‹ Extraits des moralistesChapitre 276 sur 299 · Allusion à l'histoire d'Aristide · texte numérisé non relu

Allusion à l'histoire d'Aristide

LA Dl^MOCUATIE. 597

(/ olio adversum*, surtout quand il rencontre un chef : car lors ne plus ne moins que la mer, bonace de nature, ronfle, escume et faictrage agitée de la fureur des vents; ainsi le peuple s'enfle, se hausse et se rend indomptable : ostez-lui les chefs, le voilà abattu, elTarouché, et demeure tout planté d'efl'roy, sine redore prsecepSy pavidus, socors: nil aussnra plebs principibus amoti^.

Soustient et favorise les brouillons et remueurs de mesnage, il estime modestie, poltronnerie, prudence, lourdise : au contraire, il donne à l'impétuosité bouillante le nom de valeur et de force : préfère ceux qui ont la teste chaude et les mains fretiUantes, à ceux qui ont le sens rassis, qui poisent les afl'aires, les vanteurs et babillards aux simples et retenus.

Ne se soucie du pubUc ny de l'honneste, mais seulement du particulier, et se picque sordidement pour le profit : privata cuique sthnulatio, vile decus puhlicum'\

Tousjours gronde et murmure contre l'Estat, tout bouffi de mesdisance et propos insolens contre ceux qui gouvernent et commandent. Les petits et pouvres n'ont autre plaisir que de mesdire des grands et des riches, non avec raison, mais par envie, ne sont jamais contens de leurs gouverneurs et de Testât présent^.

Mais il n'a que le bec, langues qui ne cessent, esprits qui ne bougent, monstre duquel toutes les parties ne sont que langues, qui de tout parle et rien ne sçait, qui tout regarde et rien ne voit, qui rit de tout et de tout pleure, prest à se mutiner et rebeller et non à combattre; son propre est d'essayer plustost à secouer le

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