‹ Extraits en prose de VoltaireChapitre 194 sur 259 · A M. D'ARNAUD», A PARIS · texte numérisé non relu

A M. D'ARNAUD», A PARIS

A Bruxelles, 20 iiovcmlire (17t2).

Mon cher enfant en Apollon, vous vous avisez donc enfin d'écrire d'une écriture lisible, sur du papier honnête, de cacheter avec de la cire, et même d'entrer dans quelque détail en écrivant? 11 faut qu'il se soit fait envous une bien belle métamorphose; mais apparemment votre conversion ne durera pas, et vous allez retomber dans votre péché de paresse. >''y retombez pas an moins quand il s'agira de travailler à \olre Mauvais riche^, car j'aime encore mieux votre gloire que vos attentions. J'espère beaucoup de votre plan et surfout du temps que vous mettez à composer, car, depuis trois mois, vous ne m'avez pas fait voir un vers. Sot cilo, si sat hene ^.

1. D'Arnaud - Baciilard , né en 1718, mort en 1805. Son goût précoce pour la poésie avait été encouragé par Voltaire, qui l'aida de ses conseils, de son argent, et 1 ■ recommanda même à Frédéric. Le goût que ce roi manifestait pour d'Arnaud, la laveur qu'il lui témoignait à Berlin, furent plus tard une des causes qui déterminèrent Voltaire à partir lui aussi pour la Prusse. La pièce la plus connue d'Arnaud est un gros drame, le

Comte lie Commhiges , représenté en 1790. 11 doit aussi son peu de célébrité aux railleries dont Beaumarchais l'a criblé dans ses Mémoires.

2. Le Mauvais riche fut joué à l'hôtel de Clermont-Tounerre, en février 1730 : Lekain remplit le principal rôle et. pour la première fois, attira sur lui l'attention de Voltaire.

Page 1