G° L ECOLE ET L INFLUENCE DE THIERRY
Si Thierry ne retrouvait plus à côté de lui ses compagnons de 18'20, la nouvelle génération, oubliant volontiers Guizot, trop mêlé aux querelles des partis, voyait en lui « le cher et illustre maître » par excellence. Chateaubriand lui-même s'inspirait de ses écrits : et on pouvait, auprès de Thierry, rencontrer tour à tour « le maître par qui le siècle avait commencé », et cehii, peut-être, par lequel on peut dire qu'il a fini, Ernest Renan*. Son frère Amédée écrivait, sous son inspiration et suivant ses habitudes, cette Histoire des Gaulois (1828), excellente en son temps, et où des vues nouvelles et hardies sur les Galls et les Kimris étaient suivies d'une narration extrêmement bien faite; il la compléta (18i0-1842) par son Histoire de la Gaule sous l'administration romaine, qui lui est inférieure comme récit et comme critique'- Fauriel, le meilleur de ses amis, avait composé VHistoire de la Gaule méridionale sous les conquérants germains (1846), où Thierry retrouvait l'écho de ses doctrines et l'imitation de ses plus chères habitudes. Les études d'histoire locale et provinciale, qu'il avait si fortement encouragées depuis 1817-, n'avaient
1. « Celtomanie », dit M. Reinacli (cf. p. IX, n. 3) avec infiniment de raison.