Victoire des Florentins sur Arezzo, 12 juin
lesquelles on retrouve Dante ambassadeur de la commune de Florence, à Sienne, Pérouse, Venise, Naples. Cet ambassadeur suit, en même temps, des leçons de philosophie et de théologie ; il voit d'une manière officielle les choses et les hommes ; celui qui vient de porter l'idéal jusqu'à la vision est désormais associé à toutes les grandes affaires de son temps ; avant de le maudire il apprend à le connaître.
L'époque où son poème se fonde intérieurement dans sa pensée est aussi celle où s'élèvent les monuments d'architecture qui marquent le mieux le génie de Florence, les cathédrales de Sainte-Marie, de Santa-Croce, le campanile de Giotto, le Palais du Peuple. Ces monuments mêlés du génie gothique et d'un rayon prématuré et charmant de la Renaissance grandissent en silence et se chargent de sculptures, en même temps que l'architecture du poème se dessine et se marque de plus dans l'esprit du poète.
N'oubliez pas cette invasion de pèlerins, ce jubilé de l'an 1500, qui amena plus de deux millions d'étrangers autour des monuments de la Rome chrétienne. Yillani raconte qu'à la vue de cette foule innombrable agenouillée sur les ruines, la pensée lui vint d'écrire l'histoire. Si ce fut là son impression, quelle dut être celle de Dante, et combien n'a-t-elle pas achevé d'exalter en lui l'idée du pèlerinage de son esprit dans l'immortelle cité ! Après que la foule s'est dissipée, je suis des yeux ces deux hommes qui entreprennent, l'un le pèlerinage du temps*, l'autre le pèlerinage de l'éternité.
Tout s'ordonne ainsi peu à peu autour de Dante, pour préparer son œuvre. Mais voici le moment de crise qui achève l'éducation du poète : pour que la poésie fût une