosélytes. Aussitôt il le fait venir , le fait monter siir un ane, et ordonne de le promener par toute la ville, suivi de gens chargés de le souffleter, et d'un héraut qui criait :a Ainsi on ff récompense ceux qui prêchent l'erreur en matière de reli- « gion. » Ensuite il le bannit pour toujours de la ville.
Tel est le tableau que fait l'auteur de l'Histoire des Atabecs, des qualités de Noureddin. On conviendra qu'il a passé les bornes de la louange; et pourtant il est assez d'accord avec les auteurs chrétiens contemporains. Guillaume de Tjr, racontant la mort de Noureddin , s'exprime ainsi (3) : « Alors
(1) Cest-à-dire, aussi poses et d'an air aussi grrave que queIqu*ou qui tiendrait un oiseau perche' sur sa tête, ou sur lequel Toisean Tiendrait de lui-même se placer comme sur un corps sans vie. Cette expression est très-familièrc aux dcrÎTains arabes. On en trouvera l'explication dans Tédition de Hariri, par M. de Sacy, pag. 489. Voyez aussi la Vie de Saladin, par Boha-cddin, p. s 3 5, et d'Herbeloty Bibliothèque orientale, p. 7, 849 et 938.
(s) Ce sont les anthropomorphites » hërétiques du j^' siècle de fëgiise chrétienne , qui attribuaient à Dieu une forme humaine , des bras , des jambes , &c.
(3) Liv. XX, ch. 33.
BBJLAT1F8 AUX CROIgADBB. 171
monrut Noureddin , ie plus grand ennemi du nom chrétien ; aa demeuFMit^ prince juste , rusé^ stLse et religieux , suivant les principes de sa religion^.» Cependant, si Ton excepte les mosiilmans de Sjrie , perionpe ne regretta Noureddin , pas méaks les gens de sa famille , axaase de l'espèce de despotisme qu'il exerçait sur eux. Quand la' nouvelle de sa mort arriva en Mésopotamie, plusieurs mosnlmans furent dans la joie. On lit avec sttrprise, dans la Chronique syriaque d'Aboulfarage y que ie neveu de Noureddin , 8aif*eddin , prince de Moussoul, fat si saêififaît de cet événement, qu'il fit publier dans ses états la permission , pour tous ses sujets , de se divertir et de boirey«#^if a Vwrésêe. Ainsi passe la gloire du monde !
j xxîxn.
Bitoalioii de M^o* — Noatelle invasisa des chrétiens es Egypte.
Suite jh l'etnUe 369 [4474 de /. C.]. Nous laisserons d'abord parler l'auteuc de ÏHisioiré des Ataheos :
a Noureddin ne laissa en mourant qu'un fils nommé Maleksaleh Ismael , lequel n'avait pas^enoere atteint l'âge de puberté. Aussitôt Us émirs et. les ohafsdu gouvernement se dispu* tèrent Tautoriié: j'ai ouï' dire qUe;. dès que Noureddin eut rendu le depnier sou^r, Kema(<eddin assembla les émirs et leur dit : « Vous savea^ que Saladin a été jusqu'ici Je vassal de o Noureddin; il. est de itetca intérêt de ne rien faire sans le » consulter: jnous devons le traiter comme un de nous; autres o ment il se re'v<dtera, etveus savez qu'il est plus fort que 9 npua tous. J9 .Ces paroles ne firent aucune impression sur les émrt^\ au.ôQHtraire, ib craignirent que, si Saladin avait la moindi;e pactiitiK affaîresde là'Syrie, il ne finit par s'emparer de toutAi'ftntorité. Cependant MalekHsaleh reçut peu de temps après «ineiettire.de Saladin ,<dans laquelle pe lieutenant félicitait le prince sur^son ave'nement , et où il lui jurait obéissance. A la lettre étaient jointes quelques pièces d'or frappées au coiii du nouveau souverain."
m En ce moment, Saladin était fort inquiet sur la possession de l'Égyptie j une coôspiration tormidablc venait d'éclater contre. i}û, et {çs chrétiens se disposaient à faire une. nouvelle invasion. Ces evéneraens. sont ainsi racontés par Ibnalatir.
179 EXTRAITS d'aCTBDRS ARABES
« Un graod nombre d'Égyptiens, regrettant le gouvernement de leurs anciens califes, avaient forme le dessein de les rétablir. A la tête de la conjuration était un poète distingue de l'Arabie, appelé Omara; quelques soldats de Tarmée de Saladin s'unirent aux mécontens; les chefs du complot essayèrent même de mettre dans leurs intérêts les Francs de Syrie et de Sicile : « Accourez promptément » leur écrivirent* n ils ; plusieurs des soldats de Saladin sont d!acoord arec » nous : si Saladin sort du Caire pour vous combattre, ils » l'abandonneront a la première occasion ^ et nous nous 0 emparerons de la capiûde; si, au contraire, Saladin reste » dans la ville et se contente d'envoyer contre vous son » armée , nous nous jetterons sur lui et nous nous saisirons 9 de sa personne. «
u Tout fut convenu entre les cbrétiens et les Égyptiens; il ne restait plus qu'à voir arriver les Francs. Toutrà-coup, par un effet oe la bonté divine , un prédicateur de mosquée , appelé Zin-eddin , qui était de la conspiration , alla révéler le complot à Saladin. La division s'était élevée parmi les conjurés : on était d'accord sur le choix du cidife; miûs plusieurs émirs à-la-foîs préten<taient à la dignité de visîr. On remarquait parmi eux les enfans de ceux qui avaient déjà exercé cette dignité. C'est ce qui porta ie prédicateur Zin^ddin à se séparer des conjurés. Saladin iai ordonna d'usine de dissimulation et de faire comme s'il persévérait dans les inêmes dispositions, afin qu'il put se tenir au couratitde tout; Sur ces entrefaites, un député du roi de lérasaiemetaUt'vettU sdus les apparences de l'amitié , mais en effet pour s4 oeâoerCer avec les rebelles, Saladin le fit observer et s'assuri» de Ses desseins perfides. £n même temps, il fit arrêter les prineipaittoonfui>és, entre autres Omara, qui fut mis en croix (l). Les ^arens du dernier calife furent placés en lieu de surete >â Pégavd des soldats qui avaient trempé dans le complot, Saladi^ii "fit semblant de tout ignorer (S). Quand ia nouvelle de cesévéîieiiliefis ar-
(i) Ëmad-eddin cite au nombre des conjurés un chrétien arifiénien y astrologue de son métier, qui avait promis àTentreprise le plus heureux succès, et qui fut mis en croix comme les autres.
(2) II avait éclaté vers le même temps une terrible ipsuirectioD dans la Haute-Egypte. Malek-adel » frère de Saladin, fmi obligé de marcher avec une armée contre les rebelles : le plus grand nombre périt dans les supplices; le reste, effrayé, se soumit
RBLATIF0 AUX CROI8ADB8. ' 173
riva en Sjrie, les Francs n'osèrent pins remuer. Mais les chrétiens de Sicile se trouvaient déjà en mer^ et ils ne tardèrent pas à paraître à la vue d'Alexandrie. On était alors au 26 de douihaggia [fin de |ulllet]y deux mois seulement après la mort de Noureddin.
«r Celui qui régnait à cette époque en Sicile, se nommait Guillaume II. La flotte chrétienne se composait de deux cents narires remplis de guerriers (1) et de trente-six batimens destinés au transport des chevaux. Six autres vaisseaux portaient les machines , et quarante autres les provisions. Le nombre des guerriers se montait à cinquante mille fantassins et à quinze cents cavaliers. C'était le cousin du roi qui avait le commandement de l'expédition.
9 A la vue de cette flotte formidable, les habitans d'Alexandrie furent frappés de terreur. Les Francs abordèrent sans obstacles et se déployèrent autour de la ville. Alexandrie n'avait en ce moment qu'une faible garnison. On se hâta d'envoyer demander des secours à Saladin. Le premier jour, les habitans eurent à soutenir un combat qui dura depuis le matin jusqu'au soir; le lendemain le combat recommença avec une nouvelle fureur : mais déjà les troupes musulmanes qui gardaient les vifles voisines arrivaient successivement. Les habitans attaquèrent le troisième jour l'armée chrétienne en poussant de grands cris, et Dieu leur accorda la victoire. Ce combat dura jusqu'à la nuit. Au moment qu'ils rentraient, pleins de joie , il se présenta un courrier qui annonçait la prochaine arrivée de Saladin. Aussitôt les habitans, oubliant les fatigues de la journée , retournent à l'action ; on eut dit qu'ils avaient Saladin à leur tète y et que Saladin était témoin de leurs exploits. Les Francs furent mis en fuite ; leurs bagages pris. Plusieurs chrétiens qui essayèrent de regagner leurs vaisseaux a la nage, se noyèrent; enfin quelques-uns des vaisseaux furent, à la faveur de la nuit, percés par les musulmans et coulés bas. Restaient encore trois cents cavdiers chrétiens retranchés sur une colline; ils furent tous tués ou faits prisonniers. Ainsi Dieu délivra les musulmans de la mdice des
(l) On lit dans une lettre de Saladin au calife de Bagdad, qu'an nombre des guerriers chrëtiens étaient des Vénitiens, 43.>Uj> des Pisans, aX*»Uj, et des Génois, ^j ^xa^. Cette lettre se trouve dans la compilation des Deux Jardms. "
174 EXTRAITS d'acteurs ARABES
Francs; ainsi il enveloppa ces infidèles dans leurs propres filets.
,A Saladin se trouvant dès-lors rassure sur la possession de TEgypte, put donner toute son attention à i'etat de la Sjrie.
5 xxxm.
Nouvelle politique de Saladin. — Il s*empare de Damas et se renii
indépendant.
An 570 [ii74 et années suivantes].
Tandis que FËgjpte e'tait menacée d'un entier bouleversement, la Syrie et la Mésopotamie n'étaient pas plus tran* quilles. II est dit , dans V Histoire desAtahecs, que Noureddin j au moment de sa mort, avait appelé' en Syrie tes guerriers de la, Mésopotamie , afin de marcher avec les Syriens contre l'Egypte. A ia tête des troupes de la Mésopotamie était son neveu , Saif-eddin , prince de Moussoul. A peine Noureddin eut fermé les yeux , que son neveu prit possession des villes possédées par Noureddin au-delà de l'Euphrate. Les émirs de Syrie étaient uniquement occupés de leurs intérêts particuliers ; Saladin seul eut pu mettre obstacle à cette invasion ; mais les émirs ne songèrent pas même à l'instruire de ce qui se passait. Quand Saladin eut appris ces événemens , il écrivit une lettre pleine de reproches au jeune Malek-saleb. II en adressa une autre aux émirs, où iHeur disait: «.Noureddin n m'a confié le gouvernement de TÉgypte , parce qu'il n'avait 9> trouvé personne parmi vous en état de tenir ma place. Nul « doute que , s'il n'était pas mort si promptement, il ne m'eut f> aussi chargé de la conduite de son fils. Je vois bien que n VOUS voulez vous servir de l'amitié du prince a mon prén judice. Vous me forcerez d'aller à Damas pour lui faire ma n cour , et alors je vous traiterai comme vous méritez, n
Sur ces entrefaites, les Francs de la Palestine étant venus attaquer Panéas, les émirs de Syrie jugèrent plus convenable de satisfaire les chrétiens. Au rapport d'Ibn-alatir , ils envoyèrent aux Francs un député qui leur parla ainsi : « Rer> tirez-vous et vivons tous en paix : sinon nous appellerons le 9 prince de Moussoul ; nous nous adresserons également à n Saladin , qui est maître de l'Egypte , et vous serez attaqués n par tous les cotés. Vous savez que Saladin a craint jusqu'ici
RBLATIFS AUX CBOISADBS. 175
^ de faire cause commune avec NooreddiD ; mais aujourdiiuî ■*' il n'est plus dirige par la même politique ; et si nous le prions 9 de TOUS attaquer, il le fera avec empressement 9 Pour achever de persuader les Francs , on leur offrit une somme d'argent : les Francs comprirent combien ces raisons étaient justes ; ils acceptèrent l'argent et se retirèrent.
Cependant SiJadin, à la première nouvelle de l'invasion des chrétiens y s'«tait mis en marche avec son armée. Quand il sut que les émirs de Sjrie avaient eu recours aux négociations, il entra dans une grande colère et offrit au liis de Noureddin de tenir tête lui-même aux chrétiens. La vérité est y remarque l'auteur arabe, que Saladin cherchait pardessus tout une occasion de prendre les armes et d'envahir la Sjrie. Ce fut cette considération qui engagea les émirs à négocier ; car ils craignaient Saladin , et ils craignaient aussi Sajf-eddin,
Saladin écrivit, sur ces entrefaites, une lettre foudroyante aux émirs. Ibn-dboutaï nous Fa conservée; la voici : a Je « viens de recevoir la nouvelle du traite conclu avec les 9 Francs. Ce traité n'oblige que le souverain d'AIep et de 9 Damas , puisque les autres princes mosulmans n'j ont pas " pris part : et cependant les chrétiens sont nos ennemis 9 communs. On a fait servir à cet acte criminel les richesses « consacrées à la défense de la cause divine et au salut de 9 notre nation. C'est un crime contre Dieu , contre son pro- 9 phète, contre tous les hommes de bien. Quand cette nou- » vellenons est parvenue, nous sommes restés en suspens, ne 9 sachant si nous devions avancer ou reculer. Demeurer en 9 repos, c'était encourager les chrétiens des pajs non compris 9 dans le traité (l) a envahir aussi les terres musulmanes. 9 Licencier notre armée, c'était s'exposer à ne pouvoir la réunir 9 de noayeau. Cependant l'ennemi est toujours en haleine : il 9 ne dort pas; loin de reculer, il avance toujours. Semblable 9 au lion, il ne perd jamais sa proie de vue; son activité ne 9 se rdache pas. Si une fois notre peuple se met en colère, 9 il donnera des marques de son indignation. Toute notre 9 ambition est de sauver l'islamisme. Nous retiendrons notre
(i) n s*agit ici de la principantë d'Antioche et du coïkié de Tripoli. Le traite précédent ne regardait véritablement que le rojaosM proprement dit de Jérusalem.
1*76 EXTBAITS d'aUTBURS ARABES
9 armée sous les armes, de peur que i'énneraî , à la favenr de n l'argent que Vous lui avez donne, ne se jette sur les terres n musulmanes. Cet argent a sans doute augmenté ^on audace; 9 mais lorsqu'il saura que notre armée reste sous les dran peaux , il n'osera rien entreprendre. »
Cette lettre ne corrigea pas les émirs. L'esprit d'insubordination devint tel , que Malek-saleh , pour jouir de quelque tranquillité , quitta Damas et se retira dans .A|^p. Alors les émirs se jetèrent dans les bras du prince de Moussoul ; sur son refus, ils recoururent à Saladin. a Pour celui-ci, s'écrie l'auteur de l'Histoire des Atahecs, il n'bésita pas; il se mit tout de suite en route pour la Syrie, et s'empara de Damas. Il disait agir dans les intérêts du malheureux Malek-saleh, n'ayant d'autre intention que d'affiranchir ce jepine prince de la ôrrannie de ses* officiers et de lui rendre toute son autorité. Il se passa alors , continue l'auteur , bien des choses dont je fus témoin ; mais je n'en parlerai pas. C'est le cas de dire ce que disait quelqu'un , dans une circonstance semblable : Il arriva ce qui arriva; interprète-le en bien et ne m'en demande pas davantage, n
Ces paroles montrent la profonde douleur que l'auteur que nous citons éprouva de la ruine du fils de Noureddin. Pib d'un homme attaché au service de Zengui et de Noureddin, il ne put voir sans peine la chute de leur descendant; il s'indigna de la marche astucieuse de Saladin ; mais il n'a point osé exprimer sa pensée entière ; il craignait d'être en butte a la vengeance des princes de la famille de Saladin sous lesquels il écrivait. Aussi son récit , qui jusqu'ici nous a été si utile , perd dès ce moment la plus grande partie de son intérêt. C'est, au reste, le même auteur que nous avûns cité sons fe nom dlbn-alatir, et dont l'ouvrage, en forme d'histoire générale, nous fournira encore des renseignemens précieux.
On lit dans Aboulféda que, lorsque Saladin se fut emparé de Damas, il marcha vers Emesse, qui ouvrit ses portes; il prit encore Hamah , puis alla attaquer Malek-saleh lui-même dans Alep. En vain on eut recours au poignard des baténiens • ou assassins : les sectaires que Senan leur chef envoya contre Saladin se trompèrent de victime (l). En vain l'on s'adressa
(l) Il 8*agit ici des sectatcars du Vieux de la Montagne. II se passa alors an trait de fanatisme dont Thistoire henreasement offre
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a Rijmoady comte de Tripoli ( Raymond s'araiiça jusqu'à Ëmesse; mais apprenant que Baladin Venait oontre lui, il se redra. ••
Cependant une armée formidable s'avançait de' la Mésopotamie, commande'e par Saif-eddin. Saladin offirit de rendre les villes qu'il avait prbes , à l'exception de -Damas , qu'il consentait à gouverner au nom de MalekWeh. Sur le refus de Sftif-eddi% il fallut en venir aux mains. Saladin remporta une violoii'e complète» Dès lors Malek»sde'h n'eut plus d'autre ressource que de demander ia paix. Saladin conserva toutes ses conquêtes et régna à-i»-fois sur l'Égjpte et la meilleure fMirtie de la Sjrie : il régna en toute souveraineté ; c'est ce' qu'indique le titre de sultan, que Saladin prit alors^ et par ieqnei il est désigne' par les écrivains de l'époque (l). Tous ces changemens furent sanetionnes par le «ufirage du calife de Bagdad.
pev dlexemples. Nodb allons laisser parier ie comp^Iatcor des Deux Jardins : • Les premiers sectaires qai , au è\ég% cTAIep , essayèrent d'assassiner Stlâdin, ayant 4ié dëeo overts et mis k mért, Senan en enToya Cautreè. Saladin assiégeait alors ie chàteaa d'Ezaz ans environs dVàiep. Le» .émissaires de Senan se mêlèrent dans son armée et en partagèrent les travaux, attendant nne occasion favorable, l^'oeeasion se fit attendre qnelqne temps ; enfin nn jour Saladin s'étant assis pour examiner les travaux, un des sectaires se jeta sur loi et le frappa k la joue avec un couteau. Au sang qui coula, les assistans furent glaces d'effroi. De'ja Tassassin avait terrassé Iç prince et allait TacheVer, lorsqu^il fut tué par nn émir. Aussitôt un autre sectaire accoarut et périt de même ; il en vint un troisième qui fut tué également « Le sultan , ajoute Fauteur, se relira dans sa tente couvert de uog et ne se laissa plus désormais approcher si facilement; {a terreur était générale et chacun craignait son voisin. .
(i) Le mot de sultan appartient à la langue arabe et signifie proprement/^ios/ance. Il serait, dans Torigine, à designer les princes qui , àrépoqae de rabaissement des califes de Bagdad, exercèrent Tautorité temporelle,. et qui jouissaient d'une espèce de suprématie sur ^ les émirs et les cemmandans de province. En ce sens , il n^ avait qn^un sultan comme il n*y avait qu'un calife. L'un était le maître du temporel , comme l'autre était maître du spirituel. Lorsqu'il se fat formé en Egypte une nouvelle maison de califes , il s'éleva en même temps une nouvelle dignité de sulmn ; les visirs des califes do Caire i^étaiMit arrogé ce titre. Aussi Saladin, ayant été nommé viair, aarait pu aaivre leur exemple ; mais comme il affectait le plus grand respect pour fautorité du calife de Bagdad et pour celle de
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Ainfi Sclarim arriva aii topine de ses da«rs ; on .Toit que ce fui aux dépens du fils de son aàeien bienfaiteur; Aboulfarage rapporte dans sa Chronique syriaque que les chrétiens 'scandalises envoyèrent un députe à Saladin pour lui reproohevsbn ingratitude. « Ils n'est pas séant , Kuâctirent-ib, 9, de rendre fe mal pour le bien , et de traiter lainsi le fiis de 9 ton maître.. «^ Les chrétiens auraient mieux faèt de s'opposer les airmes à la main à un' accroissement de fAiisaance qui devait leur âtre si funeste; Mais a cette époq«e*^ I^archie existait /daaftw leurs oonseils,- et ih n'avaient pas rd'autre mol^f ie . ^e lès plus vains caprices.
Guerres de Saladia contre les cbrëtiens.
AnQ.73 [,ifV7j. Les hostilités ayant recommence^ entre les m'u34iIiDaASk et Je» chrétiens , Saladîn se rendit iFEgjpte en Palestine :arec son armée. Arrivé « Ascalon, if diviss ses tronpes, afin d'occuper plus de pays. Ponr lui /i! se dirigea vîer^ -Ramla, sur !es bords d'une rivière qu'if voulait traverser. Mais à peine une partie de ses soldats eut passe,
SIC les Prari es* se présentèrent en armes; au apport d'Ibnatîr^.ft il n'eut que le temps de faire ses dispositions. Son neveu Takî-èddin vint se placer devant lui et commença le combat. Phiïiieurs guerriers périrent dans l'action, entre autres le fiIs:cleTaki»-eddîn, jeune homme de la plus grande beautés SoH^père lui ayant ordonné de charger l'ennemi , ii le fit avec beaucoup d'ardeUr et se couvrît de gtoîre ; mais ayant chargé dé nouveau ^ il ftit tùé et mourut martyr; Dieu lui fiasse miséricorde ! Les musulmans furent mis dans une déroute complète, Saladln fut même. sur le point d'être tue par un chrétien, qui pénétra jusqu'à lui et qiii fut çiassacre .... . . ' .
Nonredditi » il refusa de prendjh: oe. titre ^ et attendit .d'itre entière^ ment iodépeDdant. Ii est bon d'-afovtor que dèt ce Imm^U le titi« de sultan commentait à perdre de son «ciat, et ^ue. plus tard ii aVyilft tellement , qu'il devint IVipanagc des simples épiicf.
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SOUS ses yeuY. H$ se rqtira j mais ietrtevient , afin de donner' aux fuyards le temps de le joindMi- Ensuite îi' reprit le. chemin de l'Egypte. La piopart desrfnyards et des bétes'de somme périrent dans ies sables duiidësert. Le sakab iurmême éprouva d'Itorribles» 80uffi?asircfs;'-les vivres et-iWti^ lui maaqaèreiit; il arriva aa Caire- daaF fe'tat le plos d^^ plorabie (1). Pendant» ce temps , -ceux de ses soldats qn't s'étaient disperses snr le. territoire cfaretîen'pofir pilier, ettient massacres ea'fahs prisonnierb f d'autres* Sregairètént daos le désert. De tmité Farméequl^élMt ^<ie d'Egypte, '21 ne sesauvs pres^efperaoqneu J'aZ'VDk^afoiitè l'auteur, mie lettre écrite deiàiaiÉin jde'9iAidin'àscHi»frèreTouransdliAh>^ dias Iaqaeilerleisultâo.]OTlait dés-dangbrs qii'if ^vait c^éurus^ elle oaini0niçait(Mr«''e#<v(eirs} >• *'-'i "h ':'u.... ■ tt\ " ; .::^io
u Je pensais à 'toi pendant qtM- ies i iiqpiSoy aMes javt^ti 9s'abreavaîeot>de raen.sang.* ">^" -'''» • ' ''
a Le snltbn diiiài<>^tie /plus d'une £m , ia'uiort s'était p^é^ senfée-à kû danstoi^te-son horreinsjefiiifuê s^ voyait enewe lalmnire^ H enetait r^cvaUel OUa^diofit ks secÀ*ets'£$isnt impénétrabkiBc'En eâfett'âjofltaitriI;,iqud esft Vèire ^Ifî *s% Gonserve.à 4a vsOisana usf eapÊressei'bensussion de "Dtéiai^fi
Un anteur chrétien^ .l^bistprièn 'A;bobIfarâge ^ dans' sa Cfarontt}ne -syrsailue^ attribue J'iépUtaot «ncoès de l'amà^ée chrétieBf^ à un miracle de la puissantce ceiesCel Après a^r &it cëéuHrcpier qoa -Baudouin ^ q^l r^gnoittaloi^s sur la t^a^ lestine^ était encàre fort Jeune ''et'qti4l(Àait atteini de la lèpre, il poursuit ainsi : <*' Gepeedantleiy^nie prince n'Jiésita pss a marcher' au-devant Se l'eddemi.'Mais avant d'enrgager le combat, îi mib^pied à tbinne^ et, ise' prosternant devant la ssJBte' croix., il implor^Javec. lavmeB le ^Msooam divin. Le
(i) L*historien Émad-eddin , qui était alors aa CaiiiD, fait le rëcit le plôa ai^giin^r i « .M praijikl^r brait de la d^/aite de ibuida, dit-i! , ie goun^m^u^çtt % .i^^p^i^drc. daps tootc^ jLe^. rue» la nouvelle d une grande Tictoirc; J/;.9orjli$. poi|r m'a$surex de la yéritd, et j'ep^findU «u homme qui crisSi : Réjouis s cz-votis, hraifeâ ,gtfis }'le suUan\c£t arrivé en bonne santé. A ces ihots , je me doutai de ce qui était arrive. Ncanmoins la nouTeHe produisit un bon efTck : on se hâta de la transmettre aux provinces à Taide des pigeons; elfe fit taire les Qtiivaiaet iangocs etitranyiiHiaa iea esprits.» En lisant ce récit, ne croit-on pat assister k ce qui^se passait en PffMwc il y a phiSf«ttYs Unëes? ' .. . '
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Seigneur suscita un vent violent qui porta la poussière dans les yeux des musulmans et les mit en fuite (l). 9
Pour ce qui concerne les grandes pertes essujees par Saladin j Boha-eddin fait observer avec raison que le sultan neposse'dait à cette époque aucune place en Palestine, ce qui le mit dans la nécessite de se retirer jusqu'en Egypte, et rendit sa retraite à travers le désert désastreuse.
Saladin fut extrêmement sensible à cet aiehec. Makrizî rapporte que, dans sa douleur, il jura de s'abstenir du nouèa jusqu'à ce qu'il eut veagé l'honneur! de ses armes. Le noaba , chez les Orientaux» est le droit qu'a tout souverain de faire jouer cinq fois par jour sa musique partieuiîère à sa porte ; G^est un cfes droits inhérensa la rbjaute;etle prince témoignait par-là le désir de renoncer à tou» ses priviléffea bpnori*^ fiqties jusqu'à ce. .qu'il -se f«t lavé d'une telle souiUure.
Pendant que ces événemens se passaient en Palestine, une liutre armée chrétienne était allée faire le siège de Hamah. Les chrétiens avaient reçu de grands secours d'Occident On remarquait émûi leurs rangs un comte de Flandre nommé Philippe. Pour les musulmans de Sjrie , suivant la remarque dlbn-alalir, ils avaient pour toute défense Touranschah, frère de Saladin, prince mou^ qui rttidait a Damas et qui ne songeait qu'g ses plaisirs : le commandant de Hamah était lui*méme tombé malade; cependant la garnison , redoublant de courage, opposa une résistance invincible. Les Francise portèrent alors contre Harem, dans la principanté d'Alep. L'emir de Harem , appelé Kemeschtekin , ayant encouru la disgrâce de Malek-saleh, avait été arrête, et les babitans avaient levé l'étendard de Findépendance. Les Francs assi<^gè^ent Harem pendant quatre mois. Enfin ifs se contentèrent d'une somme d'argent que leur remit Maleksaleh et se retirèrent, ûuant à Ta ville , elle rentra sous la domination du fils de Noureddin,
Kemeschtekin, dont il vient d'être parlé, était, saîraot Kemal-eddin , originaire des contrées d'Occident. Attaché au service de Noureddin, il était parvenu à une grande puissance, et avait été pendant Quelque temps le premier
(1) Bromton, historien angfaig conC^porain, explique auaai cette f i«toîre par mi miracle. Voyez «u tq^e I."' de fa BibUoihè^e ^es Croisades, page 733!
BBLATIFg AUX CROISADES. 181
ministre de son fib Malek-saleh. Une des'causes de sa ritîne, c'est qa'on l'avait accuse d'être reste chrétien an fond du cœur, et d'entretenir en ce moment d'étroites relations i^rec les Francs de la Palestine. On lui reprochait d'avoir mis en liberté' tons les chrétiens faits prisonniers sous Noureddin , et d'avoir ainsi mis en peni la cause de l'islamisme.. Dans le nombre des captifs , se trouvait Renaud de Châtilion , qui derint bientôt seigneur de Carac, et ^ui se rendit fameux dans la suite. Midek-saieh fit mettre Kemeschtekin. à mort.
Quand les chrétiens vinrent attaquer Harem, ils étaient eQ paix avec Malek-saleh ; maïs , ainsi que nous l'apprend le compilateur des Deux Jardina, il avait été convenu par le (rtitc précédent, que si, dans l'intervafle, les Francs rece* vaient quelque secours d'Occident, il leur serait permis de reprendre les armes. Voilà sans doute pourquoi les Francs avaieDt cru devoir profiter de l'arrivée du comte de Flandre. On oe peut expliquer une conduite si singulière que par lliumeor belliqueuse des guerriers d'Occident, qui, n'allant en Palestine que pour faire la guerre, auraient soufiert impatiemment toute mesure pacifique.
Il parait que Saladin ne voulait pas reconnaître une telle politique. Dans une lettre qu'il écrivit alors au calife de Bagdad , il se plaint amèrement de la violation de la trêve. Aossi l'année suivante , quelques soldats chrétiens étant tombés entre ses mains, il Leur fit couper Ia.tAte. Son secrétaire Emad*eddin , qui se trouvait présent à cette exéoution , rapporte que Saladin s'adressa de préférence aux hommes pieux et dévots de l'armée. Le sultan , ajoute-t-il , me commanda d'en faire autant ; mais je le refusai. Je demandai seoleaieat le plus jeune des prisonniers, que je fis élever ^près de moi. ^
An 574 [1179]. Les chrétiens, au rapport dlbn-alatir ,' aflèreot, pour se venger, mettre ù feu et ù sang le territoire de Damas. Le roi de Jérusalem marchait à leur tête. A cette noQvelle, Saladin fit partir son neveu Ferokhschah, qui remporta sur les Francs une victoire écUtaote. Les chrétiens p^dirent plusieurs de leurs chefs, entre autres Honfroi de Thoron , célèbre par sa prudence et sa bravoure..
L'année suivante fut marquée par une horrible stériiite\ Les émirs , suivant le compilateur des Deux Jardins , conseillaient à Saladin d'accorder quelque pepos à ses peuples ; mais il répondit : a Dieu nous a £ait un devoir de la guerre
189 X EXTRAITS d'aUTBURS ABâBBS
» mQvée ; c'est à lu? de pourrair a noâ Eesonis. Ses préceptes 19 'sont des ordres;* ses promesses un Ç*gc assure. Faisons n notre deToîr, et Diea fera le sien. Celui qui néglige Dieu, »*Dfeu lenegUge. »•
Les Francs avaient construit une forteresse sur les bords du Jourdain, près de PanéaSy an lien nommé le gué de Jacob ; leur intention était de faire de. là des. courses sar les terres- de la principauté de Damas. Saladia, au rapport d'Ibn-alatir, s'avança avec son armée et en vint aux mains près de Panéas. Le combat fut terrible. Le roi de Jérusalem iâi-méme commandait l'armée chrétienne; les Francs forent entièrement vaincus. Plusieurs d'entre eux perdirent la vie; plusieurs furent faits prisonniers : au nombre de ces derniers , on remarquait les grands maîtres du Temple et de i'Hépital (l) ; on oistingna encore le fils de Sardan, seigneur de Ratida et de Naplouse (9). Ferokhschab eut beaucoup de part à cette victoire; il courut les plus grands dangers; il disait s^étre fait en cette occasion Fapplicatîon de ces deux vers de Blotenabbi :
u Si la victoire doit se décider, c'est sans doote en faveur de celui qui se présente à la mort, lorsqu'elle est entourée de victimes ;
(l) n est souvent question d«s hospitftiieri et des templiers dans les aateiirs arabes. Les premiers sont appelas o .Lca^I » ou ospe-
tarie, mot qui est Tëquivalent de celui ^kùspituk'er. Pour tes templiers, ils sont désignas sous nne dénomination tont-à-fait extraordinaire; c*est celle de 4j«^ et 4jJ^> otbl bien, celle dr 4j^3, moti qui doivent se prononcer dapié ou.ditné, et dont
Torigine est inconnue. Vojez, au reste, rextrait d*Eroad-eddin , publié par Scbnitens à la suite de VHùioirt de Saladm, par Bohaeddin, p. 84 et p. l S, note 5S.
(s) Ce seigneur, afonte Fauteur arabe, se racbeta moyennant k somme, de cent mille pièces d'or et la liberté de mille prisonwfrs musulmans. Le même auteur a dit précédemment, à propos du combit de Ramia , que le docteur musulman Issa, bomme qui jouissait Je la faveur de Saladin , ayant été fait prlsoonier, le sultan donna pour sa rançon soixante mille pièces d*or. Ou peut remarquer à cette occasion rnmbien, depuis fa première croisade, le numéraire arait augmenté. Auparavant on ei*it k peine donpé pour la personne d*un souverain ce qu'on sacrifiait maintenant pour (a personne d'un particulif r on dn moins d'un simple seigneur.
. RELATIFS A.DX CROISADKS. 183
n De ceiat>«qui fait peu de oâs de la vie ^-'(andb <}ue les glaives retewtisseiit sur les* têtes des braves (l). h - '^
Après ane si importante -viôtoire, Saladin Ji«u^ pas de peine à réduire la forteresse du gve de Jàçôb^;> ette^fut démolie. Il est dit dans la compilation des Deuw Jardins , que le snitan avait d'abord offert aux templiers chàx-gesdo garder la forteresse 9 soixante mille pièces d'or, ensuite oent mille, s'ib voulaient fa raser. Ce fut sur les représentations de son neyeu Taki*eddin ^u'ii se deoida à employer la force des armes.