‹ Extraits des historiens français du XIXe siècleChapitre 17 sur 246 · Cf. ici. p. 20 et s. I II" parti»'. IX · texte numérisé non relu

Cf. ici. p. 20 et s. I II" parti»'. IX

8. Dix Am ii'é'Hdm historiqtm, | 3. Cf, ici, p. 58, surtout n. 1.

INTRODUCTION. xvii

dès lors la lecture des anciennes chroniques l'a changé : il a lu les vieux documents, Grégoire de Tours et les Annales de Metz; il a trouvé dans les in-folio de dom Bouquet son chemin de Damas. 11 n'écrit plus en faveur de Jacques Bonhomme, méconnu par la Charte de 1814; il écrit en faveur de l'histoire de France elle-même, défigurée et travestie par les Yelly et les Anquetil :

« Dès les premiers mois de 1820*, j'avais commencé à lire la grande collection des historiens originaux de la France et des Gaules*. A mesure que j'avançais dans cette lecture, à la vive impression du plaisir que me causait la peinture contemporaine des hommes et des choses de notre vieille histoire, se joignait un sourd mouvement de colère contre les écrivains modernes, qui, loin de reproduire fidèlement ce spectacle, avaient travesti les faits, dénaturé les caractères, imposé à tout une couleur fausse ou indécise.... Au calme d'esprit avec lequel je parcourais ce labyrinthe de doutes et de difficultés, il me semblait que je venais enfin de rencontrer ma véritable vocation. »

Qu'on donne aux Francs, répète Thierry, la barbarie franque ; que l'historien leur rende la francisque, les longs cheveux, les mœurs brutales, l'avidité et la luxure; qu'il montre chez ces conquérants l'allure barbare de la conquête. — A côté de ce premier conseil, en voici un autre, plus fertile en conséquences : que l'on refasse l'histoire du peuple conquis; les Francs ne sont pas la France : on a envers celle-ci le devoir de connaître les institutions, les mœurs, les pensées des populations soumises et des classes inférieures, des campagnes et des villes : « La roture a son histoire autant que la noblesse » ; qu'on suive le développement des libertés communales, « berceau de la liberté du Tiers Etat ». — Et enfin, la monarchie française est faite de la conquête des provinces : étudions séparément l'histoire de chacune d'elles, au même titre que l'iustoire de la monarchie'.

En donnant ces conseils, Thierry remettait en honneur les publications obscures des érudits du siècle passé, les éditions des documents originaux, les recherches sur les Ordonnances, les histoires provinciales; il invitait à continuer et à assu-

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