Cf. ici, p. XXXII. I d'Etudes historiques, 18i2 et s
2. De 1819 à 1850; publié plus 3. Académie des Inscriptions tard sous le titre de Cours [ et Belles-Lettres.
INTRODUCTION, xxxix
cnlme. Celui-ci, c'est l'Inde et la Perse quil'attirent : il a des précurseurs : ses maîtres immédiats, Abel Rémusat et Silvestre de Sacy; et au delà, le promoteur des études asiatiques, Anquetil-Duperron (mort en 1805) ; ce dernier, frère de l'historien, fut un homme incroyable, d'une verve diabolique, passant toute sa vie au milieu des manuscrits et des souvenirs de l'Asie, traduisant l'Avesta, le vivant même, gymnosophiste farouche dans le Paris du Directoire et du Consulat. Durnouf reprend l'œuvre incohérente d'Anquetil. En 1826, il découvre, avec Lassen, le pâli; en 1850, il publie enfin, correctement, le premier texte zend. Cette fois, la science de la Perse est chose fiauçaise : elle le demeurera. Rurnouf avait à peine trente ans.
Que ces deux g^rands noms ne fassent cependant pas oublier les deux fondateurs*, ou plutôt les deux organisateurs de la science asiatique en France, Abel Rémusat et Silvestre de Sacy 2 : ils créèrent la Société asiatique (1821) et le Journal asiatique (15 juillet 1822), la plus ancienne des publications de ce genre dans le monde. Leurs articles, multipliés à l'infini dans le Journal des Savants, pouvaient faire croire au monde érudit que l'Orient absorbait alors toutes les forces scientifiques de la France.
La vieille France, l'Egypte, l'Asie, tous les mondes que l'antiquité grecque et romaine avaient fait oublier, ressuscitaient r la fois : le romantisme de 1820 était, comme, l'humanisme de 1520, une renaissance.
« Le plus beau mouvement d'études sérieuses », dit Thierry*, * succéda, presque sans intervalle, à l'effervescence révolutionnaire.... En s'appliquant aux recherches studieuses, la jeunesse du parti rejeté loin des affaires y porta toute l'ardeur de ses espérances..., il y eut pour les lettres une classe d'hommes jeunes et dévoués, dont l'ambition n'avait de chances que par elles; il y eut une passion de renouvellement littéraire associée par l'opinion aux honneurs et à la popularité de ro))position politique. Le professorat s'éleva au rang de puissance sociale ; il y avait povir lui des ovations et des couronnes civiques ... On avait soif d'apprendre, sur ce passé dont l'ombre semblait encore menaçante, la vérité tout entière, et de là vinrent, spécialement pour les études historiques, dix années telles que la France n'en avait jamais vu de pareilles. »
1. Il faut rappeler ici les études de Saint-Martin sur l'histoire arménienne.