‹ Extraits des historiens français du XIXe siècleChapitre 58 sur 246 · et. ici, p. 3, n. 2. I 1862), aujourd'hui encore si lus · texte numérisé non relu

et. ici, p. 3, n. 2. I 1862), aujourd'hui encore si lus

2. 1830-18Î1. Repris dans ses en province. Abécédaires d' Archéologie (1850- ' 3. Cf. ici, p. 3W.

INTP.ODUCTION. lx\i\

alors par un jeune professeuc de lycée, élève cheràMichelet*, Dnruy, qui, à l'àye de 52 ans, commença avec une noble ini[)rudence une Histoire romaine (18-43). N'oublions pas la date : en ce temps-là, M. Mommsen n'avait encore que 26 ans, e\ n'avait écrit que quelques mémoires.

Les deux premiers volumes de V Histoire romaine de Duruy subissaient l'influence de Niebuhr et de Michelet : les questions de géographie, de race et d'institutions, y étaient largement traitées, mais avec de sages précautions contre le symbolisme; puis venait le récit, clair, vivant, d'une langue un peu molle et de couleurs assez ternes : — à tout prendre, avec le réel intérêt du livre, un progrès énorme, non pas sur Michelet, mais sur l'histoire traditionnelle enseignée dans les écoles; de plus, à cette date de 1845, un assez éclatant réveil donné en P'rance aux études classiques.

Au reste, ce qui attirait Duruy. ce qui devait faire son oiiginalité, c'était l'histoire de l'Empire romain. Nul ne l'avait tentée dans le monde depuis la fin du xvn« siècle, où parut celle de Lenain de Tillemont, que le public lettré avait toujours ignorée. C'est une œuvre bien française qu'il fallait reprendre. Duruy. en 1848, avait achevé en manusciit le troisième volume, qui traitait de la fondation de l'Empire*.

1 Cf. ici, p. ^63.

INTRODUCTIO^

1° DESTINÉES DES GRANDS HISTORIENS DE LA GEN^RATTON DE 1830. LA FIN DE MICHELET

La révolution de 1848 commença, celle de 1851 acheva la dispersion de ces historiens qui, depuis près de 50 ans, avaient vécu de science, de calme et de confiance.

Chateaubriand mourut en 1848 ; Thierry, cette même année, cessa d'écrire : son Histoire du Tiers État était conduite Jusqu'à la fin du règne de Louis XIV; il laissa tomber sa plume-, l'âme brisée par cette révolution populaire qui dérangeait ses théories historiques et ruinait ses amitiés politiques. Il avait cru l'histoire finie en 1830. Elle recommençait : il ne la comprenait plus. Il n'avait plus qu'à mourir. Son corps, disait-il, a s'en allait pièce à pièce ». En 1856, il mourut.

La révolution chassa Thierry de l'histoire ; elle y fit rentrer Guizot. De 1848 jusqu'à sa mort (1874), il se tint éloigné des affaires publiques ; les séances des Académies le rappelaient à Paris, mais il préférait la vie dans son domaine de Val-Richer, avec ses livres et sa famille. C'est là qu'il écrivit ses Mémoires et cette suite de VIJistoire de la Révolution d' Angleterre (1854-55), où il est impossible de noter une défaillance dans la méthode et dans le style : après 20 ans de vie publique, Guizot retrouvait ses talents historiques dans leur intégrité. Quand l'âge lui eut interdit les longues recherches nécessaires pour achever cette histoire, il dicta l'Histoire de France racontée à ses petits-enfants, qui fut sa dernière œuvre (1870-75). Sa vie s'encadre ainsi entre deux enseignements de l'histoire : il y avait soixante ans, en 1872, qu'il avait fait sa première leçon à la Sorbonne.

1. Voyez, sur l'état des études historiques dans cette période, les Rapports sur tes études histo-

riques (1867), de Geffroy, Zeller et Thiénot.

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