‹ Extraits en prose de VoltaireChapitre 107 sur 259 · Le Dauphin · texte numérisé non relu

Le Dauphin

2. Cullot (1594-IC5o), le grand dessinateur et graveur lorrain, qui a excellé dans la représenlalion du grotesque et de l'horrible, de la misère et de la cruauté. -■

3. C'est une idée que Voltaire a réjiétée plusieurs fois. BuHoiiditau contraire, dans le Discours sur le slijle : « Ceux qui écrivent comme ils parlent, quoiqu'ils parlent Irè; Lieu, écrivent mal. i>

pect, on s'astreint alors à la bienséance. Or je demande à qui on doit plus de respect qu'au public?

On a tant répété qu'on doit écrire du ton de la bonne compagnie, que les auteurs les plus sérieux sont devenus plaisants, et, pour être de bonne compagnie avec leurs lecteurs, ont dit des choses de très mauvaise compagnie.

On a voulu parler de science comme Voilure parlait à MllePaulet'de galanterie, sans savoir que Voiture même n'avait pas saisi le véritable goût de ce petit genre dans lequel il passa pour exceller; car souvent il prenait le faux pour le délicat, et le précieux pour le naturel. La plaisanterie n'est jamais bonne dans le genre sérieux, parce qu'elle ne porte jamais que sur un côté des objets qui n'est pas celui que l'on considère; elle roule presque toujours sur des rapports faux, sur des équivoques : de là vient que les plaisants de profession ont presque tous l'esprit faux autant que superficiel.

Il me semble qu'en poésie on ne doit pas plus mélanger les styles qu'en prose. Le style marotique a depuis quelque temps gâté un peu la poésie par cette bigarrure de termes bas et nobles, surannés et modernes; on entend dans quelques pièces de morale les sons du sifflet de Rabelais parmi ceux de h tlùte d'Horace :

Il faut parler français : Boileau n'eût qu'un langage; Son esprit était juste et son style était sage. Sers-toi de ses leçons : laisse aux esprits mal faits L'art de moraliser du tonde Rabelais-.

J'avoue que je suis révolté de voir dans une épitre sérieuse les expressions suivantes :

i. C'est cptie amie de Mme de Piarabouillet, que Voiture appelait la Belle Lionne pai' allu>ion à son opulente chevelure, et qu'il traitait,

en tout bien tout honneur, sur le pied d'amoureux ti'ansi.

"2. Vers de Voltaire (variantes du VU' Discours sur l'kuiumej.

Des rimeurs disloqués à qui le cerveau tinte, Plus amers qu'aloès et jus de coloquinte, Vices portant niéchef. Gens de tel acabit. Chiffonniers, Ostrogotlis. maroufles que Dieu fil'.

De tous ces termes bas l'entassement facile Déshonore à la fois le génie et le style.

Dict. philos.. Style.)

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