Voy. plus liant, p
2. On ne savait pas encore a\\ Icnips de Voltaire que les premiers
poèmes lies Grecs avaient été ( oiuposés et Iransiiiis sans le secoui's (le l'écriture.
puisque VÈnéide, après onze années, n'était pas encore dans sa perfection i.
M. de Laniotle prétend qu'au moins une scène de tragédie mise en prose ne perd rien de sa grâce ni de sa force. Pour le prouver, il tourne en prose la première scène de Milhridate, et personne ne peut le lire. 11 ne songe pas que le grand mérite des vers est qu'ils soient aussi corrects que la prose; c'est cette extrême difficulté surmontée qui charme les connaisseurs : réduisez les vers en prose, il n'y a plus ni mérite ni plaisir.
(( Mais, dit-il, nos voisins ne riment point dans leurs tragédies. » Cela est vrai, mais ces pièces sont en vers parce qu'il faut de l'harmonie h tous les peuples de la terre. Il ne s'agit donc plus que de savoir si nos vers doivent être rimes ou non . MM. Corneille et Racine ont employé la rime; craignons que si nous voulons ouvrir une autre carrière, ce soit plutôt par l'impuissance de marcher dans celle de ces grands hommes que par le désir de la nouveauté. Les Italiens et les Anglais peuvent se passer de rimes, parce que leur langue a des inversions, et leur poésie mille libertés qui nous manquent. Chaque langue a son génie déterminé par la nature de la construction de ses phrases, par la fréquence de ses voyelles ou de ses consonnes, ses inversions, ses verbes auxiliaires, etc. Le génie de notre langue est la clarté et l'élégance; nous ne permettons nulle licence à notre poésie, qui doit marcher, comme notre prose, dans l'ordre précis de nos idées. Nous avons donc un besoin essentiel du retour des mêmes sons pour que notre poésie ne soit pas confondue avec la prose-.
1. Cela prouve, nou que la vorsificalion latine en elle-nièmc lut difficile, mais que Virgile était un écrivain scrupuleux et cliAtié.