SERMON I. PARTIE I
J'annoncerai des choses qui ont été cachées depuis la fondation du monde.—MaT. xiii. 35.
Je parle comme à des hommes intelligents ; jugez vous-mêmes de ce que je dis.—1 Con. x. 15.
1. L'apôtre Paul, écrivant à l'église de Dieu à Corinthe, dit dans sa seconde épitre: ‘Je connais un homme en Christ, qui fut, il y a quatorze ans, ravi jusqu’au troisième ciel (si ce fut dans son corps je ne sais, si ce fut hors de son corps je ne sais, Dieu le sais). Et je sais que cet homme (si ce fut dans son corps ou sans son corps je ne sais, Dieu le sait) fut enlevé dans le paradis, et qu'il entendit des paroles ineffables qu'il n'est pas permis à un homme d'exprimer.” Voilà tout ce que l’apôtre dit sur ce point, il change aussitôt le sujet, et l'église à Corinthe aurait pu ne pas apprendre même cela de lui, n'eût été que de faux apôtres e+ des ouvriers trompeurs, déjà dans la première période de la chrétienté, se glissaient dans l’église, se déguisant en apôtres de Christ. Et cela n'est pas étonnant, dit Paul, car Satan lui-même se déguise en ange de lumière; il n'est donc pas étrange que ses ministres aussi se déguisent en ministres de justice. Ces faux apôtre se vantaient de leur propre autorité, et mettaient en question l'autorité de Paul, disant: “Ses lettres sont sévères et fortes; mais présent en personne, il est faible, et sa parole est mépr'sable.” Et Paul dit: ‘‘Puisqu'il en est plusieurs qui se glorifient selon la chair, je me glorifierai aussi. Car vous supportez volontiers les insensés, vous qui êtes sages.” Puis l’apôtre fait allusion à ses affictions, et au ravissement dont on vient de lire. Beaucoup de personnes se sont demandés, on se le demande encore, quelles furent ces paroles ineffables que Paul entendit dans le paradis, et qu'il n'était pas permis à un homme d'’ex-
2 Cor. 12: 2-4
2 Cor. 11: 13-15
2 Cor. 10: 10
2 Cor. 11:18, 19
1 Cor. 1: 27-29
primer. Une chose qu’on sait par le premier verset, c'est qu'il eut une vision, et reçut des révélations du Seigneur. Une partie de la vision et des révélations est rapportée dans le second et le troisième verset du” chapitre précédent: ‘Je vous ai fiancés à un seul époux, pour vous présenter à Christ comme une vierge pure. Toutefois, de même que le serpent séduisit Eve par sa ruse. je crains que vos pensées ne se COrrompent et ne se détournent de la simplicité à l'égard de Christ.”
2. Comme ayant rapport à ce qui précède, nous vous rappelons que Jésus, à l'âge de douze ans, resta à Jérusalem, et Joseph et Sa Mère ne s'en aperçurent point, croyant qu’il était avec leurs parents et leurs connaissances. Mais ne L'avant pas trouvé, ils retournèrent en peine à Jérusalem pour le chercher; et au bout de ‘‘trois jours" — nous accentuons ces mots, car nous y ferons encore allusion plus tard — “au bout de trois jours ils le trouvèrent dans le temple, assis au milieu des docteurs, les écoutant et les interrogeant. Tous ceux qui l'entendaient étaient frappés de son intelligence et de ses réponses.” Cette circonstance aurait pu se p :iser comme l'autre, sans être mise en écrit, si Ses parents ne l'eussent perdu. Mais le sujet de discussion qui occupait Jésus et les docteurs dans le temple n’a pas été rapporté, et jusqu'à présent l’homme est resté dans l'ignorance sur ce point autant que sur l’autre.
3 Mes chers auditeurs, avant de rien annoncer de ces choses qui ont été cachées depuis la création du monde, lai ez-nous vous dire que ‘nous’ ne nous élevons pas au-dessus de nos semblables, et nous ne nous faisons gloire d'aucune sagesse ou science comme ‘nous’ appartenant en propre, Car personne ne connaît mieux que nous-même notre défaut absolu de mérite. Cependant, il plaît au Seigneur, et c'est sa prérogative, à choisir les choses folles du monde pour confondre les sages, les choses faibles du monde pour confondre les fortes, les choses viles du monde et celles qu'on méprise, celles qui ne sont rien, pour réduire au néant celles qui sont, afin que nulle chair ne se glorifie devant Dieu. D'autre part, nous ne voulons pas nous jeter dans l’extrême opposé, et faire parade d'humilité. Mais nous avons maintes raisons de rendre grâces à Dieu de ce que nous sommes ce que nous somimes, que nous avons le privilège de savoir ce que nous
savons; et surtout sommes-nous sincèrement recon-
naissants de ce que nous avons été appelés et choisis
membres de la Dernière, ou plutôt de la Nouvelle Agsée
Maison d'Israël, famille royale que nous avons l'hon-
neur de représenter comme ambassadeurs de Christ.
Ne trouvez donc pas étrange que ‘“nous’’ vous annn-
çons aujourd'hui des choses qui ont été cachées depuis
la création du monde, selon qu'il est écrit: ‘Le
secret de l'Eternel est pour ceux qui le craignent, et il
leur fera connaître son alliance.” Aussi: ‘‘L’onction Ps. 25: :4
que nous avons reçue de lui demeure en nous, et nous
n'avons pas besoin qu'on nous enseigne; mais comme
son onction nous enseisne toutes choses, et qu'elle est
véritable et qu'elle n'est point un mensonge, nous de-
meurons en lui,” en attendant qu 11 demeure en nous.r: Jo. 2: 27 4. Ici, nous voulons attirer votre atiention sur trois
passages des Ecritures que beaucoup de bons théolo-
giens n'ont pas remarquées: ‘Dieu appelle les choses
qui ne sont pas comme si elles étaient ;’”” ‘aucune pro- Rom. 4: 17
phétie de l’Ecriture n'est d'une interprétation parti- 2 Pier. 1: 20
culière’’; ‘‘il est une chose que vous ñe devez pas
ignorer, c'est que, devant le Seigneur, un jour es:
comme mille ans, et mille ans sont comme un jour.” + Pie. x: 8 5. De même qu’en arithmétique l'écolier emploie
trois nombres pour en trouver un quatrième, procédé
qu'il appelle ‘la règle de trois,’ de même nous trouvons
ce nombre trcis présenté toujours à nos regards, tant
dans la nature que dans les Ecritures, depuis la Genèse
jusqu'à l’Apocalypse. Si nous contemplons le firma-
ment, nous voyons toujours l'éclat du soleil, celui de
la lune, et celui des étoiles. Si nous nous promenon‘
dans les champs en verdure, nous foulons au pied le
trèfle. Pareillement, dans la Nouvelle Maison d'isiaël
rous avons le nombre trois comme emblème de la
Sainte Trinité: le Père, le Fils et le Saint Esprit. Si
nous considérons l’homme, notle ouvrage de la Divi-
nité, nous le voyons sortir des mains du Potier composé
de trois parties, savoir, le corps, l'âme et l'esprit. Etr Thes. 5: 23
comme la femme prit le levain et le cacha dans trois
mesures de farines distinctes et séparées, de même la Mat. 13: 33
Divinité, dans sa grande sagesse, a divisé les six jours
de la création, ou les six mille ans, en trois dispensations
distinctes et séparées, de deux mille ans chacune. De
là le ‘troisième: jour,” ou dernière dispensation, men-
tionné si souvent dans ies Ecritures.