‹ Extraits en prose de VoltaireChapitre 105 sur 259 · VI. — DU STYLE · texte numérisé non relu

VI. — DU STYLE

Section I. — Le style des lettres de Balzac n'aurait pas été mauvais pour des oraisons funèbres; et nous avons quelques morceaux de physique dans le goût du poème épique et de l'ode. 11 est bon que chaque chose soit à sa place.

Ce n'est pas qu'il n'y ait quelquefois un grand arl, ou plutôt un très heureux naturel à mêler quelques traits d'un style majestueux dans un sujet qui demande de la simplicité; à placer à propos de la linesse, de la délicatesse, dans un discours de véhémence et de force. Mais ces beautés ne s'enseignent pas. Il faut beaucoup d'esprit et de goût. Il serait difficile de donner des leçons de l'un et de l'autre.

Il est bien étrange que depuis que les Français s'avisèrent d'écrire, ils n'eurent aucun livre écrit d'un bon style, jusqu'à l'année 105G,où les Lettres provinciales parurent. Pourquoi personne n'avait-il écrit l'histoire d'un style convenable, jusqu'à la Conspiration de Venise de l'abbé de Saint-Réal'?

D'où vient que Pellisson eut le premier le vrai style de l'éloquence cicéronienne, dans ses mémoires pour le surintendant Fouquet?

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