‹ Extraits des historiens français du XIXe siècleChapitre 74 sur 246 · En particulier, \'Acroj)ole d'Athènes · texte numérisé non relu

En particulier, \'Acroj)ole d'Athènes

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le second empire comme sous le premier. Le chef de l'État donne l'exemple en faisant publier sous son nom une Vie de César (1805). Les grands travaux de l'Académie de Berlin et de l'Inptitnt archéologique de Rome activent l'impulsion donnée par >'apoléon III : la France tient à honneur de faire l'exploration de ses deux patrimoines épigraphiques, la Gaule et l'Afrique; Léon Renier publie ses Inscriptions ro^yiaines de l'Algérie, M. Le Blant, ses Inscriptions chrétiennes de la Gaule; M. Allmer, à Vienne et à Lyon, devient insensiblement le chef d'une école épigraphique provinciale qui reconstituera le passé gallo-romain de la Gaule méridionale. Desjardins, en Italie, étudie le Latium, avant de se laisser conquérir par la Gaule romaine; Blacas, en traduisant la Monnaie romaine de M. Mommsen, la complète; Noël des Vergers fait connaître YÉtrurieet les Étrusques (1864). Les problèmes des mythes et des langues italiotes ont enfin en France un représentant, M. Bréal. La géographie historique y renaissait, grâce aux leçons de Desjardins, aux études de M. Deloche, à l'enseignement et aux livres de M. Ilimly. Une commission do l'Institut, sur l'initiative de l'Empereur, entreprend le recueil des œuvres de l'archéologue italien Borghesi. M. Mommsen vient à Paris en 1867 et y reçoit son ovation.

Ce sont là œuvres de science pure. Mais Rome suscitait aussi de belles études d'histoire littéraire, religieuse et politique, qui initient le grand public à l'admiration de son passé : nous avons déjà cité les livres de Champagny, sur les empereurs romains, celui de M. Albert de Broglie, qui est le premier travail sérieux entrepris de notre temps sur les transformations religieuses du monde à la fin de l'Empire ; les études de M. Gaston Boissier sur les écrivains romains : Attius (1856), Varron (1859), Cicéron et ses amis (1866). Ce dernier livre eut un succès particulier; M. Boissier y affirmait, en même temps qu'un talent d'écrivain souple et limpide, sa connaissance profonde de la littérature romaine, et son habileté à replacer les écrivains de Rome dans le milieu politique et religieux où se formaient leurs ouvrages. Les livres de Martha sur les Moralistes romains (1854) et sur le Poème de Lucrèce (1869) se rattachent à la même tendance. On a déjà parlé de celui de Ilavet sur le Christianisme, que les générations nou- ^ elles ont le tort de ne pas lire plus assidûment. L'Histoire des

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Chevaliers Uoniains, do Belot (1866), est un des livres les plus pénétrants qu'ait sufïfïérés l'étude des institutions romaines.

La connaissance de la Gaule celtique était complétée par les études d'archéologie : là encore la science recevait une véritable organisation. Napoléon HT fondait à Saint-Germain le Musée des Antiquités Nationales et y appelait pour directeur M. Alexandre Bertrand (1862). De ce dernier paraissait, en 1864, les Anciennes populations de la Goule. I.a Commission de topographie des Gaules était installée; le Dictionnaire des Antiquités Celtiques était commencé, et Desjardins abordait la publication de la Table de Peutinger par son livre sur la Gaule romaine (1860). — A toutes ces œuvres et à toutes ces fondations, le gouvernement témoignait sa sympathie et accordait ses subventions. Jamais Vercingétorix et Jules César n'eurent une telle gloire. Saulcy, Jacobs, Quicherat, Léon Renier, Bertrand, Desjardins, Longpérier, sans parler de Napoléon III lui-môme, se passionnèrent pour Alésia, Gergovie et Uxellodunum. On fouilla à Gergovie, à Bibracte et à Alise. La numismatique sembla surtout dévouée à l'empire romain et à la Gaule : Hucher essaya d'établir l'histoire du monnayage gaulois [VArt Gaulois, 1868-72) ; Saulcy, Longpérier apportèrent de vives lumières dans les ténèbres de la numismatique celtique; de AYitte dressa le catalogue des pièces frappées par les empereurs des Gaules au ni* siècle.

La France maintenait du reste dans la numismatique ancienne son antique suprématie. La Description historique des monnaies romaines (1859 et s.), de Cohen, est encore célèbre (un peu trop). Sabatier constitua la numismatique byzantine; "yVaddington rendit d'immenses services à la connaissance des monnaies de l'Asie Mineure, Saulcy établit les bases de la numismatique judaïque. A côté d'eux, d'Ailly, Duchalais, La Saussaye, F. Lenormand, Beulé, le duc de Luynes, Robert, Ponton d'Amécourt, M. A. de Barthélémy formaient un groupe compact de numismates, tels que la science d'aucun pays n'en offrit peut-être jamais.

Un coup d'éclat rappela au monde savant que la France revendiquait toujours pour elle la maîtrise des études orientales. Depuis ChampoUion, l'égyptologic avait langui : Letronne, Ch. Lenormand, qui l'avaient remplacé, n'avaient point sa haute compétence ; les études de Rougé étaient plus sérieuses

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e rendit brusqu l'Egypte ancienne sa gloire et sa popularité : le 13 novembre 1851 (et c'est la seconde grande date de l'égyptologie), il entra enfin dans la nécropole des Apis, le Scrapeum, dont depuis un an il déblayait les alentours :

« Mariette débouche l'entrée et découvre la rampe, très étroite et très raide, qui mène à la tombe du dieu. C'est à quatre heures ila malin qu'il descendit cette rampe. Elle le conduit, non plus dans des tombeaux qu'il fallait déblayer, mais dans d'immenses galeries entièrement dégagées, donnant accès aux tombes divines, aux soixante chambres, avec les Apis dans leurs sarcophages monolithes. Dans ces soixante chambres, les Apis avaient été déposés, chacun dans un sarcophage, d'une seule pièce, pesant 64000 kilogrammes. Chaque Apis était accompagné à'ex-voto qui mentionnent le règne sous lequel il est mort. C'est toute une série de personnages qui ne nous sont connus que par là. Mariette était fou. il était ivre-. »

Les recherches de M. Oppert en Mésopotamie (1851-1854) fm-cnt moins connues du gi^and public ; elles eurent une aussi grande influence sur la science de l'assyriologie. C'est à lui, disait, avec une justice dépourvue d'élégance, le rapport officiel, « qu'il appartient d'avoir dissipé les ténèbres qui pesaient sur l'antique idiome de Ninive », et son étude sur l'Inscription de Borsippa (1857) est le premier essai d'interprétation d'une inscription unilingue en langue assyrienne^. — La Trance enfin conservait un premier rang dans les études sémitiques, grâce à Renan, M. Barbier de Meynard, Derenbourg, d'autres encore; dans les recherches sur l'extrême Orient, grâce à Stanislas .lulien.

Quoi qu'on ait dit du règne de Napoléon III, il faut reconnaître que, si le mouvement historique fut alors considérable, l'État ne l'entrava point, tout au contraire. On a vu ce qu'il fit pour la connaissance de la Gaule et de l'Empire romain : il ne traita pas Vercingétorix plus mal que César. Il eut ses moments de puérile colère, au début surtout : laine ne sortit de sa disgrâce qu'en 1865, sans doute grâce à Duruy. 11 les

1. Guigniaut, Rapport de 1867 sur les études de l'Egypte, p. 5-7. — Maspero, art. cité p. lxxvu.

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