C'est raillerie. — Voltaire se
refuse à comprendre la liante portée des conflits qui ont donné lieu aux guerres religieuses du xvi' siècle ; guerres lion-ibles, sans doute, mais non pas soties.
et sans vassaux, et où le peuple partage le gouvernement sans confusion.
La chambre des pairs et celle des communes sont les arbitres de la nation, le roi est le surarbitre. Cette balance manquait aux Romains : les grands et le peuple étaienl toujours en division à Rome, sans qu'il y eût un pouvoir mitoyen qui pût les accorder. Le sénat de Rome, qui av;iil l'injuste et punissable orgueil de ne vouloir rien partager avec les plébéiens, ne connaissait d'autre secret, pour les éloigner du gouvernement, que de les occuper toujours dans les guerres étrangères. 11 regardait le peuple comme une bète féroce qu'il fallait htcliersur leurs voisins, de peur qu'elle ne dévorât ses maîtres; ainsi le plus grand défaut du gouvernement des Romains en fît des conquérants; c'est parce qu'ils étaient malheureux chez eux qu'ils devinrent les maîtres du monde, jusqu'à ce qu'enfin leurs divisions les rendirent esclaves.
Le gouvernement d'Angleterre n'est point fait pour un si grand éclat, ni pour une fin si funeste; son but n'est point la brillante folie de faire des conquêtes, mais d'empêcher que ses voisins n'en fassent; ce peuple n'est pas seulement jaloux de sa liberté, il l'est encore de celle des autres. Les Anglais étaient acharnés contre Louis XIV, uni- (piement parce qu'ils lui croyaient de l'ambition*.
Il en a coûté sans doute pour établir la liberté en Angleterre ; c'est dans des mers de sang qu'on a noyé l'idole du pouvoir despotique; mais les Anglais ne croient point avoir