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événemens qai saivirent la croisade de Frédéric.
Telle était alors la faiblesse des colonies chrétiennes d'Orient, que, du moment qu'elles étaient réduites à leur»
quelle manière on se représentait le ciel en Egypte dans le. xiii« siècle de notre ère. Voyes an reste Godefroi ie Moine , Bibl, des crois, u III. (i) Voyez Albert le Grand, de Am'malibtts, t. VI de êe» Œupres eomptètes, p. 67 S. Les auteurs arabes du temps ne disent rien de ce fait; mais on sait, par leur témoig;nage^ et par celoi de plusieun voyageu^B européens , que les sultans d'Egypte étaient dana Tusage d'entretenir plusieurs giraffes dans ieur palais au Caire ; et le chroniqueur arabe Yaféi parle pins tard d*un de ces animaux envoyés par le sultan Bib^ a Mainfroi , fils naturel de Frédéric. On est étonné d'après cela que ni Bafibn ni aucun naturaliste n'aient cité le passage d* Albert le Grand : il y a. plus; Tinfatigablc du Gange et sea contimiatenrs n'ont pas même cité , dans ieur Glossaire de la basse latinité, les mots Anabula et Seraph, sons lesquels ia giraiFe était désignée dans (e moyen 4ge ; et M. le baron Cuvicr s'était cru autorisé à dire que, depuis la domination des Romains jusqu'au xv« siècle, aucune ginifie n'avait été vue en Europe (voyea ses Recherches sur les monwaens fossiks, discours préliminaire, p. zzxiij). On vit aussi une giraffe à Panoen Italie , en 1486. Il existe à ce sujet une relation intéressante d'Antooio Costanai , qui a été insérée dans le Journal des Savons de l'année 1 7 S4, p. 490 et SUIT. Cette relation n'a pas été connue de Buffoii.
' ftfiLATIFS AUX CROMAtlBS. . 437
pÊ^prtÈ totceÈj elles ne pouyaient rien entreprendre; elles Auraient facilement ete subjagaées par les mnsulmans, si ceQx-ci n'avaient e'té divisés entre jeax. Les troupes isolées de croisés qui débarquaient de temps en temps sur les cAtea de la Palestine, se contentaient de faire quelques courses sur les terres voisines; elles pillaient un viiia«^e, brûlaient un hameau, tuaient quelques hommes disperses ;-nQHe part on ne vojait an chef, de l'ordre, de la discipline. Aucune époque des croisades ne présente un spectacle plus déplorable*
Les guerriers chrétiens en étaient renos au point de s'enrôler dans les armées musulmanes; Aboul&rage^crte, en plusieurs occasions , des chrétiens d'Occident qui s'étaient mia au service du sultan d'Icône et d'autres princes musulmans. II» conservaient par*tout leur humeur belliqueuse et faisaient parade d'une valeur bouillante; c'étaient eux qu'on chargenît ordinairement des entreprises les plus périlleuses. Il' j avait alors, selon Aboulfarage, dans l'Asie-Mineure, unTurcoman qui se qualifiait du titre de pape ^^ et qui voulait se faire passeï^ les armes à ia main, pour lap&tre de Dieu; qu'on fut musulman ou chrétien, tous ceux qui refusaient de croire à sa mis« «ion ^étaient exterminés ; les troupes qu'on envoya successive* ment contre lai furent taillées en pièces.^ A la fin, le sultan d'Icône s'adressa aux Francs de son armée; etceuxH», se pré> cipitant sur le Turcoraan au nom du Christ et en faisant la si|^ne de la croix, le massacrèrent avec tons ses partisans.
Les templiers et les hospitaliers conservaient seuls l'esprit des guerres saintes ; mais le plus souvent ils étaient en guerre entre eux : chacun n'agissait que d-après ses intérêts parti* culiers.
Les musalmaoa de .Syrie ayant sans cesse à- redouter quelque incursien soudaine^ cherchèrent le moyen de s'en préserver. Yaféi fait le récit suivant : a Comme les expéditions des chrétiens partaient ordinairement de ia ville d'Acre, rendez-vous des pèlerins d'Occident, les musulmans établirent sur le Mont Carmel, en face de la ville ,%ies gardes chargés de les instruire de tout. Lorsque les chrétiens pi«paraient quelque expédition, des femmes logées à l'extérieur de la ville , et dont les fenêtres donnaient sur le Carmel , allumaient le soir, sur leurs fenêtres, un, deux, trois flambeaux, sui* vant le nombre des guerriers qui se disposaient à sortir : aussitôt les gardes qui étaient .sur le Cannel allumaient da
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grand* feov ^ In noareile s'en r^paûdait dftns tonte? fcs ounjpafçnes ToûÎDes , et les bftbhans se mettaient en surete. «
Kemal-eddin a donne qneloaes détaib sur nne invasion que firent les templiers dn côte de Darbessac , non loin de la ville d'Alep. Arrivés sons les murs de eette place , ib furent attaqués à*ia*fois par la garnison et par les troupes d'Alep, qui étaient venues à son secours j et furent taîUes en pièces. Kémai^ddin remarque qne cet échec fut un coup mortd pour l'ordre des templiers. II serait inutile de s'étendre sur ces incursionift continuelles des chrétiens; elles n'ont rien d^ntéressant.Nous passerons donc aux troubles qui s'élevèrent alors parmi les princes musulmans ^ et qull est nécessaire de oonnwtre pour l'intelligence des événemens de cette époque. An 635 [^^37]. Voici d'abord, d'après Aboulféda et Makrîxf 9 quel était l'état des puissances musulmanes : le sultan Midek*kàmel, outre PÉgjpte, possédait la Palestine et Quelques villes de Mésopotamie ; son frère Matek-aschraf était maître de la principauté de Damas ; son neveu Daoud , ancien souverain de cette vifle, avait reco en dédommagement la principauté de Carac; à l'égai*a de la principauté d'Alep, elle était au pouvoir d'un descendant de Saladîn, appelé Malek>nasser Youssonf. Il existait encore des états plus petits, tels qne Hamah, Ëmesse, Baalbek, qui dépendaient àt% premiers : c'était le sultan d'Egypte qui avait la haute suzeraineté sur ces diverses principautés ; sa politique était même de réunir peu à peu sous sa puissance tout ce qu'avait possédé Baladin y et de n'en faire qu'un seul empire. Le prince de Danaas étant mort sans enfans , il résolut de s'emparer de cette ville. Aschraf avait laissé Damas à un de &eB frères, appelé Malek-saleh Ismaël; le sultan vint l'assiéger et le força'à se retirer dans Baalbek. Il teotâ ensuite de soumettre ÉmesSe et les villes des environs; mais tl monrut avant «l'être venu à bout de ses:de8seins. Voici le portrait qu'Aboulféda fait de ce prince : « C'était un sultan magnifique et trèsrespecté. Il maintint dans ses états un ordre parfait , dirigeant lui-même lc# affaires. Le Caire reçut par ses soins de grandis embellissemens, II avait du goût pour les lettres ; il aimait à converser avec les savans et prenait part a leurs discussions; il connaissait la grammaire et la jurisprudence; son plaisir était d'embarrasser , par des problèmes difficiles, les officiers de sa cour. Pour tout dire, en un mot , les lettres étirent sous son règne beaucoup de àkalanJst « Utini de ses
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fib, DadiRié Mftiek-ftdety hériUi du titro de sultiin^ ei réunit sous 9es lois l'Ëgjple et la Syrie; le second ^ noiumé Malek* salah Jfegm^eddiny reçut en partage Harao, Edesse-et quet qnes villes de M^opotainie. Aussitât la guerre s'alluma entrç les deux frères. Mfdek-saleh se fit livrer Damas par celui qui en avait le gouvernement; ensuite il se mit en devoir d'aller ponqueVir rËgjpte. En vain le calife interposa sa médiation; de toute part on courut aux armes.
. An 637 [4239], Sur ces entrefaites, on vit arriver d'Occident le duc de Bretagne, le roi de Navarre , le duc de Bouf^^ gogne et le comte de Bar. La trêve faite entre les musulmans et l'empereur Frédéric durait encore. Comme les musulmans étaient divisés entre eux , les chrétiens rompirent la trêve et annoncèrent l'intention de reconquérir leurs anciennes provinces : ils commencèrent par relever les fortifications de Jérusalem, qui, d'après le traité, devaient rester en ruine; ib bâtirent a l'occident un château formidable; puis ib se mirent en marche du côté de TEgypte.
. Suivant la remarque de l'historien des patriarches d'Alexan^ drie, cette expédition n'était l'ouvrage que des Fraocs nouvellement débarqués ; les chrétiens du pajs refusèrent d'j> prendre part. Les Francs arrivèrent d'abord à Ascalon , puis à Gaza , où ils eurent à combattre un détachement de deux mille cavaliers que le sultan avait envoyé contre eux. D'abord vainqueurs, ensuite vaincus, ils furent mis en déroute ; la perte fut égale de part et d'autre. Les Francs continuèrent leur route et s'enfoncèrent dans les sables qui bornent l'Egypte de ce coté. Comme ils étaient tous étrangers , et qu'aucun chrétien du pays n'aviût voulu les suivre , ils s'égarèrent dans ces solitudes. L'historien que nous citons , et qui était chrétien cofte, dit « que les chrétiens du pays, suivant leur coutume^ n les avaient abandonnés , d'accord en cela avec les muf» sulmans. » Les musulmans, faisant semblant de prendre la fuite , les attirèrent dans des lieux arides et dijQSciles : alors les Arabes fondirent sur les Francs et les défirent sans peine;, près de six cents d'entre eux furent faits prisonniers; plus de douze cents furent tués. Quant aux musulmans , ils ne perdirent presque personne. Les prisonniers furent conduits au Caire : suivant l'auteur que nous citons,, le jour de leur en-» trée fut comme un jour de fôte« Les chevaliers, et un comte qui avait été pris avec eux, étaient montés sur des mulets ^ leBiAi&tiissiiis étaient sur des chameaux ; dans le nombre était
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Ha prêtre, monte aussi sur un mulet. L« comte fat présenté au sultan I qui le traita avec honneur, et l'enfenna aans oxm tour particulière, où on le fournit de tout ce qu'il pouvait désirer ; le prâtre et les fantassins eurent les ceps aux pieds.
A la nouvelle de cette défaite*, ie prince de Carac aocoiirst à Jérusalem et massacra tous les chrétiens qui s'j tTouvaîent. Afin de mettre cette plaoe hors d'état de nuire à fislamisme, il rasa ses fortifications, non^eulement celles que les chrétiens y avaient* récemment élevées^ mais la tour de David, qui avait été respectée jusque-là.
Cependant la division exbtait toujours entre lo sultan dTS^jpie et son frère le prince de Damas, Celui-ci, de concert avec le priiioe de Carao , s'achemina vers l'Egypte ; à son approche, les Egyptiens se déclarèrent pour lui. Le sultan fut déposé et étranglé , et Malek-saleh élevé à sa place.
An 638 f/240], La tranquillité ne 'se rétablit pas encore. Pendant l'absence du nouveau suttar^ , son oncle Ismaêt s'^^tait emparé, par surprise, de Damas; le prince voulut la re*
E rendre : Ismaël eflfrayé se ligua avec les puissances voisines, tes chrétiens consentirent à faire cause commune uveç lui, moyennant la cession qu'on leur fit de Séfed et de Scbakif, deux places très -fortes, qui dominaient sur les rives du Jourdain, et dont ils avaient été chassés sous Saladin. De toute port on courut aux armes.
Dans ces circonstances, suivant Makrizî, ce qui affligea sur-tout les musulmans de Syrie , ce fut de se voir alliés avec les chrétiens. On avait permis aux Francs de venir acheter des armes à Damas : beaucoup d'habitans se firent scrupule de leur eu vendre; des personnes instruites décidèrent qu'on ne pouvait le faire sans péché. Toutes les personnes pieuses s'accordèrent à condamner la conduite de leur prince; le scandale fut tel, que le vendredi suivant, à la prière pu* blique, le pre'dicateur de la grande mosquée refusante faire les vœux ordinaires pour la vie dismaël; il dit seulement : « O mon Dieu, fais marcher ce peuple dans la voie droite, 0 en sorte que tes amis triomphent et que tes ennepais soient 9 confondus. .0 mon Dieu , inspire à ce peuple de pi^tiquer » tes commandemens , et d'éviter tes défenses. » Ces paroles furent répétées avec transport par tous les assistans. Le prince ét^ùt alors absent de Damas ; à la nouvelle de ce qui s'était passé , il destitua le prédicateur et le mit en prison.
Lorsqu'il fut question de remettre. Schakif aux ehrédeiis,
le commaodant refusa d'obéir, disant qu« ce serait ofTensrr Dieu. En vain Israaël se rendit en personne devant la place : le commandant n'écouta aucune représentation; et le prince l'ayant tué de sa main , les soldats de la garnison prirent les fermes et arborèrent l'étendard de la révolte ; il fallut les assiéger en règle. A la fin , comme ils n'étaient pas en état de résister y ils consentirent à livrer la place, mais ulsmacl seulement* « Notre prince, dirent-ils, peut faire ce qu'il 9 veut; pour nous, il ne sera pas dit que nous avons remis » une forteresse musulmane aux chrétiens (l)« »
On avait encore promis aux chrétiens, si l'on était^vaînqueur, de leur livrer toutes les provinces qu'ils avaient perdues sous Saladin. Tout ayant été réglé d'avance, les confédérés se rassemblèrent et marchèrent vers l'Egypte. Arrivés à Ascalon , ils rencontrèrent l'armée égyptienne : on en Tint aussitôt aux mains; mais au milieu de l'action, les mu« sulmans de Syrie se tournèrent contre leurs alliés, et firent cause commune avec les Egyptiens; les chrétiens, attaqués de tous côtés, furent enfoncés et mis en déroute. Ismaël arriva presque seul à Damas.
Les chrétiens se hâtèrent de demander la paix ; on convint, de part et d'autre, de mettre les prisonniers en liberté. L'historien des patriarches d'Alexandrie rapporte qu'en Egypte on avait employé les prisonniers chrétiens a la bâtisse d'un palais situé sur le Nil , dans Hle de Rauda, en face du Caire , et d'un c<iliége dans cette capitale. Ils furent renvoyés avec un habit d'honneur; les chrétiens traitèrent de même les prisonniers musulmans, et les Francs furent laissés en possession des places qu'on leur avait cédées. Les templiers, qui avaient d'abord refusé de prendre pai*t au traité , furent forcés d'y adhérer.
Vers ce temps-là, suivant l'historien des patriarches d'Alexandrie, « le sultan reçut une ambassade solennelle envoyée par l'empereur Frédéric. I^es députés , car ils étaient deux , arrivèrent a Alexandrie, sur un vaisseau appelé le Demi-^ inonde : ils étaient chargés de riches présens. En se rendant
(l) O fait nous est foami par Ibn-fc*rat, qui en a parf^ à I*ann(5e SOS de fbègire. Cet auteur afoote que la place fat remise aux tempiiers, qui s y fortifièrent et cteudireut de là Icurf ravagea daus t«ua ii;s cttTÎrous.
449 EmKAITB d'auteurs ARAmSB
nu Caire, Us passèrent par le Faïoum, et se présent^refit A la vue du Caire , du c6te de ia plaine des pyramides. Lear suite était de plus de cent personnes : le jour de leur entrée dans la capitale fut comme un jour de fôte; le Caire et le vieux Caire furent illuminés; tontes les troupes montèrent à chevaf. La population entière sortît pour jouir de ce spectacle. Les députés firent leur entrée à eheyal, montés sur des chevaux nubiens appartenant au sultan. Ils furent logés et défrayés de tout, avec une libéralité et une profusion sans exemple. Le jour de leur audience fut céléfa^ avec la plus grande pompe ; ils montèrent eux et leur suite au château, sur des chevaux nubiens, et furent présentés au sultan. Leur séjour dans la capitale fut assez long : commcon était alors en hiver, ils attendirent la belle saison et furent constamment traités avec une noble générosité; on les laissait libres d'aller où ils voulaient. Ils purent se livrer aux plaisirs de la chasse, tirer de l'arbalète; en un mot, passer le temps suivant leur bon plaisir. «
An 640 [i24S], Au reste, le traité fait Pannée précédente par les colonies chrétiennes ne concernait que le sultan d'Egypte ; la guerre continua comme auparavant entre les Francs et le prince de Carac, le même qui, trois ans auparavant , avait pris Jérusalem et égorgé ses babitans. On ne peut se faire l'idée des horreurs qui se commirent en cette occasion. L'historien des patriarches d'Alexandrie fait observer que c'était un temps de désordre pour tout le monde. Le prince de Carac , outre cette ville , possédait Naplousè , Hébron , et les environs de la Mer Morte. Les chrétiens firent des courses sur ses terres , du c6té de Bethléem , et massacrèfent tous les musulmans du pays : le prince de Carac se jeta à son tour sur les terres chrétiennes, et fit mainbasse sur tou» les chrétiens occidentaux qui tombèrent en son pouvoir; il n'épargna ni les hommes ni les femmes; dans !e nombre il s'en trouva qui venaient à Jérusalem en pèlerinage, et qui reçurent la mort aux portes mêmes des lieux qu'ils venaient visiter; des marchands périrent aussi avec ce qu'ils possédaient.
L'année suivante , leS Francs, impatiens de se venger, conrurent sur le territoire de Naplousè et y mirent tout à feu et à sang : cette fois, musulmans et chrétiens du pays , per* sonne ne fut épargné; la mosquée de Naplousè fut rasée jusqu'aux fonJemens ; les maisons furent livrées aux flamn^es,
les Arbres coapÀ. L'historien des patriarches d'Alexandrie , de qai noas empruntons ce re'cit, rapporte qne les Francs ajant d'abord rassemble en un seul iîeu leurs prisonniers, promirent la vie à ceux qui feraient profession du christianisme : plusieurs sortirent des rangs, pleins de joie et d'espérance ; mais ils furent, e'gorge's sans pitié. Les musulmans furent tous extermines ou re'dttits en servitude ; on n'épargna ni i'â^e ni le sexe.
A la fin I le sultan se crut oblige d'envoyer quelques troupes an secours du prince de Carac ; mais bientdt les esprits s'irritèrent plus que jamais , et la Palestine fut en proie à de nouveaux malheurs.