CONSIDERATION ACCORDEE AUX GENS DE LETTRES EN ANGLETERRE
Ni en Angleterre ni en aucun pays du monde on ne trouve des établissements en faveur des beaux-arts comme en France. Il y a presque partout des universités; mais c'est dans la France seule qu'on trouve ces utiles encouragements pour l'astronomie, pour toutes les parties des mathématiques, pour celles de la médecine, pour les recherches de
i. 1313. — Cn nimo, Voltaire l'ii reronini, n'est pas liisloriquenieiit otabli.
2. No ]iourrait-on pa^ conclure qu'un crime juridique est pluscompromeltanl pour l'honneur national"?
l'anliquité, pour la peinture, la sculpture et l'architecture. Louis XIV s"est immortalisé par toutes ces fondations, et cette innnortalité ne lui a pas coûté deux cent mille francs par an.
J'avoue que c'est un de mes étonnements que le parlement d'Angleterre, qui s'est avisé de promettre vingt mille guinées à celui qui ferait l'impossible découverte des longitudes', n'ait jamais pensé à imiter Louis XIV dans sa magnillcence envers les arts.
Le mérite trouve à la vérité, en Angleterre, d'autres récompenses plus honorables pour la nation ; tel est le respect que ce peuple a pour les talents, qu'un homme de mérite y fait toujours fortune. M. Addison, en France, eût été de quelque académie, et aurait pu obtenir, par le crédit de queU[ue femme, une pension de douze cents livres, ou plutôt on lui aurait fait des affaires, sous prétexte qu'on aurait aperçu dans sa tragédie de C«/on- quelques traits contre le portier d'un homme en place; en Angleterre, il a été secrétaire d'État. M. Newton était intendant des monnaies du royaume; M. Congrève avait une charge importante ; M. Prior a été plénipotentiaire; le docteur Swift est doyen d'Irlande^ et y est beaucoup plus considéré que le primat. Si la religion de M. Pope'' ne lui permet pas d'avoir une place, elle n'empêche pas que sa traduction d'Homère ne lui
1. En 17U. — Il s'agissait de coiislruire une horloge assez constame à travers les influences variables (le température, d'état hygrométrique, l'i sous les diverses pressions atmosphériques, pour permettre aux navigateurs de déterminer la longitude en pleine mer.
La prime volée par le Parlement j)rovoqua d'importants travaux, et
llarrisson, après trente-six ans de recherches (1728-176i), apporta la solution déclarée impossible par Voltaire.