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excellent pour ceux qui ont un bon estomac : ne puis-je pas en vendre à mon voisin sans que ce coupe-gorge, dont vous m'avez parlé, m'envoie aux galères? — Oui. — Pourquoi, s'il vous plaît, cette énorme différence entre mes châtaignes et mon blé? — Je n'en sais rien. C'est peutêtre parce que les charançons mangent le blé et ne mangent point les cliàtaignes. — Voilà une très mauvaise raison. — Hé bien ! si vous en voulez une meilleure, c'est parce que le blé est d'une nécessité première, et les châtaignes ne sont que d'une seconde nécessité. — Cette raison est encore plus mauvaise. Plus une denrée est nécessaire, plus le commerce en doit être facile. Si on vendait le feu et l'eau, il devrait être permis de les importer et de les exporter d'un bout de la France à l'autre. — Je vous ai dit les choses comme elles sont, me dit enfin le greffier. Allez vous en plaindre au contrôleur général; c'est un homme d'ÉgUse et un jurisconsulte*; il connaît les lois divines et les lois humaines, vous aurez double satisfaction. ))
Je n'en eus point. Mais j'appris qu'un ministre d'État, qui n'était ni conseiller ni prêtre*, venait de faire publier un édit par lequel, malgré les préjugés les plus sacrés, il était permis à tout Périgourdin de vendre et d'acheter du blé en Auvergne, et tout Champenois pouvait manger du pain fait avec du blé de Picardie.
Je vis dans mon canton une douzaine de laboureurs, mes frères, qui lisaient cet édit sous un de ces tilleuls qu'on appelle chez nous un rosni, parce que Rosni, duc de Sulli, les avait plantés.
pas. — Celte place était alors occupée par Tui'got, auteur de l'édit de liberté doiil il va être question (1.1 septembre 1774).