Allusion aux expositions d'enfants dans l'antiquité
(leviiior louchant la cause de ce mélange, répondra (ju'ello s'est jouée en unissauit deux pièces qui n'ont nul rapport, et ainsi que, par une espèce de caprice, elle a formé ce prodige qu'on appelle l'homme.
Vous jugez bien, Messieurs, que ni les uns ni les autres n'ont donné au but, et qu'il n'y a plus que la loi qui puisse expliquer une si grande énigme'. Vous vous trompez, ô sages du siècle : l'homme n'est pas les délices de la nature, puisqu'elle l'outrage en tant de manières; l'homme ne peut non plus être son rebut, puisqu'il y a quelque chose en lui qui vaut mieux que la nature ellemême, je parle de la nature sensible. Maintenant parler de caprice dans les ouvrages de Dieu, c'est blasphémer contre sa sagesse. Mais d'où vient donc une si étrange disproportion? Faut-il, chrétiens, que je vous le dise? et ces masures mal assorties, avec ces fondements si magnifiques, ne crient-elles pas assez haut que l'ouvrage n'est pas en son entier? Contemplez cet édifice, vous y verrez des marques d'une main divine; mais l'inégalité de l'ouvrage vous fera bientôt remarquer ce que le péché a mêlé du sien. 0 Dieu! quel est ce mélange? J'ai peine à me reconnaître; je suis prêt à m'écrier avec le prophète : Hœccine est urhs perfecli decoris gaudiumuniversse terrœ'^l Est-ce là cette Jérusalem? « Est-ce là cette ville, est-ce là ce temple, l'honneur et la joie de toute la terre? » Et moi je dis : Est-ce là cet homme fait à l'image de Dieu, le miracle de sa sagesse, et le chef-d'œuvre de ses mains?
BOSSUET
Sermon sur la mort
1. Bossuet écrit : Un si grand éntgme. Énigme était en effet masculin dans I( s anleiirs du commencement du xvii* siècle.
2, Thrcn.y ii, 13.