C'est la maladie dont mourut Turgot en
CORRESPONDANCE
\. — k W^ LE DUC D'ORLÉANS, RÉGENT
Monseigneur, faudra-t-il que le pauvre Voltaire ne vous ait d'aulres obligations que de l'avoir corrigé par une année de Bastille*? 11, se flattait que, après l'avoir mis en purgatoire, vous vous souviendriez de lui dans le temps que vous ouvrez le paradis à tout le monde-.
11 prentl la liberté île vous demander (rois grâces : la première, de souffrir qu'il ait l'honneur de vous dédier la tragédie^ qu'il vient de composer; la seconde, de vouloir bien entendre quelque jour des morceaux d'un poème épique sur celui de vos aïeux auquel vous ressemblez le
1. Vollairc, incarcéré à lu Bastille le 17 mai 1717, en était sorti par ordre du 11 avril 1718, lui enjoignant de se tenir relégué à Chàtenay, près Sceaux, dans la maison de sou père. Son emprisoniicmcnt avait été molivé par une inscriptiou latine contre le Régent, commençant par ces mots : Piiero ret/nante, qui était bien de lui, comme en témoignaient les rapports
d'espions, et par une satire coniro le dernier règne, J'ai vu..., qu'on lui attribuait indûment.
2. C'est le moment oii Law, protégé par le. Régent, enivrait Paris par l'appât do spéculations insensées : la popularité du prince était à sou comble.
3. Œdipe. — Celte pièce, pidjlrée en 1719, l'ut dédiée à la duchesse, mère du Régent.
plus'; et la troisième, de considérer que j'ai riionneur de vous écrire une lettre où le mot de souscription ne se trouve point-.
Je suis avec un profond r.''spect. monseigneur, de Votre Altesse Royale, le très humbii et très pauvre secrétaire des niaiseries. Voltaire.