Il était né catholiiiue
ait valu deux cent mille francs. J'ai vu longtemps en France l'auteur de Rhadamisle^ près de mourir de faim ; le fils d'un des plus grands hommes que la France ait eus, et qui commençait à marcher sur les traces de son père, était réduit à la misère sans M. Fagon-. Ce qui encourage le plus les gens de lettres en Angleterre, c'est la considération où ils sont : le portrait du premier ministre se trouve sur la cheminée de son cabinet ; mais j'ai vu celui de M. Pope dans vingt maisons.
M. Newton était honoré de son vivant, et l'a été après sa mort comme il devait l'être. Les principaux de la nation se sont disputé l'honneur de porter le poêle à son convoi. Entrez à Westminster : ce ne sont pas les tombeaux des rois qu'on y admire, ce sont 'es ml,onuments que la reconnaissance de la nation a érigés aux plus grands hommes qui ont contribué à sa gloire; vous y voyez leurs statues comme on voyait dans Athènes celles des Sophocle et des Platon; et je suis persuadé que la seule vue de ces glorieux monumoiits a excité plus d'un esprit et a formé plus d'un grand honmie.
On a même reproché aux Anglais d'avoir été trop loin dans les honneurs qu'ils rendent au simple mérite; on a trouvé à redire qu'ils aient enterré dans Westminster la célèbre comédienne Mlle Oldfield, rà peu près avec les mêmes honneurs qu'on a rendus à M. Newton : quelques-uns ont pi'étendu qu'ils avaient affecté d'honorer à ce point la mé-
1. Créliilloii : il ne vivait (im- dr SI [ilaie tie censeur lillôraire.
"2. .le n'ai pu découvrir quel est ce (ils (le pi-aiid homme. — Quant à Fagon (1638-1718), il devint eu 1694 premier médecin de Louis XIV et surintendant liu jardin du roi :
en cette ([ualilé, et grâce au crédit
personnel dont il jouissait auprès du souverain, il rendit d'importants services à la l)Olanir|ue par les travaux et les voyages dont il fut le promolour. Son grand désintéressement le distinguait de ses confrères non moins que sa science.
moire de cette actrice, afin de nous faire sentir davantage
la barbare et làcbe injustice qu'ils nous reprochent, d'avoir
jeté à la voirie le corps de Mlle Lecouvreur'.
Mais je puis vous assurer que les Anglais, dans la pompe
funèbre de Mlle Oldfield, enterrée dans leur Saint-Denis,
n'ont rien consulté que leur goût; ds sont bien loin d'at-
laclier l'infamie à l'art des Sophocle et des Euripide, et de
relraucher du corps de leurs citoyens ceux qui se dévouent
à réciter devant eux des ouvrages dont leur nation se
glorifie.
{Lettres p/iilos., XXIII.)