L'exemple de Méueclime cl
celui (le Crispin sont lires de deux l)icees de liegnanl, /t's Ménechincs et le Légataire.
11 y a bien d'autres genres de comiques. 11 y a des plaisanteries qui causent une autre sorte de plaisir; mais je n"ai jamais vu ce qui s'appelle rire de tout son cœur, soit aux spectacles, soit dans la société, que dans des cas approchant de ceux dont je viens de parler.
Il y a des caractères ridicules dont la représentation plaît sans causer ce rire immodéré de joie. Trissotin et Vadius, par exemple, semblent être de ce genre; le Joueur, le Grondeur^, qui font un plaisir inexprimable, ne permettent guère le rire éclatant.
11 y a d'autres ridicules mêlés de vices dont on est charmé de voir la peinture, et qui ne causent qu'un plaisir sérieux. Un malhonnête homme ne fera jamais rire, parce que dans le rire il entre toujours de la gaieté, incompatible avec le mépris et l'indignation. Il est vrai qu'on rit au Tartuffe ; mais ce n'est pas de son hypocrisie, c'est de la méprise du bonhomme qui le croit un saint, et l'hypocrisie une fois reconnue, on ne rit plus : on sent d'autres impressions^.
On pourrait aisément remonter aux sources de nos autres sentiments, à ce qui excite la gaieté, la curiosité, l'intérêt, l'émotion, les larmes. Ce serait surtout aux auteurs dramatiques à nous développer tous ces ressorts, puisque ce sont eux qui les font jouer. Mais ils sont plus occupés de remuer les passions que de les examiner ; ils sont persuadés qu'un sentiment vaut mieux qu'une définition, et je suis trop de leur avis pour mettre un traité de philosophie au-devant d'une pièce de théâtre.