‹ Extraits en prose de VoltaireChapitre 116 sur 259 · L É/eci/'e de Crébillon (1709). | i. Lisez Iphianasse · texte numérisé non relu

L É/eci/'e de Crébillon (1709). | i. Lisez Iphianasse

surprendre les auditeurs par le récit d'un naufrage, et non le personnage qui veut venger son père et son ami, tuer le tyran d'Argos, et qui est partagé entre l'amour et la vengeance.

Lorsqu'un personnage s'oublie, et qu'il veut absolument être poète, il doit alors embellir ce défaut par les vers les plus corrects et les plus élégants.

Plusieurs hommes de goût, et entre autres l'auteur du Télémaque, ont regardé comme une amplification le récit de la mort d'IIippolyte dans Racine'. Les longs récits étaient à la mode alors. La vanité d'un acteur veut se faire écouter*. On avait pour eux cette complaisance; elle a été blâmée. L'archevêque de Cambrai prétend que Théramène ne devait pas, après la catastrophe d'Hippolyte, avoir la force de parler si longtemps; qu'il se plaît trop à décrire les cornes menaçank's du monstre, et ses écailles jaunissantes et sa croupe qui se recourbe; qu'il devait dire d'une voix entrecoupée ; « Ilippolyte est mort ; un monstre l'a fait périr; je l'ai vu. »

Je ne prétends point défendre les écailles jaunissantes et la croupe qui se recourbe; mais en général cette critique souvent répétée me parait injuste. On veut que Théramène dise seulement : « Ilippolyte est mort; je l'ai vu, c'en est fait. »

C'est précisément ce qu'il dit, et en moins de mots encore.... d Ilippolyte n'est plus. » Le père s'écrie; Théramène ne reprend ses sens que pour dire :

...J;ii vu des mortels périr le plus aimable;

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