‹ Extraits des historiens français du XIXe siècleChapitre 5 sur 246 · Deuxième édit., 1769 et s.; troisième, 1785 et suiv · texte numérisé non relu

Deuxième édit., 1769 et s.; troisième, 1785 et suiv

ô. Une continuation parut en 1808. En 1819-21. nouvelle édit., par Dufau. On lisait également

y Abrégé du président Hénault (réimprimé en 1817) et Millot, auteur ^'Eléments de l'Histoire de France (1767 et s.) et de nombreux précis; on verra que Napoléon voulut les faire continuer. J. Chénier appelle avec raison Millot (Littérature française, chap. V) « décoloré, timide et médiocrement instructif ».

IV INTRODUCTION

études et écrite sans goût, manquant aussi bien do vérité que de jugement : le pi'incipal soin de l'auteur avait été de mettre en lumière, sous chaque règne, les fêles galantes des cours. Tous les rois francs sont transformés par lui en superbes seigneurs, vivant d'amours et de batailles, contemporains aimables du maréchal de Saxe :

« Chililéric », dit Velly, « fut un prince à grandes aventures. C'était Vlioiame le mieux fait de son royaume; il avait de l'esprit, du courage; mais, né avec un cœur tendre, il s'abandonnait trop à l'amour : ce fut la cause de sa perte. »

Et tout est dans ce ton. L'abbé Velly avait écrit l'histoire « à la Pompadour » : grâce à cela, le livre devint à la mode, et demeura classique. Napoléon l'avait lu, et ne devait point le trouver mauvais, car il donna des ordres pour qu'il fût continué '.

Aucune histoire ne l'avait en effet remplacé. Anquetil (né en 1725, il était alors presque octogénaire) songeait depuis fort longtemps à écrire une histoire générale de la monarchie française « d'après les documents originaux- », mais il avait le bon sens de reculer encore devant l'entreprise. Il s'était borné à écrire, pour les érudits un peu superficiels, son Histoire de la ville de Reims (1756-7) et son Esprit de la Ligue (1707), livres où l'on trouvait une saine critique des sources, et une assez lidèle expression des pensées et des coutumes d'autrefois^. En 1800, il étudiait toujours son histoire de France ; mais, s'il travaillait beaucoup, il travaillait mal.

Depuis que la Révolution avait accompli sa tâche, les philosophes et les politiques abandonnaient ces recherches sur

1. « Velly », disait Napoléon en 1808, « est le seul auteur un

Peu détaillé qui ait écrit sur histoire de France ». Et il ajoutait : « h'Abréçé chronologique du président Ilenault est un bon livre classique. Il est très utile de les continuer l'un et l'autre. »

« Sa Majesté », continuait la note de Napoléon, « a chargé le ministre de la police de veiller à la continuation de Millot. « Dans quel esprit devaient être faits ces

travau.x, on le devine : « 11 faut que la faiblesse du gouvernement sous Louis XIV même, sous Louis XV et sous Louis XVI inspire le besoin de soutenir l'ouvrage nouvellement accompli. » Correspondance de Napoléon, t. XVI, p. 575, note pour le ministre de l'Intérieur.

'2. Dacier, Notice historique sur Anquetil (dans son Histoire de France, I, édit. de 1826), p. \u

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