‹ Extraits des historiens arabesChapitre 20 sur 45 · CT · texte numérisé non relu

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(f) Au lien lia mot bélier, qu'on lit dans le manuscrit y et qui est la leçon véritable , on lit dans Timprimë le mot ^ j^ , tour, qui en cet endroit n'aurait pas de sens. ^

(s) En effet, c*est le nom que lui donnent les auteun Utins. Voyez Gantier Vinisanf , au tome I de la Bibliothèque des Cfûisades, p. 6S9.

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ces y se portent contre le bélier et y mettent le feu. En unr instant , la flamme s'élève jusqu'anz cieux. Les yoix éclatent pour rendre grâces au Seîçneur ; l'incendie se communique au chat; et les musulmans, dans leur enthousiasme, accourent arec des crocs et des chunes; ils entraînent le bélier encore tout en feu et le portent en triomphe dans la ville (1). Cet événement abattit le courage des Francs; leur ardeur s'éteignit, leurs vues se troublèrent. Cette journée fut une des plas belles de Fislamisme.

0 Deux jours après , les Francs éprouvèrent un nouvel écbea La garnison détruisit dans une sortie le navire avec lequel les chrétiens se proposaient d'attaquer la tour des Mouches. Tant de désastres causèrent une douleur mortelle aux Allemanda, et ib n'osèrent plus rien entreprendre. »

• I UV.

Nouvelle atttque de famée ohrëtienne.

Suite de tan 586 [automne de Tan H 90 de J. C 7. Nous continuerons de laisser parler Boha-eddin : « Malgré ces échecs continuels , dit-il , les chrétiens ne laissaient pas de nous menacer. En ce moment, Saladin était en proie a de violens accès de fièvre ; dans cet état , il fit retirer ses troupes jusque Schafaram , à quelque distance d'Acre. Schafaram est le nom d'une montagne sur laquelle il fit dresser son pavillon , et autour de laquelle ses troupes s'établirent. Son intention était de passer l'hiver en cet endroit, à l'abri des plaies et de la boue qui dans cette saison rendent la plaine impraticable. Sur ces entrefaites,Zîn-eddin, prince d'Arbeles, au-delà du Tigre, étant tombé malack, demanda son congé et ne put l'obtenir ; on lui permit seulement d'aller s'établir momentanément dans le voisinage, à Nazareth, où il mourut. A cette époque, l'armée musulmane était fort abattue, et les émirs commençaient à se lassser d'une guerre si longue. Moezz-eddin , prince de Géziré sur le Tigre , demanda aussi

(l) Bohareddin ajoute qu'on éteignit le feu & force d'eau , et que la tête du bëiier fut envoyée k Saladin. « Je Tai yne, dit Boha-eddin ; > je Tai maniée de mes mains. •

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ia permission de se retirer; et comme on la lui refusa, il

Erofita de l'instant où Saladin e'tait malade pour yenir iui aiser la main en signe d'adieu et se mettre en route : mais a peine arrive à Tiberiade, il rencontra Taki-eddin , nereu du fiultan , qui revenait de la Mésopotamie , et qui l'obligea par ses menaces à retourner. Vers le même temps, Emad-eddin, prince de Singar et oncle de Moezz-eddin , ayant aussi demande la permission d'aller passer i'hivcr dans sa principauté, ne put l'obtenir : en vain représenta-t-ii qu'il n'avait pas apporte ses équipages d'hiver, et qu'un séjour au camp dans cette saison lui serait fort incommode; ses soliiciiations furent vaines, v

De son cote, poursuit Boba*eddin, Farmee chrétienne souffrait beaucoup de la famine et des maladies epide'miques. Comme on était alors en automne et que la navigation n'e'tait point praticable, les Francs ne recevaient plus de secours d'Occident; la même disette se faisait sentir a Antioche, à Tripoli et dans les autres villes chre'tiennes. A Antioche, le sac de bie se vendait quatre-vingt-seize pièces d'or; et cependant, au milieu de tant de souffrances , les Francs ne faisaient que redoubler de zèle et d'audace : bientôt ils résolurent de faire un nouvel effort, et de s'ouvrir, s'il e'tait possible, un passage à travers l'armée musulmane ; leur dessein était de se re'pandre dans la campagne et de renouveler leurs provisions ; dans cette vue , ils se chargèrent de vivres pour plusieurs jours. Cet événement est ainsi raconté par ibnalatir.

«r Le 11 de schoual [19 novembre], l'armée chrétienne sortit de ses retranchemens ets'avança vers Saladin en aussi grand nombre que les sables de la mer, et toute étincelante du feu qui l'animait. Le sultan était alors à Karouba; dès qu'il s'aperçut de ce mouvement , il fit transporter ses bagages à Keimoun , à trois parasanges (quatre lieues et demie) d'Acre dans l'intérieur des terres, et par ses ordres son armée s'avança à la rencontre de l'ennemi. Il avait alors toutes ses forces auprès de lui ; les troupes qui quelque temps aupara* vaut avaient été détachées vers le nord de la Syrie, étaient de retour. En ce moment, le centre de l'armée était commandé par les deux fils du sultan , Afdal et Daher ; son. frère Malek-adel occupait l'aile droite avec les troupes d'Egypte ; pour la gauche , elle se composait des soldats d'Emadeddin , prince de Singar; de Taki-eddin , prince de Hamah;

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ée Moezz-eddin , prince de Gezire' ^ et de plusieurs autres. Malheureusement ce jour-ià Saladin fut attaque de la colique , â laquelle il était sujet : on fut obligé de lui dresser une tente sur une colline, d'où il pouvait dominer le champ de bataille ; c'est de là qu'il dirigea le combat. Les Francs , dans leur marche, côtoyèrent la rive orientale du fleuve qui trayerse la plaine, ot s'avancèrent jusqu'à sa source (1) : là ils eurent une rude attaque à soutenir; on fit pleuvoir sur eux une grêle de fl^hes qui deVobaient presque la vue du soleil. Les Francs, abAtus, n'osèrent avancer davantage, et retournèrent sur leurs patf, en suivant la rive occidentale. Les archers musulmans essayèrent de les engager à une action réglée et décisive ; car les musulmans étaient impatiens de faire pencher la victoire ou d'un coté ou de l'autre ; mais les chrétiens continuèrent leur retraite et rentrèrent dans leurs lignes. Ils marchaient serrés les uns contre les autres; et qiïànd un des leurs était blessé, ils l'emportaient avec eux, ou, s'il était tué, ils l'enterraient dans la plaine, afin de cacher leurs pertes. Ah ! si Saladin n'avait été ce jour-là attaqué de la colique , nul doute que cette affaire eut été décisive ; mab quand Dieu veut une chose, il faut qu'elle arrive (S). «

Boha-eddin , témoin oculaire , rapporte que cette expédition dura cinq jours ; elle commença un lundi et finit le jeudi suivant, a La cavalerie chrétienne, dit-il, était placée au milieu de l'armée, et l'infanterie à l'entour, semblable à un mur. Tout le temps que dura cette expédition , l'air ne cessa Ae retentir du bruit des trompettes et des clairons, ainsi que des cris de nos soldats, qui louaient Dieu et s'excitaient les uns les autres. Pour le sultan , il était sur un lieu élevé d'où il pouvait tout voir ; j'étais moi-même avec lui. L'étendard des chrétiens était placé sur un char traîné par des mulets, et les Francs se serraient autour de lui pour le défendre; il était aussi élevé qu'un de nos minarets : l'étoffe

(l) Le compilateur des Deux Jardins observe en effet qu'il y avait dans la campagne d*Acre une source abondante formant une espèce de lac y d*où sortait un petit fleuve qui se rendait k la mer. 0*AnviiIe croit que ce lac est celui que Pline appelle Palus cende9ia,

(s) Gantier Vinisauf et les auteurs chrétiens n'ont presque point parle de cette affaire , à cause de son peu de résultat. Voypz au tom. fer dt la BibUotkèque de» Croisades, p. 6S0.

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du drapeau etah blanche, arec une broderie rouge en forme de croix (1). Ce quî en cette occasion affligea le pins Saladin y ce fut de ne pouvoir prendre part au combat , et de ne pas exterminer l'ennemi. Je l'ai vu, continue Boha-eddin,

i)Ieurer de douleur ; je l'ai vu commander à ses fils l'on après 'autre de marcher à l'ennemi. Quelqu'un lui ajant à cette époque fait observer que tant de massacres et de maladies avaient rendu les environs d'Acre malsains, et qu'il ferait mieux de fuir un fléau également funeste aux deux armées, il repondit par ce vers : ^

ff Que je meure avec Malek I oui , faites-moi mourir avec s» Malek! »

» C'est-àrdfa*e : «r Eh ! que m'importe de mourir, pourvu que » les ennemis de Dieu penssent avec moi! » Cette réponse fit une grande impression sur Fesprit des soldats {$). a

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