‹ Extraits des historiens français du XIXe siècleChapitre 84 sur 246 · Littérature grecque, trad · texte numérisé non relu

Littérature grecque, trad

Hillebrand,t.II,p. 561.

INTRODUCTION. cxxvii

document. II faut lire les documents de l'époque dont on s'occupe, « les lire tous », et sinon ne lire qu'eux, « du moins n'accorder qu'à eux une entière confiance^ ». — Et par documents, il ne faut pas entendre seulement les textes imprimés des écrivains, mais les chartes, les pièces inédites, où se trouve souvent « le meilleur» de l'histoire'^, les inscriptions, les monnaies, les monuments de l'art. Il importe enfin de connaître et d'avoir visité le pays dont on refait l'histoire^.

Voir et lire ne suffisent pas : il faut apprécier et juger Pour faire la critique d'un texte, on aura soin de s'informei des manuscrits qui l'ont transmis, de manière à n'avoiï d'ahord aucun doute sur Tauthenticité et la constitution de k phrase même. Puis il convient de définir chacune des expressions dont elle se compose, et d'en arrêter le sens, non pas d'une manière générale, mais à l'époque précise où ces textes ont été écrits. Enfin, on ne séparera jamais le texte du contexte, c'est-à-dire de ce qui précède et de ce qui suit ; on le replacera dans la pensée de l'auteur, et on ne lui fera dire que ce que l'auteur a exactement voulu lui faire dire*. — S'il s'agit d'une inscription, qu'on s'assure si elle est authentique, si elle a été bien lue, d'où elle est originaire : ne concluez pas d'une inscription lue dans le musée d'une ville comme si elle a été trouvée dans cette ville même.

L'étude du document est le commencement et la fin de la vraie science. Il est utile de lire les ouvrages écrits par les modernes : il est nécessaire de leur rendre hommage quand ils ont trouvé, avant nous, la vérité. Les consulter est un devoir d'historien ; les citer quand on les utilise est un devoir d'honnête homme. Mais la conviction ne doit pas se former par leur lecture, mais par celle des documents^.

La lecture et la critique des textes forment la première partie du travail historique : c'est l'analyse. Les grouper et tirer de leur concordance une conclusion en est la seconde partie : c'est la synthèse. Avant de conclure, il faut hésiter longtemps, voir et revoir encore les textes : des années d'ana- Iyse avant une heure de synthèse^.

1. Fustel. Monarchie franque. \ \. Fustel de Coiilanges, p. G61. • ôO.-^. 5. Fustel, p. 662.

2. Micholet, p. 518. G.Thierry, p. 99; Micliolot, 5. Michelet, p. 318. 1 p. 5U; Fustel de Coulanges, p. 623.

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