Maréchal de camp, attaché à la défense de l'Inde
i. Lettre à M. Pilavoine, du 2 septembre 1758.
5. Partie de la côte occidentale de l'Inde, où se parle un idiome spécial.
0. Le sanscrit, l:mgue des Veidams ou Védas, livres sacrés de l'Inde.
CORRESPONDANCE. 3C0
toiles peintes, des épiceries, des perles et des diamants, et que nous allons, par avarice, nous battre à coups de canon sur leurs côtes.
Pour moi, je n'ai point encore vu d'Indien qui soit venu / livrer bataille à d'autres Indiens, en Bretagne et en Nor- [; niandie, pour obtenir, le crisk • à la main, la préférence de / \ nos diaps d'Abbeville et de nos toiles de Laval'^. ■ /
Ce n'est pas assurément un grand malheur de manquer de pèches, de pain et de vin, quand on a du riz, des ananas, des citrons et des cocos. Un habitant de Siam et du Japon ne regrette point le vin de Bourgogne. J'imite tous ces gens-là; je reste chez moi; j'ai de belles terres, libres et indépendantes, sur la frontière de France. Le pays que j'habite est un bassin d'environ vingt lieues, entouré de tous côtés de montagnes ; cela ressemble en petit au royaume de Cachemire '. Je ne suis seigneur que de deux paroisses *, mais j'ai une étendue de terrain très considérable. Les pèches, dont vous me paraissez faire tant de cas, sont excellentes chez moi; mes vignes même produisent d'assez bon vin. J'ai bâii dans une de mes terres un château qui n'est que trop magnifique pour ma fortune ; mais je n'ai pas eu la sottise de me ruiner pour avoir des colonnes et des architraves. J'ai auprès de moi une partie de ma famille, et des personnes aimables qui me sont attachées. Voilà ma situation, que je ne changerais pas contre les plus brillants emplois. Il est vrai que j'ai une santé très faible, mais je la soutiens par le régime. Vous êtes né, autant