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Entrée des croisés dans Damiettel^
An 6/6 [1219]. Dès que les chrétiens eurent passe le NH, ils se mirent à cerner Damiette de toute part, et s'entourèrent eux-mêmes de bons retranchemens. Au rapport dlbnalatir , u la place se trouvait sans garnison. Tant que le sultan s'était tenu, avec son armée, dans le voisinage de ses mnrailfes, elle nWait rien à craindre, et une garnison lui était inutile;. ensuite, quand le fils de Maschtoub jeta le trouble dans Tarmée, la retraite du sultan fut si subite et le desordi*e tel, que personne ne songea à Damiette; ainsi cette ville se trouva réduite à ses propres habitans. Tel fut l'effet de la sédition excitée par le fils de Maschtoub. Il fut donc facile aux chrétiens de l'attaquer par eau et par terre. Pendant ce temps, les Arabes nomades qu'on avait appelés pour harceler l'ennemi, pillaient amis et ennemis, et la désolation ne faisait que s'accroître (l). »
L'historien des patriarches d'Alexandrie remarque, à ce sujet, que la terreur s'était répandue dans toute l'Egypte. Les esprits étaient aigris; et comme la cause première de ces malheurs devait être imputée aux chrétiens d'Occident, le peuple tourna sa fureur contre les chrétiens du pays; dans plusieurs villages on les massacra impitoyablement. L'auteur que nous citons était lui-même chrétien, et eut sans doute a souffrir de cette persécution. II poursuit ainsi : u LVglisede Saint-Marc, située dans les environs d'Alexandrie, et objet de la vénération des fidèles, fut démolie, de peur que les Francs, envahissant le pays, ne s'en fissent une espèce de forteresse. En vain les chrétiens offrirent une grande somme d'argent pour prévenir ce malheur; le sultan ordonna de raser la meilleure partie de l'église, et le reste fat abattu fe vendredi suivant, au sortir de la mosquée, au bruit des plus
(i) Au reste, suivant Makrizi, les Arabes furent fort utiles an sultan dans tout ic cours de i*cxpe'dition : ils <f talent sans ctsst occupes à harceler les chrétiens et à enlever ceux qui sVIoiguaient ; ils s'introduisaient même dans leurcamp pendant (a nuit, et m&ssacraieot ceux qui doinuiient.
RBLATIPS ADX CROISADES. 401
Yîtes a<^iiœatioQs , par la multitude rncore ecbauHee des exhortations des imams. Ainsi les chrétiens éprouvaient an* goisse sur angoisse.
9 Les musulmans étaient alors dans la plus grande consternation. Les principaux citoyens d'Egypte se cotisèrent pour venir au secours de i*i.slamisme ; au Caire et au vîtxtx Caire, les habitans offrirent deux mois de leurs revenus pour les frais de la guerre sacrée t mais ce zèle ne tarda pas à fie ralentir, et cette resolution fut firesque sans résultats n
A Cependant Tarmée musulmane s'était avancée jusqu'auprès de Damiette. Le sultan et son frère ne laissaient pas de repos aux Francs : ils essayèrent d'attaquer la partie de l'armée chrétienne qui était restée sur la rive occidentale du Nil y dans son ancien camp. Le dimanche 7 de barmehat [commencement de mars]> les musulmans s'avancèrent avec intrépidité; mais Dieu suscita ce jour-Ia un vent si violent^ la pluie tomba avec une telle abondance , qu41 fallut revenir sur ses pas. Le quartier du sultan était alors à Farescour, à quelque distance de Damiette (1). En vérité, tout fut extraor**' dinaîre cette année : Thiver fut plus rigoureux que de cou^ tunie, et le sultan fit publier au Caire et au vieux Caire que la moitié des habitans eussent à prendre les armes ^ de gre ou de force; ceux qui avaient de l'aisance, et qui ne voulurent pas marcher, payèrent une somme d'argent, chacun selon ses moyens. On mit aussi à contribution les juifs et les chrétiens du pays, qui, d'après l'usage, ne pouvaient, en aucun cas y être assujettis au service des armes; et la somme qu'on leur imposa fut si forte, eu égard à leurs facultés, qu'ils furent réduits à mettre en gage les vases sacrés des églises (2)
(i) Ponr ciitte ville, comme pdar tontes ccifes que nous citerons ^ nous renvoyons à la carte qui accompagne le xii« livre de V Histoire des CroisudêS, ,
(9) Parmi les chrétiens d*£gypie , les uns étaient de la secte faco^ bite on secte d'Eatychès,et les antres mcikhi tes. Ces derniers, qaî professaient à-pen-près les mêmes dogmes qne !cs catholiques ro^ mains, et qui, suivant la remarque de Tauteur, s'abstenaient de la circoncision et d*atitres pratiques judaïques, ne formaii*nt qne Ts dixième des autres, et avaient beaucoup plus k souffrir, à cause qu*oa ies soupçonnait d avoir de f attachement pour les Francs et ponr It pape de Rome. L*aotenr rapporte qu'au vieut Caire seulement, léa chrétiens furent taxés à>)uatre mille pièces d'or, sur lesquelles ies
40t BXTRAIT6 d'aUTBCRS ARA1IB8
et des synagogues. On parvint à e'qutper enrlron dix mille hommes, qui prirent aussîtât le chemin de Damîette. Mais la plupart étaient un ramas de vagabonds et de gens sana aveu; en route ils se livrèrent aux plus grands excès; ils détruisirent les églises et les chapelles. Lorsqu'ils arrivèrent au camp , le sultan faisait livrer une attaque contre les chrétiens : c'était un dimanche des Rameaux (l); et, chose remarquable, tous ceux qui avaient pris part à cette dévastation tombèrent sous le fer des chrétiens; k reste prit la fuite et arriva au Caire, sur des barques, dans l'état le plus misérable.
• » Un nouvel assaut, qu'on livra peu de temps après , ne réussit pas mieux. Les Francs s'étaient entourés d'un mur flanqué de bonnes tours , où l'on veillait comme dans une
Iilace de guerre. Us occupaient à-la-Tois la rive occidentale et a rive orientale, et un pont de bateaux jeté sur le fleuve assurait les communications entre les deux camps ; le même pont Àtait aux musulmans tout accès par eau vers Damiette. De )oin, on voyait les maremmes chrétiennes, surmontées de leurs tours , s'avancer jusqu'au pied des remparts de la place ; la ville était attaquée par eau et par terre , et ne rece* vait pas de secours. Le sultan , voulant procurer du soulagement à la garnison , forma le dessein de mettre à sec la branche du Nil qui baigne Damiette , et de faire couler les
melkhites devaient en payer mille. Les juifs farent taxcfs k aiz centi pièces (Tor. Ce farent les prêtres qui répartirent cette somme su* leurs oaailles; c*ëtait ordinairement k Téglise quon faisait payera chacun sa quote-part. Il résnite de là, suivant notre antear, que beaucoup de chrétiens se dispensèrent pendant quelque temps d*aller à Téglise ; et comme il fallait pourtant que la somme ^'xigée fàt payée , on fut obligé d'envoyer solliciter la charité des chrétiens des montagnes et des lieux sablonneux ; il n*y eut pas de monastère » même dans les provinces les plus éloignées , qui ne fut mis à contribution.
(0 iùJ^'J ' ^® ^^^ ne se trouve pas dans les dictionnaires ; mais il est déterminé par les passvges correspondans des auteurs latins. An reste , le mot en lui-même signifie oliçier, et fait allusion à rentrée de Notre-Seigneur à Jérusalem , au jour où les mes furent sur son passage jonchées de branches d'olivier. Par une dénomination analogue, les chrétiens syriens se seiTcnt du mot <^U.<& , qui signifie branches de palmier, Voyes ie Faux Vakédi, édition de M. Ilamaiier, notes, p. 167 et suiv.
88IATIFS AUX CROISADES. 403
eaux d*un antre c6te : par ses ordres, une for^e digue fut elerc'e du côte de Ze'fite , la ou «'opère la séparation des branches du fleure; mais bientôt, Teau, sVIevant à une hauteur prodi^ gieuse, vint frapper la digue et en dispersa les de'brîs. •
« Pendant ce temps, les attaquos continuaient contre Damiette. Les chrétiens pressaient la ville de jour et de nuit, par eau et par terre, et le sultan les pressait à son tour. Dans une de ces attaques, les Francs essuyèrent un échec considérable. On fit plus de quatre cents de leurs cavaliers prisonniers; plus de mille d'entre les fantassins furent tués. Un figeon apporta la nouvelle de cette victoire au Caire; aussitôt on tapissa les mes et le peuple se livra à la joie. La plupart des chrétiens pris en cette occasion furent amenés au Caire et promenés par toute la ville. A Pégard des chefs ^ le sultan les retint auprès de lui, pour essayer si, par leur moyen, il pourrait en venir à un at^commodemcnt. Il y eut à ce sujet plusieurs pourparlers, et Ton fut sur le point de se mettre d'accord. Le sultan oflrait de rendre Jérusalem , avec toutes les villes chrétiennes conquises par Saladin ; mais les Francs, ayant reçu d'Occident de nouveaux secours , rompirent les conférences (1) et l'on recommença les hostilités. 9
Makrizi rappoi*te qu'en ce moment la ville était dans une grande extrémité. On ne pouvait rien y introduire par terre; et par eau , on courait les plus grands dangers; car les vaisseaux chrétiens occupaient le lit du fleuve, et les vaisseaux musulmans n'étaient pas en état de leur disputer le passage. Ou recourait à toute sorte de moyens pour tromper la vigilance des Francs. La sœur d'un des émirs qui étaient dans la ville, imagina de remplir la peau d'un chameau de volailles, de légumes, de fruits et de toute sorte de comestibles; elle enferma le tout ensemble et le jeta dans le Nil. Ce moyen ayant réussi, elle recommença ti plusieurs reprises; mais les Francs , s'en étant aperçus , redoublèrent de précautions et ne laissèrent plus rien passer. Les vivres devinrent si chers , qu'un œuf de poule se vendait plusieurs pièces d'or; une vache valait huit cents pièces d'or; une poule en valait trente; une livre de sucre, cent quarante; il en coûtait quarante pièces d'argent pour avoir une outre d'eau; le
(i) De lear côté, les auteors chrétiens rejettent la faute sur les musulmaos. Voyez la Chronique di'jà eïiét des Podettats de Reffgiv,
404 EXTRAITS d'auteurs ARABES
sucre Snh par sa Tendre an poids d'une pierre précieuse. Dans ces circonstances , le sultan tira de grands secours «Tdd Syrien appelé Schamaîl. Ce Syrien allait à la nage du camp à la YÎile) et de la ville au camp, et instruisait ie sultan de l'état des choses (l). Pour le récompenser , le sultan lui donna plus tard le commandement du Caire.
Sur ces entrefaites , on usait de sévérité dans tonte l'Egjpte pour faire armer la population. « Au Caire et au TÎeui Caire, suivant Thistorien des patriarches d'Alexandrie, on fit une levée en masse : des hommes allaient par les rues, une sonnette u la main , ordonnant à tous de partir. Les portes de ces deux villes furent fermées. On était si trouble, que personne ne s'occupait plus d'affaires; on ne songeait qu'am danger présent : ce fut an point que le froment, qui la Teille se vendait fort cher, baissa tout-à-coup, faute d'acheteurs. Dans le premier moment, on ne pensa pas aux chrétiens et aux juifs; mais bientôt, le commandant du Caire fit arrêter les chrétiens les plus riches, pour leur arracher de l'argent: cet exeniple fut suivi par le commandant du vieux Caire, de manière qu'il n'y eut personne qui ne se ressentit de ces temps de tribulations et de peines. 9
u Cependant le sultan se disposant à livrer un doutcI assaut , fit venir du Caire une immense quantité de pots et de vases de toute espèce, afin de combler les retranchemcns des chrétiens. Il devait commander en personne l'attaque du camp de la rive occidentale , pendant que son frère Malekmoadam (3) combattrait sur la rive opposée. Mais au moment d'en venir aux mains , les Francs épouvantés demandèrent à négocier; on entra donc en conférences. Sur ces entrefartes, les chrétiens réparèrent leurs fossés et leurs retranchemens ; après quoi 6n reprit les hostilités. Le sultan reconnut alors qce la force seule pourrait chasser les chrétiens. U se hâta
(1) Novaîri a ausai parié (Tantrea nagenrs nmsaLnanaqiii fivDcbiasaient la flotte chrétienne à travers ton» les obaCacies; mais il ajoute qu'à la fin les Francs s'en étant aperçus, étendirent sur le fleuve des cordes et des filets ou les nageurs se trouvèrent pris. Cest à ce suici qu on auteur latin a appelé les Francs pêcheurs tT hommes. Vo^ez U ^Dissertation de M. Hamaker, p. 106.
(s) Uauteur fait mention de Maick-faîz; mais ce doit être par erreur, puisqu'il a déjà été A\i que Maick-fafz avait été renvoyé en Syrie y et que c'était ie priiict de Damas qui demeoraaaprèa du sâltav.
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ie renvoyer ton frère en Syrie , afin qu^i lui amenât de nouveaax secours. Pour lai , il se prépara aux plus vigoureux efforts. Mais la ville était à la dernière extrémité. Malek-moudam , en se mettant en marche , s'habilla de deuil et manifesta la plus grande tristesse. Les chrétiens s'étaient partage's en deux corps ; l'un tenait tête au sultan y l'autre harcelait la ville. 9
Dans ces conjonctures , un des émirs de la garnison , nom-* me' Gemal-eddin , qui avait inutilement fusque^là prodigue'' les marques de courage, se hasarda d'écrire une lettre au saltan. Cette lettre était en vers et fut envoye'e au bout d'une flèche; elle nous a été conserve'e par Makrizl ; la voici :
a O mon souverain , ia ville de Damiette , dont les cre'neaux sont renversés et les fondemens presque arrachés,
9 T^envoie ie plus sincère des eoreplimens , avec un salut 9 aussi suave que le musc , dont le moindre morceau, comme 9 le plus gros , a son parfum.
» Elle t'adresse ces mots de loin; mais tu l'entendras aussi 9 bien que si tu étais son voisin et son hôte.
9 O Roi, te dit-elle , qui n'as pas d'égal ni de pareil sur là 9 terre,
9 Cette lettre te dira sur ma Htuation ce que je ne puis te 9 dire moi-même.
9 Je vieiis me plaindre en son nom du cruel ennemi qui 9 l'a entourée de to«ite part avec sa cavalerie et la multitude 9 de ses braves.
9 Tout accès vers elle est fermé par terre; par eai|, les 9 flottes ont de la peine à y introduire du secours.
» Son humiliation s'est manifestée <sur ses tours, aussi bien 9 que sa douleur , ses larmes et ses angoisses.
9 Ahl si elle ie pouvait, elle viendrait se précipiter à tes V pieds ; mais toute issue lui est fermée.
9 Le médiateur à qui elle a i*ecours pour obtenir ce qu'elle 9 demande, c'est la religion de Dieu, de ses créatures et de 9 son prophète.
9 Voilà que ses maux sont parvenus à leur dernier terme; 9 ses infirmités se sont aggravées, ses plaies ont épuisé ses 9 forces.
9 11 ne lui reste qu'un petit souffle ; c'est de toi qu'elle at« 9 tend sa guérison.
9 Prends sa défense et celle des tiens, et délivre-Ia d'un 9 mai que toi seul peux faire cesser.
406 EXTRAITS d'auteurs ARABES
n Dieu. fa comblé d« Tabondance de tes gr&ces ; ane pethe n partie 4^ ces grâces sulBra pour la délivrer.
î9 Toute excuse que tu apporterais pour te dispenser de » prendre en main la cause de. Dieu et de sa retigion , serait »re jetée des musulmans,
m DanUettc a les jreux tournes vers toi | et ne cesse de rém pandre des larmes.'
« Si tu tardes de ia seciHirî/ ^ sa yerdure se desséchera , ta » langueur se découvrira.
o L'AIcoran y perdra tout crédit, la croix s'j déploiera, et » rÉrangile retentira dons %w murs.
j» On 7 entendra le brnic de la cloche; les lotuinges j» de Dieu ne Tiendroot plus frapper les oreilles des rrais 9 crojans.
m Tel est, en Téritéy son étiU et sa siùtation dans le plus m grand détail.
9 Pourquoi en dire davantage? (7est A toi» ^ enfant de race » illustre , de lu) porter aidi;.
# Justifie l'espérance qu'on met en toi , 6 toi qui n'as fnraais M décu personne.
9 Fais-toi , pour le jour de la résurrection , un trésor de m bonnes actions; c'est Dieu. q^Veo donnera la récompense; n c'est Dieu qui s'en fait garant. •
Le sultan ,- touché de ces paroles , résolut de (aire nn dernier effort. Au rapport de rbistorien des patriarches d'Alexandrie, il se hâta d'écrire de nouveau au Caire et ao vieux Caire , pour que tous ceux qui n'avaient pas encore pris les armes Ip fissent sur-le-champ. Soixante^lix courriers forent envoyés^ à-Ia-fois pour faire exécuter le même ordre dans toute rÉgypte. Mais déjà Damiette ne laissait plus d'espoir : la plus grande partie des babitans avaient péri dans les combats , ou avaient été moissonnés par les maladies , et ia ville manquait de défenseurs. En vain le sultan essaya d'y introduire pendant la nuit sept cents hommes de ses meilleures troupes; ifs furent surpris au milieu des retranchemens de l'ennemi, et presque tous massacrés. Enfin , les remparts n'é^ tant plus défendus, les chrétiens entrèrent sans résistance. On était alors au mardi 8 de hatour, ou S4 de sciiaban [4 novembre].
On lit dans Makrizi qu'au moment de la prise de la ville, presque tous les babitans en état de porter les armes, au nombre de vingt mille , avaient péri. Les bras manquaient
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pour enterrer les mbrts ; H en coûtait quarante mitsktis pour se faire enterrer. Les rues étabnt jonchées de cadavres ; ceux qui vivaient n'avaient plus la force de se remuer. Aussi Tbistorien des patriarches d'Alexandrie a-t-il eu soin d'observer que la conquête de Damiette fut moins due à la bravoure deM chrétiens qu'a Textinction de la garnison. Le même auteur ajoute que les Francs durent trouver dans la ville d'immenses richesses : l'or et l'argent y étaient amoncelés par quintaux. Le commerce y était florissant; et d'aiUeurs, Damiette passant pour imprenable , les émirs et les gens riches avaient cru y mettre leurs richesses en surete*
Au reste les auteurs arabes n'ont donne que très-peu de détails sur l'occupation de Damiette. Makrizi se contente de dire que les Francs , en y entrant, se livrèrent à toute sorte d'excès 9 et qu'ils ^a^sèren/ les' bornes. Le même auteur, après avoir ajoute que la grande mosquée fut convertie en église, a remarque qu'entre la prise de Damiette et la des-» cente des Francs sur les cÂtes d'Ëgjpte , il s'e'tait écoulé seize mois et vingt-deux jours lunaires.
Pendant ce temps, le sultan, quoique campé à peu de distance avec son armée , ne se doutait de rien^ Si l'on en croit l'historien des patriarches d'Alexandrie , il ne s'aperçut de la prise de la viUe qu'aux croix et aux bannières chré-» tiennes plantées sur les remparts. Aussitâtil quitta son camp et se retira avec ses troupes vers le midi , sur les bords du canal d'Aschmoun , dans la direction du Caire.